Les parents qui contrôlent leurs enfants à l'âge adulte

02 novembre, 2020
Les parents qui contrôlaient leurs enfants pendant l'enfance et l'adolescence n'arrêtent pas de le faire lorsque ces derniers deviennent adultes. À ce stade, ils ont tendance à exercer des mécanismes de contrôle sophistiqués, tels que le chantage émotionnel ou la victimisation. Nous en parlons ici.

Recevoir des conseils qui ne sont pas nécessaires. Des recommandations de ce que l’on devrait et ne devrait pas faire. Faire l’objet de reproches constants. Le chantage, ce langage manipulateur qui vole la motivation et même l’estime de soi… La manière dont les parents contrôlent leurs enfants adultes est souvent si sibylline qu’un livre pourrait être écrit.

Ce livre serait en réalité un journal de souffrances et de lamentations réduites au silence. Car arriver à l’âge adulte et avoir sur le dos l’ombre du père qui supervise et critique ou de la mère qui utilise mille astuces pour contrôler sa vie fait perdre en dignité, et toutes ces dynamiques sont alors invisibles dans notre société.

De plus, nous sommes dans une société qui continue d’exalter le travail des parents et qui voit dans la famille ce refuge d’amour inconditionnel qui embrasse et enrichit tout. Or, parfois, les parents et leur style parental sont la source d’une souffrance inoculée dans l’enfance et qui, dans de nombreux cas, persiste jusqu’à l’âge adulte.

Pourquoi certains parents contrôlent leurs enfants ? Plus encore… Pourquoi ces enfants ne peuvent-ils pas échapper à cette influence dans la plupart des cas ? Nous en parlons ci-dessous.

Des parents qui contrôlent : pourquoi ?

Les parents qui contrôlent leurs enfants adultes

De nombreux parents contrôlent leurs enfants adultes de près et même de loin. Peu importe que ce fils ou cette fille ait déjà quitté le domicile familial et ait une famille et une vie séparée. Le cordon ombilical reste intact et à travers lui l’amour empoisonné.

Si nous nous demandons ce qui se cache derrière le besoin de contrôle dans ces types de dynamiques, la réponse est simple. Quiconque exerce un contrôle essaie d’atténuer un sentiment de manque.

Dans ce cas, les parents cherchent à se défendre de la solitude en convaincant leurs enfants qu’ils sont toujours essentiels pour eux. La proximité (et la domination) leur donne le sentiment de continuer à être utile, de détenir le pouvoir et soulage leur faible estime de soi. Ils ne tiennent pas compte de la souffrance que leur comportement génère.

À l’âge adulte, ce besoin de contrôle ne disparaît pas. Les techniques doivent simplement être plus sophistiquées. Quiconque a été un manipulateur psychologique trouve toujours des moyens et des stratégies. Peu importe que l’enfant soit toujours à la maison ou qu’il l’ait déjà quittée. Les réseaux de contrôle continuent de le faire suffoquer habilement.

La peur de laisser la vie s’écouler naturellement

Celui qui contrôle, on le sait déjà, est motivé par le sentiment de manque, mais aussi par la peur. Il a peur que la vie de son enfant se déroule avec indépendance, maturité et liberté, loin de la maison. Toute tentative de l’enfant de prendre le contrôle de sa propre existence est interprétée comme une offense via des émotions aussi vives que la colère, la rage, l’angoisse

Voir comment l’enfant ose, à un moment donné, prendre ses décisions concernant son travail et ses affaires personnelles est interprété comme une simple menace. Le parent qui contrôle fera comprendre à son enfant qu’il lui fait du mal et le fera culpabiliser.

“Comment oses-tu aller travailler dans une autre ville et me laisser seul ?” “Comment penses-tu avoir un.e petit ami.e maintenant alors que j’ai besoin de toi ? Ce type de parents construit des murs pour que la vie ne coule pas, pour que le quotidien de l’enfant stagne complètement.

Les parents qui contrôlent leurs enfants adultes, comment le font-ils ?

Les parents qui contrôlent leurs enfants le font de manière déguisée, indirecte et douloureuse. C’est une manipulation tellement insidieuse que les enfants ne savent pas très bien comment l’expliquer lorsqu’ils en viennent à la psychothérapie.

Cette toile d’araignée qui emprisonne et restreint les libertés, en réalité, a toujours été autour d’eux. Encapsulés pendant si longtemps, les enfants considèrent parfois comme normal un comportement qui n’est pas du tout normal.

  • Le parent contrôlant est toujours là pour “aider”. Mais grâce à cette aide apparemment bien intentionnée, il a une excuse pour dominer. Ainsi, le fait qu’il nous aide financièrement ou qu’il accomplisse certaines tâches à notre place lui sert non seulement à exercer son autorité et du chantage.
  • D’autre part, il a recours à cette manipulation émotionnelle qui favorise le sentiment de culpabilité chez l’enfant, lié au sentiment d’abandon, de trahison.
  • Le contrôle s’exerce aussi avec la parole, avec ces conseils qu’il n’hésite pas à livrer “pour notre bien, car il sait ce qui est le mieux pour nous.”
Les effets des parents qui contrôlent.

Comment sortir de la prison des parents contrôlants ?

Réfléchir à la relation que nous entretenons avec nos parents est essentiel. Nous devons le faire (quel que soit notre âge) pour savoir si ce lien nous apporte du bien-être ou de la souffrance. Certains ne perçoivent pas à quel point l’ombre de la famille affecte leur qualité de vie.

  • Nous devons être clairs avec nos parents sur les comportements que nous sommes prêts à accepter ou non.
  • Fixer des limites claires est un exercice de santé. S’ils ne les respectent pas et font usage de la victimisation, nous avertissant que nous les abandonnons, nous devons éviter de retomber dans leurs filets. Quand on marque une limite, les autres n’ont que deux options : les accepter ou nous voir nous éloigner encore plus.

La meilleure chose à faire dans tous les cas est de parler avec assurance avec nos parents de la façon dont nous voulons que les choses soient pour le bien de tous. De même, et non des moindres, nous ne devons pas négliger un autre aspect essentiel : panser les blessures liées à l’usure constante.

Ces blessures laissent souvent la marque d’une faible estime de soi et même d’un trouble de stress post-traumatique. Gardons cela à l’esprit.