Les trois moments de plus grande solitude

Les moments de plus grande solitude sont ceux où il y a un changement radical par rapport aux liens les plus forts que nous entretenons et qui génèrent souvent un sentiment d'impuissance. Ces variations nous obligent à relever de nouveaux défis.
Les trois moments de plus grande solitude

Dernière mise à jour : 11 avril, 2022

D’une manière ou d’une autre, nous traversons tous des moments où nous ressentons une grande solitude. Cependant, il y a des moments que nous pourrions baptiser comme les plus solitaires de la vie en raison de leur tendance à isoler. Ils correspondent à ces épisodes où l’on fait face à des séparations douloureuses, celles-là mêmes qui nous déchirent un peu à l’intérieur quand nous y sommes confronté.

On dit que ce sont les moments les plus solitaires parce que la souffrance que nous vivons ne peut pas vraiment être partagée avec quelqu’un. Ce sont des douleurs si intimes, et parfois si intenses, qu’il est très difficile pour quelqu’un de trouver et ressentir un sentiment de compagnie.

L’une des caractéristiques des moments de grande solitude est qu’ils s’accompagnent d’un sentiment d’impuissance et de peur qui dure généralement un certain temps. Ils impliquent également un changement important dans notre vision du monde et précipitent généralement des transformations importantes dans notre mode de vie habituel.

« La solitude de l’homme n’est rien de plus que sa peur de la vie. »

-Eugène O’Neill-

Fille triste représentant le regret

Une étude sur les moments de plus grande solitude

Comment ces trois moments de plus grande solitude ont-ils été identifiés ? Tout est le résultat d’une étude menée par l’Université de Californie, à laquelle 340 personnes ont participé.

Les volontaires étaient âgés de 27 à 101 ans. Le consensus dans les réponses était élevé et, pour cette raison, on a considéré que les résultats pouvaient être généralisés.

Les personnes interrogées ont convenu que les âges auxquels elles avaient vécu des moments de solitude étaient la fin de la vingtaine et le début de la trentaine ; au milieu de la cinquantaine et après 80 ans.

En analysant les raisons pour lesquelles on ressentait un sentiment de plus grande solitude à ces âges, les chercheurs ont découvert qu’elles coïncidaient avec trois événements importants de la vie.

  • La première est la séparation définitive avec les parents pour aller vivre seuls.
  • La seconde, le départ des enfants avec pour conséquence le « nid vide ».
  • Et la troisième était la perte fréquente de liens qui se produit dans la vieillesse.

1. Séparation des parents

Dans des conditions normales, le lien avec les parents est le plus profond qui s’établisse tout au long de la vie. Il a toujours ses hauts et ses bas, ses moments sublimes et ses ressentiments sourds.

Ni les parents ni les enfants ne sont parfaits, et cette relation sera donc comme des montagnes russes. Cependant, en général, sa base est solide, le ton général est amical et affectueux et ses racines sont profondes.

Pour la même raison, quand vient le temps de quitter la maison, il y a quelque chose qui meurt à jamais en nous. Au début, on peut éprouver une grande solitude et il n’est pas rare que des peurs un peu enfantines se ravivent. À ce moment, pour cette nouvelle étape dans la conquête de l’autonomie, la santé de l’estime de soi est très importante.

2. Quand les enfants partent

C’est le croisement de la relation entre parents et enfants. Les parents ressentent également une immense solitude lorsque leurs enfants partent. Que la cohabitation ait été facile ou difficile, ils hésitent à « livrer » leurs enfants au monde, même lorsqu’ils sont conscients que l’heure est venue. Ils vivent une impuissance inversée : ils pensent que leurs enfants auront besoin d’eux et qu’ils ne seront pas là.

Le départ des enfants implique aussi une importante restructuration vitale. L’un des rôles fondamentaux joués par les parents n’est plus valable. Ainsi, ils doivent générer de nouvelles coutumes qui ne tournent pas autour de leurs enfants.

Père dit au revoir à son fils

3. La solitude de la vieillesse

En vieillissant, nous subissons deux pertes majeures. D’abord, celle de nos facultés : on voit de moins en moins, on entend moins bien, on bouge plus lentement et on n’a plus la vitesse mentale d’avant, pour ne citer que quelques aspects. Nous sommes les mêmes et, en même temps, nous sommes déjà quelqu’un d’autre.

Par ailleurs, de nombreuses personnes que nous connaissons commencent à mourir. Peut-être même notre partenaire.

À partir de 80 ans, nous passons par une étape où nous avons de moins en moins de personnes de notre génération autour de nous. Et la mort est une idée qui hante fréquemment. Tout cela ensemble nous donne un sentiment de grande solitude.

Il faut penser que la solitude n’est ni une panacée, ni un monstre dévastateur. Elle a ses avantages et implique aussi des renoncements, comme cela arrive lorsqu’on est accompagné. Même si nous devons parfois laisser derrière nous quelqu’un que nous aimons plus que tout, cela ne veut pas dire que tout est fini. C’est à nous de combler ces inévitables solitudes.

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  • Expósito, F., & Moya, M. (1999). Soledad y apoyo social. Revista de Psicología Social, 14(2-3), 297-316.