Le piège de la dépression

18 novembre 2015 dans Psychologie 14 Partagés

Vous avez créé votre dépression, personne ne vous l’a offert. Alors détruisez-la »

(Albert Ellis)

Etre déprimé est beaucoup plus important que de se sentir triste, abattu et avec l’envie de pleurer. Souvent, nous disons que nous sommes déprimés car nous vivons une situation stressante ou délicate, mais après une courte période de tristesse, nous réussissons à la surmonter et à continuer notre vie normalement.

Si au contraire, nous n’avons pas les ressources pour dépasser une situation déterminée, qu’elle qu’en soit l’importance, nous pouvons tomber dans les griffes de la dépression. 

La dépression est caractérisée par un état moral très faible et par une perte d’intérêt pour les choses qui nous plaisaient auparavant ou qui nous apportaient de la joie.

Au niveau physiologique, on peut se sentir très fatigué, souffrir d’insomnie ou d’hypersomnie, et ne pas ressentir de désir sexuel.

Mais pourquoi tout le monde tombe en dépression à un moment donné ? Même si tout le monde vit des situations aussi stressantes les unes que les autres, nous ne réagissons pas tous de la même manière…

Il est évident que notre esprit joue un rôle très important dans ces différences. Pour savoir si une personne est en dépression, il faut mesurer son interprétation subjective des situations vitales.

Soyons réalistes, il y a des situations très dures dans la vie et qui affectent énormément les gens. Cependant, ce sont nos pensées et nos croyances qui détermineront, finalement, si nous tombons en dépression ou si nous restons à flots.

Il est possible que la situation soit insoluble, mais cela n’est pas vrai avec les sentiments, car nous pouvons dire que nous avons une marge d’action et un certain contrôle sur eux.

Comment déprimons-nous ?

Il y a quelques années, on pensait que la dépression était une maladie physique dans laquelle les carences d’une série de neurotransmetteurs dans notre cerveau déterminaient notre état anémique.

Il est évident que les substances chimiques comme la sérotonine ont une certaine influence mais ce n’est pas le seul facteur impliqué. C’est pour cela que la thérapie pharmacologique a échoué plus d’une fois.

Pour qu’une personne tombe dans la dépression, il est nécessaire qu’il y ait des changements vitaux dans son environnement, qui soient perçus comme très désagréables.

On parle de la perte des renforçateurs, c’est-à-dire que la personne perd quelque chose qu’elle percevait comme très précieux, comme par exemple un conjoint, un emploi, une ville ou même l’estime d’elle-même.

Quand la personne n’affronte pas la situation, elle commence à se sentir embrumée et extrêmement triste. Elle aura tendance à enfermer son esprit dans des pensées négatives sur elle-même, le monde et le futur.

Logiquement, si vous vous sentez mal à ce point, vous n’aurez pas envie de sortir, de discuter avec des gens ou de faire des choses pour profiter. Vous opterez plutôt pour rester enfermé chez vous, sans rien faire.

C’est à ce moment que la dépression nous prend au piège et nous enferme dans sa spirale, d’où il est très difficile de sortir si nous ne sommes pas conscients de l’importance de nos pensées, de nos émotions et de nos actions.

Le cercle vicieux pourrait se résumer de la manière suivante : la personne a des pensées sur elle-même telles que « Je ne sers à rien », sur le monde « Les gens sont mauvais et on ne peut faire confiance à personne », et sur le futur « Je ne trouverai jamais de travail digne ».

Ces pensées font que nous nous sentons désespérés et tristes, et que nous perdons tout intérêt pour les choses.

Le fait de ne réaliser aucune activité, de ne pas sortir, de ne pas chercher de travail, de ne pas avoir de lien avec personne, confirme les pensées négatives.

De plus, cette attitude suppose plus de perte des renforçateurs, additionnés à la perte initiale. 

Par exemple, une personne qui perd son conjoint perd l’un de ses renforçateurs principaux. Elle ne perd pas seulement son conjoint mais elle perd également le fait d’aller dîner avec lui/elle, les baisers, les câlins etc.

La tristesse est si grande que la dernière chose qui fait envie à ces personnes est de faire des choses agréables, de sortir, de rencontrer de nouvelles personnes, etc.

Ce cercle vicieux doit être coupé par un bout afin de pouvoir sortir de l’état dépressif. La meilleure manière de le couper est de s’activer en faisant des choses qui ne demandent pas beaucoup d’effort mais qui font plaisir à la personne.

C’est ici que surgissent les « Je n’ai pas envie », « Je ne peux pas ». Il est possible que vous n’ayez pas envie mais pour faire des choses, il n’est pas nécessaire d’avoir envie, simplement de vous obliger à avoir envie.

La motivation ne précède pas obligatoirement l’action, mais elle viendra seule après l’action, et les envies apparaîtront toujours avec plus de force.

Le travail cognitif est également très important, mais il se travaille lors d’une phase postérieure, au commencement de l’activation comportementale.

Les personnes déprimées voient le monde de couleur noire, interprétant alors la réalité de manière dysfonctionnelle.

La restructuration cognitive est la technique choisie qui permettra à la personne déprimée d’identifier ses pensées automatiques négatives, d’évaluer leur utilité et leur véracité et de les changer pour d’autres pensées plus réalistes.

Cette technique est menée à bien grâce à des questions que l’on se pose à soi-même, avec l’objectif de questionner si nos pensées sont réalistes ou si elles proviennent de nos interprétations subjectives.

La solution se trouve entre nos mains. Ne pensez pas que votre bonheur provient de l’extérieur, de n’importe quelle situation. Vous avez la capacité d’aller de l’avant si vous le voulez vraiment.

Même si vous pensez que vous avez déjà touché le fond et que vous ne pouvez plus, sachez que vous pouvez. Mettez-vous à la tâche et démontrez-vous à vous-même que la vie vous attend avec les bras grands ouverts.

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