Quand la colère nous rend malades

4 novembre 2017 dans Psychologie 0 Partagés
femme se couvrant le visage avec les mains

La colère est l’une des passions les plus puissantes dont l’être humain puisse faire l’expérience. Elle prend plusieurs formes : celle du ressentiment, de la haine, de l’intolérance, de l’irritabilité, etc. Toutes ces facettes ont cependant un point commun : le mal-être et le désir de se confronter à l’autre.

C’est un sentiment que nous pouvons tous ressentir et qui, en principe, est positif. La colère est une réponse face à ce que l’on considère comme une menace. Elle permet de réaffirmer l’identité, dans la mesure où elle donne lieu à l’expression de besoins et de désirs personnels. Elle protège également : parfois, nous avons besoin de cette vigueur coléreuse pour faire face à l’agression des autres.

Nous savons tou-te-s que la colère a aussi une autre facette très négative, aussi bien pour nous que pour les personnes qui nous entourent. Le problème n’est pas de la ressentir mais de faire face à son intensité, à ses raisons et à ses conséquences. Cette passion peut être si invasive qu’elle se transforme parfois en un état permanent. Elle finit aussi par bloquer l’énergie vitale et nous condamner à la stagnation.

L’un des aspects les plus négatifs de la colère est qu’elle suppose une forte décharge de réactions dans l’organisme. Si nous la ressentons très souvent, elle finit par nous rendre malades, aussi bien physiquement qu’émotionnellement.

poings d'une personne en colère

La colère et ses manifestations

La colère a des effets impressionnants sur le corps. Quand on en fait l’expérience, on rencontre trois types de réponses : corporelle, cognitive et comportementale. Elle s’active quand la personne se sent menacée et se prépare à attaquer. Cela donne lieu à diverses réactions physiologiques :

  • Le rythme cardiaque augmente.
  • La respiration s’accélère.
  • Le flux sanguin monte en flèche.
  • La musculature se tend.
  • Les niveaux d’adrénaline, de noradrénaline et de cortisol augmentent.

Ce qui suit est une diminution de la capacité à traiter l’information interne et externe (réponse cognitive). Au final, cela se traduit par certains comportements ; l’un d’eux peut être l’activation de l’agressivité verbale ou physique. Et c’est ainsi que se traduit la violence.

Il faut signaler qu’on a pu déceler trois classes de colère : 1) La colère précipitée et soudaine, qui s’active quand quelqu’un se sent harcelé ou acculé ; 2) La colère stable et intentionnée, qui équivaut au ressentiment : elle se manifeste par des épisodes et se maintient dans le temps ; 3) La colère récurrente, qui s’exprime fréquemment et se transforme en une partie « normale » de la personnalité.

La colère rend malade

Diverses études mettent en évidence l’effet nocif de la colère sur notre santé physique. Une recherche du Centre de Contrôle et de Prévention de Maladies d’Atlanta (Etats-Unis) signale que ceux qui ressentent une colère récurrente ont un plus grand risque de subir un accident cérébrovasculaire ou ictus. Les experts ont étudié 14000 individus et ont conclu que les personnes qui passaient plus de temps à être fâchées étaient plus vulnérables face aux infarctus cérébraux.

ictus

Il a aussi été établi que les gens les plus colériques ont un système immunologique plus fragile et sont davantage sujets aux maladies infectieuses. Ainsi, des preuves ont été trouvées : la décharge d’hormones telles que l’adrénaline favorise la formation de caillots sanguins et affaiblit les parois des vaisseaux.

À l’Ecole de Médecine John Hopkins, une étude avec 1100 étudiants a aussi été menée pendant 16 ans pour pouvoir comparer les résultats avec les histoires cliniques des décennies suivantes. Il a finalement été conclu que celleux qui se fâchent facilement ont trois fois plus de probabilités de subir une attaque cardiaque. Dans une autre étude, on a pu voir que la colère augmente le niveau de graisse dans le corps et fait que la sensibilité à la douleur physique augmente considérablement.

Une passion toxique

Ainsi, lorsque l’on se met en colère, une intoxication virtuelle d’hormones négatives dans le corps se produit. On ne ressent peut-être pas immédiatement les effets physiques mais si cet effet se maintient dans le temps, ses traces deviendront plus évidentes dans le corps.

Ressentir de la rage n’est en soi pas mauvais ; il s’agit d’une émotion instinctive dont la principale fonction positive ou adaptative est de nous préserver. Le côté réellement négatif apparaît quand nous laissons l’énorme quantité d’énergie dont nous dote cette émotion s’exprimer de manière incontrôlable, sans pouvoir la gérer.

Une autre façon négative de la gérer, en plus de celle consistant à ne pas le faire, se produit quand nous optons pour l’endiguement complet. Dans ce cas, un effet de « cocotte-minute » se produit, qui finira tôt ou tard par exploser.

femme entourée de fumée bleue

Lorsque nous ressentons de la colère, il est conseillé de s’isoler volontairement pendant au moins une minute. Compter jusqu’à 10 sert aussi, et même parfois jusqu’à 15 ou 20. S’écarter d’un groupe un moment et respirer profondément aussi. Quand le calme revient, nous pouvons à nouveau parler clairement et sans nous exalter de ce qui nous provoque cet état. Finalement, dans ce type de situations, il est aussi important d’essayer d’identifier des facteurs n’ayant aucun rapport avec la situation, afin de faire disparaître la colère. Dans le cas où il y en aurait, bien sûr.

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