Qu'est-ce que l'économie comportementale ?

Pourquoi certaines personnes épargnent et d'autres en sont incapables ? L'économie comportementale étudie la façon dont nous prenons des décisions lorsqu'il y a une incitation impliquée, comme l'argent. Découvrez-en plus sur cette discipline qui s'est développée ces dernières années.
Qu'est-ce que l'économie comportementale ?

Dernière mise à jour : 27 juin, 2021

L’économie comportementale a émergé vers les années 1980. C’est une discipline qui combine des connaissances de la psychologie et de la sociologie avec des outils et des connaissances des économistes.

L’économie comportementale vise à décrire le comportement optimal et à prédire le comportement réel. Ainsi, des modèles de comportement économique peuvent être développés, applicables à des situations réelles. La discipline connaît un âge d’or, car ses applications touchent les politiques publiques, le marketing et le monde du travail.

Quels problèmes aborde l’économie comportementale ?

L’économie comportementale tente de comprendre et d’expliquer les motivations, les décisions et l’influence des incitations. Plus précisément, ses sujets clés sont : l’analyse comportementale des incitations et des motivations, l’influence sociale, l’heuristique et la planification.

Incitations et motivations

L’argent a toujours été considéré comme la plus grande incitation, et les motivations peuvent être intrinsèques et extrinsèques. L’économie comportementale a également tenté d’étudier l’influence des motivations sociales.

Pour ce faire, les chercheurs utilisent un jeu bien connu, le jeu de l’ultimatum (Güth et al., 1982). Ils indiquent au participant “A” qu’il a une somme d’argent à partager avec le participant “B”. Le participant B a la possibilité d’accepter ou de refuser l’offre. Dans le cas où il la rejetterait, aucun d’eux ne recevrait quoi que ce soit.

Ce jeu a montré que les gens sont plus généreux que prévu, et cela dépend de l’aversion à l’inégalité. Il est possible de détester les inégalités désavantageuses : la personne se sent elle-même victime d’inégalités.

Les influences sociales selon l’économie comportementale

Les influences sociales qui peuvent affecter nos décisions peuvent être informatives ou normatives. Les influences informatives sont celles par lesquelles, faute d’informations, nous regardons ce que font les autres et agissons en conséquence. Les influences normatives, quant à elles, ont à voir avec la pression que nous ressentons de la part du groupe.

Un exemple de ces influences est lorsque, en cas de doute sur l’appareil photo à acheter, nous examinons les opinions des autres utilisateurs. Il nous est alors plus facile de prendre une décision rapide, et le défi cognitif est moins important.

Recherche sur l'économie comportementale.

Heuristique, risque et biais

L’heuristique est un ensemble de règles que nous utilisons dans la prise de décision pour simplifier le processus. Souvent, elles fonctionnent bien, mais parfois, elles créent des biais. Kahneman et Tversky ont identifié trois catégories de règles :

  • Disponibilité : il s’agit d’utiliser des informations facilement accessibles. Ces informations peuvent être émotionnellement vives ou récentes dans leur contenu et faussent notre perception du risque.
  • Représentativité : on juge une situation par sa ressemblance avec d’autres que l’on connaît déjà.
  • Ancrage et réglage : la décision est prise en fonction d’un point de référence.

Selon ces biais, il est entendu qu’une personne prendra des décisions de manière principalement stable. Si jamais vous prenez une décision risquée, il est entendu, en raison de vos préjugés, que vous agirez ainsi à d’autres moments.

Temps et planification

En ce qui concerne le temps, l’économie comportementale étudie notre capacité à prendre des décisions qui impliquent une planification du temps. Tout comme l’économie comprend que nous développons des schémas de risque stables, des préférences stables peuvent également se développer.

L’économie comportementale a constaté qu’à court terme, nous agissons avec beaucoup d’impatience (biais actuel). Cependant, lorsqu’il s’agit d’une décision qui se déroulera sur une longue période, nous préférons la reporter.

Par exemple, je préfère acheter un casque aujourd’hui, plutôt que d’attendre. Mais si je dois dépenser beaucoup d’argent pour une voiture, je préfère que ce soit dans un an.

Ce même biais est lié à la suralimentation, à la difficulté à abandonner la nicotine ou à se débarrasser d’autres habitudes. Ces conclusions de l’économie comportementale ont suscité l’intérêt d’entreprises qui profitent de ce biais pour générer des bénéfices. C’est le cas de l’application Beeminder : elle facture le client à chaque fois qu’il repousse son objectif.

Où cela nous mène-t-il ?

Comme mentionné précédemment, tous ces résultats et instruments simples font que cette discipline est en essor. Les résultats sont facilement applicables à d’autres domaines, et même des groupes de recherche appliquée – neuroscientifiques, informaticiens, etc. – s’intéressent de plus en plus à l’intégration de ces méthodes.

Par ailleurs, les connaissances dérivées de cette discipline peuvent être pertinentes pour les marchés financiers et la macroéconomie en général. C’est pourquoi des modèles informatiques à grande échelle et l’apprentissage automatique sont déjà en cours de développement dans le but de développer des modèles et des applicabilités macroéconomiques cohérents.

Ces avancées ne devraient pas tarder. Voyons voir…

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