L’héritage humain d’un scientifique : partie 1

· 16 mars 2015

Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire.

— Albert Einstein

Comme d’autres grands noms de l’histoire de la connaissance humaine, Albert Einstein, précurseur de la physique quantique, a transigé avec son époque, en intervenant dans des épisodes décisifs pour l’avenir de l’humanité, comme défenseur acharné de la vie dans les périodes les plus sombres du XXe siècle.

Ce petit homme, d’allure fragile et faible, mais à l’intellect incommensurable, détient le privilège rare d’être l’un des esprits scientifiques les plus proéminents de son siècle, et à la fois l’un des personnages les plus célèbres du siècle dernier. 

Ses découvertes dans le domaine de la physique théorique sont connues de tous grâce à l’intérêt et à l’acharnement dont il a fait preuve pour rendre la science accessible au commun des mortels. Il a réussi à démocratiser sa théorie de la relativité générale à une époque où la majorité de la population était encore analphabète.

Ses efforts pour réveiller la curiosité et l’intérêt pour les mystères de la vie quotidienne sont parvenus à ébranler les esprits les plus entêtés de son époque. Sa vocation scientifique n’a en rien empiété sur ses penchants philosophiques, une vertu que le XXesiècle avait reléguée au second plan, et à laquelle Einstein est resté fidèle jusqu’à ces derniers jours.

Profondément religieux, la foi qu’Einstein professait était exempte de toute nuance sectaire. Passionné par la science, il voyait en cette dernière le moyen d’améliorer la qualité de vie des hommes et de fournir des réponses aux grands mystères de la vie.

Son judaïsme revendiqué ne l’a pas empêché de développer sa propre théorie selon laquelle le niveau de maturité des individus et les sociétés déterminent le degré de profondeur des expériences religieuses.

Selon ce principe, Einstein différenciait 3 formes de religion.
Il décrivait la première comme la plus simple et la plus précaire, car elle se base sur une conception mythologique de la divinité, sur des préjugés contre l’être humain, ainsi que sur la croyance en des êtres surnaturels.

Il explicitait le second état religieux, atteint par les individus qui possédaient un degré plus élevé de maturité et d’engagement avec leur prochain, en termes sociaux et moraux.
Selon le scientifique, cette forme de religion se fonde sur le besoin intime de soutien et d’amour, asseyant ainsi les bases de la réciprocité sociale, mais négligeant encore une fois les éléments les plus importants qui, selon lui, caractérisent la religiosité la plus authentique et la plus profonde.

La troisième forme de religion est le degré le plus élevé de mysticisme auquel l’homme puisse aspirer: le sens profond que le mystère, la surprise et la curiosité authentique confèrent à l’esprit. Un mysticisme qui n’a rien à voir avec une conception ascétique et éloignée du monde, mais tout le contraire.
Pour Einstein, la grande noblesse de l’être humain réside en sa capacité à s’étonner devant les mystères de la vie quotidienne, à percevoir son prochain comme un être distinct, mais tout aussi égal bien que différent.

Les principes de respect, de soutien, d’amour pour son prochain résident dans cette capacité à s’étonner. Il s’agit là de la condition sine qua non pour que le progrès et la paix aient une chance de porter leurs fruits.