Prégabaline : qu’est-ce que c’est et à quoi ça sert ?

7 septembre 2019
Le traitement basé sur la prégabaline a fait ses preuves pour contrôler les douleurs neuropathiques et améliorer la qualité de vie des patients. Dans cet article, nous décrirons en détail ses effets et son mécanisme d'action.

La prégabaline, également commercialisée sous le nom de Lyrica, est un antiépileptique utilisé pour le traitement des douleurs neuropathiques dans le cadre de troubles comme la neuropathie diabétique ou la névralgie post-herpétique.

Les douleurs neuropathiques représentent aujourd’hui l’un des plus grands défis du traitement de la douleur. Cela est en effet dû à leur résistance aux traitements analgésiques courants et à la méconnaissance associée aux pathologies qui en sont à l’origine. Voyons ainsi ce qu’est la prégabaline, pour quoi on l’utilise, comment elle agit et quels peuvent être ses effets secondaires.

Qu’est-ce que la prégabaline ?

La prégabaline est similaire à l’acide γ-aminobutyrique ou GABA. Le GABA est le principal neurotransmetteur inhibiteur du système nerveux central. Sa fonction est ainsi de ralentir l’activité cérébrale. Bien que la prégabaline soit un médicament antiépileptique, il fait également partie des médicaments neuromodulateurs. Il est apparu à partir de la gabapentine, avec une indication spécifique pour les douleurs neuropathiques périphériques.

C’est un médicament avec une pharmacocinétique linéaire, qui ne varie pratiquement pas. Il ne s’unit pas à des protéines plasmatiques, ne se métabolise pas dans les reins et est évacué dans l’urine. Ces caractéristiques font donc qu’il possède peu d’interactions avec d’autres médicaments.

Les effets analgésiques de la prégabaline commencent à se manifester dès les premiers jours de traitement et se maintiennent sur le long terme.

Des capsules de prégabaline

Pour quoi utilise-t-on la prégabaline ?

La prégabaline, selon sa notice, est indiquée pour le traitement :

  • Des douleurs neuropathiques : on prescrit la prégabaline dans le traitement des douleurs neuropathiques périphériques et centrale chez l’adulte
  • De l’épilepsie : notamment dans le traitement combiné des crises partielles avec ou sans généralisation secondaire, chez l’adulte
  • Du trouble d’anxiété généralisée : on prescrit ce médicament également dans le traitement du trouble d’anxiété généralisée ou TAG chez l’adulte.

Le traitement basé sur la prégabaline a fait ses preuves face au placebo. En effet, ce médicament contrôle la douleur, améliore le sommeil ainsi que de nombreux paramètres de la qualité de vie des patients souffrant de douleurs neuropathiques. Elle s’avère particulièrement utile dans le traitement de la neuropathie diabétique ou de la névralgie post-herpétique :

  • Neuropathie diabétique : c’est l’un des dysfonctionnements du système nerveux provoqués par le diabète
  • Névralgie post-herpétique : c’est une douleur neuropathique persistante, localisée dans le dermatome où sont déjà présents des signes aigus de zona (herpes zoster). Nous savons qu’il dure plus de 3 mois après disparition des lésions dermiques

Mécanisme d’action

La prégabaline est un ligand d’une sous-unité auxiliare des canaux calciques dépendant dans le système nerveux central. On méconnaît toutefois son mécanisme d’action. Elle possède des effets analgésiques et une capacité à s’unir à cette sous-unité protéique, avec une plus grande affinité que la gabapentine -un autre antiépileptique utilisé pour traiter les douleurs neuropathiques chroniques et la fibromyalgie chez l’adulte. Par conséquent, les profils pharmacologiques sont similaires.

En s’unissant à cette sous-unité, elle module l’entrée de l’ion calcium à travers les canaux dépendants du voltage. Elle diminue ainsi la sécrétion de neurotransmetteurs excitants tels que le glutamate, la noradrénaline et la substance P.

Cela se traduit par une diminution de l’excitabilité neuronale de différentes zones du système nerveux. Autrement dit, de celles qui sont liées aux pathologies à l’origine des douleurs neuropathiques, l’épilepsie ou l’anxiété. Bien qu’elle soit un analogue à l’acide γ-aminobutyrique ou GABA, elle n’interagit pas avec les récepteurs GABAA ni GABAB. Elle n’affecte pas non plus le recaptage de celui-ci. Par conséquent, elle ne peut pas développer d’actions GABAergiques.

Une femme qui éprouve des douleurs neuropathiques

Effets secondaires

Les effets secondaires les plus fréquents de la prégabaline sont :

  • Vertiges
  • Somnolence
  • Céphalées
  • Rhinopharyngite
  • Augmentation de l’appétit
  • Prise de poids
  • Euphorie
  • Confusion
  • Irritabilité
  • Désorientation
  • Insomnie
  • Baisse de la libido
  • Dysfonction érectile
  • Vision floue
  • Troubles gastro-intestinaux
  • Crampes musculaires
  • Douleurs au niveau du dos et des extrémités

En dépit de cette liste d’éventuels effets secondaires, il convient de dire que la plupart d’entre eux sont temporaires et bien tolérés par les patients. Les taux d’abandon du traitement sont minimes. On observe chez certains patients des symptômes de sevrage après l’interruption du traitement. C’est pourquoi on recommande de diminuer progressivement la dose pour éviter d’éventuelles complications.

 

  • Agencia Española de Medicamentos y Productos sanitarios (20187). Ficha técnica. Lyrica. [Online] Disponible en: https://cima.aemps.es/cima/pdfs/ft/04279003/FT_04279003.pdf
  • González-Escalada, J. R. (2005). Pregabalina en el tratamiento del dolor neuropático periférico. Revista de la Sociedad Española del Dolor12(3), 169-180.
  • López-Trigo, J., & Sancho Rieger, J. (2006). Pregabalina. Un nuevo tratamiento para el dolor neuropático. Neurología21(2), 96-103.