"The Good Place" nous apprend à accepter l'inévitable

16 octobre, 2020
De nombreux philosophes ont suggéré que la mort, même si elle nous terrifie, contribue à donner un sens à nos vies. Pour faire le tour de ce terrain compliqué, nous nous appuyons ici sur l'une des séries à la mode : The Good Place.

Vivre et mourir sont l’envers et le revers de l’existence humaine. Mais pourquoi faut-il autant de temps pour accepter ce revers ? Comment accepter l’inévitable ? Chaque culture fait face à ce dilemme différemment. C’est ce dont parle la série The Good Place.

Par exemple, dans la tradition bouddhiste, on vit et on meurt en même temps, c’est une expérience unique. Dans d’autres sociétés, la mort est devenue un tabou.

Y a-t-il quelque chose de plus inévitable que la mort ? Loin de nous sentir vaincus, nous pourrions développer davantage de ressources et de compétences pour surmonter les situations inhérentes à la vie. Comprendre la mort ne signifie pas que nous devons éviter notre deuil, mais nous familiariser avec un fait aussi naturel que la vie.

Selon Bertrand Williams, un philosophe moral considéré par le Times comme “le philosophe moral le plus important et le plus brillant de son temps”, si nous étions immortels, nous perdrions toute capacité de surprise. Autrement dit, tout est plus satisfaisant quand il y a une fin.

Comment la mort est-elle abordée dans The good place ?

The Good Place : que nous apprend la philosophie pour accepter l’inévitable ?

Que pouvons-nous savoir sur la mort ? Cependant, toute philosophie consciente de sa finitude doit ruminer sur ce sujet qui nous afflige et qui nous confronte au seuil de l’impensable.

Nous avons tendance à penser que la mort arrive à la fin. Or, nous mourons tous les jours. Ramón Andrés, un essayiste et poète espagnol, a déclaré que la mort est au centre parce qu’elle peut nous donner un sens et des incitations à vivre. Transcender notre vision de la vie, accepter la mort, semble un sujet réservé à la culture orientale.

Peut-être que ce que nous savons de l’inévitabilité de la mort est la valeur qu’elle accorde à la vie. Qu’est-ce qui nous attend après la mort ? C’est encore la question à laquelle personne n’a pu répondre, peut-être parce que cette question, dans la vie, est mal formulée. Accepter l’inévitable reste l’une des tâches en suspens de l’humanité.

L’idée de la philosophie avant la mort a de multiples conceptions. Nous sommes nés pour mourir, mais nous ne savons pas comment ni quand.

Chaque pas que nous faisons dans la vie nous mène vers un chemin qui nous rapproche de la mort. Choisissons-nous le chemin vers la fin ou le début imminent ? Ces questions intriguent les philosophes qui ont surtout débattu du sens de la vie et de la mort. Comme l’a dit Sénèque, rien n’est aussi certain que la mort.

La vie et la mort peuvent ressembler à une vague. Les vagues naissent, se forment, se développent et lorsqu’elles atteignent le rivage, l’eau s’évanouit et retourne à la mer.

Le paradoxe de la conscience de soi de la mort comme sens de la vie

La série The Good Place met en avant une théorie philosophique différente dans chaque épisode pour montrer les questions morales essentielles dans nos vies, bien que dans la série les protagonistes soient morts. Cette série nous incite à nous poser l’une des questions les plus posées dans l’histoire de l’humanité : que trouverons-nous dans l’au-delà ?

Nous pouvons imaginer un endroit où il nous sera possible d’assouvir tous nos désirs pour l’éternité. Mais que se passerait-il si nous n’avions pas de limites ?

La réponse de la série The Good Place est un nihilisme insatisfaisant. Les grands esprits de l’univers se sont ennuyés pendant des siècles et ont perdu toute motivation pour faire autre chose que boire des cocktails. La fin de la série, sans la révéler, est une méthode de réconciliation avec la vie et la mort.

La mortalité donne un sens à la vie et la moralité aide à guider ce sens, ainsi qu’à nous faire réfléchir sur le rôle que nous jouons dans le monde et la façon dont nos actions affectent ceux qui nous entourent.

Mais comment affronter l’inévitable ? C’est une question essentielle et incontournable. Nous y répondrons tous à un moment donné, d’une manière ou d’une autre, et il y aura autant de réponses qu’il y a de personnes face à l’inévitable.

“La conscience de soi de la mort donne un sens à la vie.”

-Aurelio Arteta Aísa-

Abt, A. C. (2006, August). El hombre ante la Muerte: Una mirada antropológica. In Segundas Jornadas de Psicooncología XII Congreso Argentino de Cancerológia (pp. 11-12).

Jankélévitch, V., & Arranz, M. (2002). La muerte. Valencia: Pre-textos.

Morandín-Ahuerma, F. (2019). Trolleyology:¿ De quién es el dilema del tranvía?. Vox Juris38(1), 203-210.

https://plato.stanford.edu/entries/death/#ImmMis