Qu’est-ce que la bioneuroémotion, et à quoi sert-elle ?

29 novembre 2015 dans Psychologie 5 Partagés

Comme le dit Enric Corbera, directeur de l’Institut Espagnol de Bioneuroémotion : « La bioneuroémotion étudie le signifié biologique des deux symptômes qui se manifestent dans notre corps et comprend que dans la nature, tout est information, et que d’une certaine manière, cette information s’établit dans notre inconscient via des apprentissages ».

S’intéresser à la bioneuroémotion, c’est étudier comment entrer, de la manière la plus optimale possible dans l’inconscient afin de modifier ces apprentissages en gérant nos émotions. C’est ce qu’Enric Corbera appelle l’ « Art de Désapprendre ».

« On tombe malade inconsciemment, on prend conscience

et on guérit inconsciemment »

-Enric Corbera-

Derrière toute émotion, généralement, se cache une croyance en quelque chose, ce qui nous pousse à agir d’une façon déterminée. Pour guérir, il faut transcender cette croyance.

Une des bases de la bioneuroémotion, est la recherche de pensées irrationnelles visant à soigner les émotions que ces mêmes pensées produisent en nous. C’est en cela que consiste la « Thérapie Rationnelle Emotive » mise au jour par Albert Ellis.

shutterstock_124865890
Ellis part du principe que c’est notre état émotionnel qui est à l’origine de notre interprétation des événements, et pas les événements en eux-mêmes.

Par conséquent, si on est capable de changer nos croyances et nos pensées irrationnelles, on sera alors capables d’atteindre un état émotionnel moins douloureux et plus rationnel.

Concrètement, Albert Ellis travaille avec 11 croyances irrationnelles. Les voici :

  • J’ai besoin que les personnes qui comptent pour moi m’aiment et approuvent mes choix.
  • Je dois atteindre le succès et ne pas commettre d’erreurs.
  • Les personnes qui ne se comportent pas correctement doivent être coupables et punies.
  • Les choses doivent se passer comme je veux qu’elles se passent, sinon, c’est une catastrophe.
  • Le malheur humain s’explique par des causes extérieures. Moi, je ne le contrôle pas, je ne peux pas gérer les peines ni les inquiétudes.
  • Je dois m’inquiéter, et contrôler tout ce qui peut se révéler dangereux ou menaçant autour de moi.
  • Je peux être plus heureux en évitant les difficultés et les responsabilités de la vie plutôt qu’en les affrontant.
  • On a besoin de croire en quelqu’un de plus fort que nous et de dépendre de lui.
  • C’est à cause de mon passé si aujourd’hui je suis comme je suis ; il a toujours de l’influence sur mes sentiments et mes comportements actuels.
  • Je dois m’inquiéter pour les autres quand ils ont des problèmes, et être triste quand eux sont tristes.
  • Chaque problème doit avoir une solution idéale, et si ce n’est pas le cas, c’est une catastrophe.

Toutes ces croyances nous submergent dans la tyrannie des « je dois… » et « je devrais… ». Tout cela montre que l’on fait les choses par obligation et sans avoir vraiment envie de les faire ; du coup, les émotions négatives nous envahissent.

Comment fonctionne la bioneuroémotion ?

La bioneuroémotion utilise trois techniques pour retrouver l’information apprise et si possible, la changer.

Autrement dit, on trouve cette information au niveau de trois archives cérébrales :

L’âge chronologique : on analyse les conflits qu’a connu une personne tout au long de sa vie, jusqu’à en arriver à l’élément déclencheur.

Le projet/sens : il s’agit de la période qui recouvre la vie d’une personne depuis les neuf mois avant la conception jusqu’à ses trois ans. Durant cette période, on analyse les conflits vécus par les parents.

L’arbre généalogique : on étudie les dates de naissance et de mort, les maladies, les professions de nos proches, afin de déterminer des ressemblances et de comprendre d’où et de qui vient l’élément déclencheur.


« Quiconque ne connait pas son histoire, est condamné à la répéter »

-Napoléon Bonaparte-


Une fois que ces techniques auront été utilisées, vous porterez un regard plus clair sur la connexion entre l’émotion ressentie et la maladie contractée.

En découvrant la connexion émotion-maladie, on passera à un stade de quarantaine au cours duquel notre esprit luttera pour ne pas désapprendre, si bien que pour désapprendre, il nous faudra réfléchir.

Une fois que l’on a réussi à désapprendre la croyance ainsi que l’émotion qui en découle, notre maladie aura perdu sa cause et le plus souvent, elle disparaîtra.

shutterstock_122861860

Comment parvient-on à atteindre notre inconscient ?

Pour arriver à l’émotion à l’origine de la maladie, il faut se creuser la tête et se poser toute une série de questions :

  • Où ? Comment ? Qui ? Quand ? En se posant ces questions, on identifie le moment au cours duquel s’est créée l’émotion qui nous affecte.
  • Que vous dites-vous intérieurement en ce moment ?
  • Que ressentez-vous en pensant à cela ?
  • Quelle émotion ressentez-vous ?
  • Dans quelle partie de votre corps la ressentez-vous ?
  • Que n’avez-vous pas dit dans cette situation ?

Grâce à toutes ces questions, on pourra vérifier l’existence du lien entre émotion et maladie, et de cette façon, désapprendre ainsi que soigner notre corps.

Désapprendre, en quoi ça consiste ?

Désapprendre, c’est oublier ce qu’on a appris. Il est nécessaire de vider notre esprit des choses qu’on a apprises pour pouvoir laisser entrer de nouvelles choses et apprendre.

Désapprendre, c’est éliminer les liens entre certaines de nos émotions et notre maladie, qui nous affectent physiquement et qui empêchent notre guérison.

« Les croyances ont le pouvoir de créer et de détruire. Nous les êtres humains avons la capacité impuissante de prendre toute expérience de nos vies et de créer un signifié qui nous handicape, ou qui peut au contraire littéralement nous sauver ».

-Tony Robbins-

A découvrir aussi