Les marques que laisse « l’éducation toxique » dans notre cerveau

22 janvier 2016 dans Psychologie 9 Partagés
Des mères toxiques, des pères autoritaires… Des styles éducatifs qui, loin de favoriser l’épanouissement personnel, l’autonomie et l’établissement d’un lien sain avec l’enfant, le détruisent dans la plupart des cas.
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Nous pourrions parler de plusieurs types d’éducation, de la transmission des valeurs, etc…

Même si l’on sait que personne ne vient au monde en sachant comment élever un enfant et le rendre heureux, tout progéniteur est conscient que la base de tout cela, c’est l’amour.

Toutefois, le problème réside principalement dans la façon dont les gens perçoivent le mot « amour. » Aimer un enfant signifie-t-il le protéger du mal et l’enfermer pour toujours dans une bulle ?

Est-ce qu’aimer un enfant, c’est sanctionner tout ce qu’il fait, dit ou choisit afin qu’il suive le chemin que l’on considère acceptable pour lui ?

Et que peut-on dire des mères toxiques qui manipulent et tissent leur toile étroites afin de satisfaire leurs propres désirs et d’empêcher l’enfant de sortir de sa zone de confort?

Sans aucun doute, nous savons tous identifier ces styles d’éducation toxique.

Les expériences de l’enfance sont des marques imprimées dans notre cerveau, des fissures d’incompréhension, des abîmes d’insécurité et des souvenirs parfois chargés de haine qui détermineront une grande partie de notre vie d’adulte.
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Parlons ici de cette éducation nocive et de la manière dont elle se reflète dans le cerveau des enfants.

1. Un cerveau soumis au stress

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Le stress n’est pas un état qui caractérise notre vie d’adulte, dans l’absolu. Un nouveau-né dont on ne s’occupe pas quand il pleure, souffre de stress, tout comme un bébé qui ne reçoit pas de câlins ni d’affection souffre de stress.

Alors, que se passe-t-il dans le cas d’une éducation influencée par une mère toxique, par un père toxique ou des progéniteurs autoritaires ?

– Tous les jours, l’enfant est soumis à une forte pression. Il sait que chacun de ses pas, de ses mots ou de ses choix vont être analysés voire sanctionnés. Cela le met dans un état constant d’insécurité qui le plonge dans le stress et l’anxiété.

– De plus, on constate souvent dans cette situation complexe où l’enfant veut se libérer de la toile, que la mère toxique fait attention à tout ce qu’il fait, et lui indique tout ce qu’il doit faire.

Cependant, l’idée de sortir de cette zone d’influence et de cette zone de confort fait également peur à l’enfant.

Il a peur que toute désobéissance au père autoritaire ou à la mère toxique entraîne de graves conséquences.

Il a peur de la punition mais aussi de « décevoir » ses progéniteurs. Tout cela génère du stress.

Les conséquences pour le cerveau

– Les enfants soumis très tôt au stress jusqu’à l’arrivée de l’adolescence, par exemple, montrent des niveaux très élevés de cortisol, d’adrénaline et de noradrénaline.

– Ces hormones et neurotransmetteurs provoquent de légères altérations dans des structures telles que l’hippocampe, l’amygdale et le lobe frontal.

– Qu’est-ce que ça signifie ? Comment cela se traduit-il au niveau comportemental ou émotionnel ? Il y a des déficits dans la mémoire de travail, c’est-à-dire, dans l’habilité à résoudre les problèmes.

L’hippocampe, par exemple, est lié aux émotions et à la mémoire, alors que le cortex frontal est lié à la prise de décisions.

Cela signifie que des enfants subissant un stress très élevé ont souvent des problèmes pour prendre des décisions, résoudre des situations problématiques, et maintenir une régulation intérieure et un self-control lorsqu’ils doivent entreprendre une tâche ou résoudre un problème.

– Il est évident que nous avons tous nos histoires personnelles et nous ne pouvons pas standardiser ces données.

Toutefois, un stress intense à un très jeune âge entraîne souvent l’insécurité et la difficulté à résoudre ou sortir de situations compliquées.

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2. Le cerveau émotionnel des enfants

Une éducation toxique va générer chez l’enfant un courant agité d’émotions contraires.

Les mères toxiques, par exemple, créent souvent des relations amour-haine, en même temps qu’une dépendance complexe où alternent besoin, peur, haine et tendresse.

Avec une éducation autoritaire, on exerce le pouvoir de la peur, en provoquant des émotions très négatives qui marquent les enfants pendant longtemps.

Même si, à mesure que nous grandissons, nous pouvons réagir face à cette influence, c’est quelque chose qui marque le cerveau pour toujours.

Les conséquences sur le cerveau

– Les émotions les plus négatives et les plus intenses sont sans aucun doute la peur et la colère.

Ce sont des sensations communément éprouvées dans une éducation toxique.

Même si l’enfant vit de bons moments, curieusement, les mauvais souvenirs ont beaucoup plus d’impact sur son cerveau, que les bons.

– La peur et la colère se concentrent dans une petite structure primaire appelée l’amygdale.

Elle fait partie du système limbique et se situe en profondeur dans la région des lobes temporaux.

Sa fonction est de stocker les expériences émotionnelles et d’installer ce que l’on appelle le conditionnement de la peur.

– L’amygdale nous aide également à établir la mémoire à long terme.

Par conséquent, tous les faits négatifs que nous vivons dans notre enfance et qui forment un mal-être en nous, de la peur ou de la colère, sont des sensations qui restent souvent à vie.

– L’amygdale laisse une marque « mnémotechnique » qui fait que lorsque l’on arrive à l’âge adulte, nous utilisons beaucoup ces souvenirs, soit pour réagir et éviter certaines choses, soit pour rester prisonniers des mêmes peurs.

C’est sans aucun doute une dimension très complexe.
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Nous sommes tous prisonniers du passé, de ces styles d’éducation toxique. Cependant, nous avons aussi le droit et le devoir d’être libres, de soigner les blessures de l’enfance et de continuer à grandir en paix.
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