Les examens évaluent-ils correctement les élèves ?

8 novembre 2017 dans Psychologie 0 Partagés

Aujourd’hui, la méthode la plus utilisée pour évaluer les élèves, c’est les examens qu’iels craignent tant. Nous vous parlons ici de ces tests où l’élève évalué-e doit répondre à une série de questions sur une matière. Or, ces examens sont-ils la meilleure manière d’évaluer les connaissances des élèves ? Existe-il d’autres alternatives ?

Avant de parler de la validité des examens et des alternatives qui existent, il est important de comprendre ce qu’est l’évaluation, ainsi que de savoir quel objectif elle vise. Si on demande à quelqu’un ce qu’est l’évaluation d’un-e élève, probablement nous répondra-t-il que l’évaluation permet de vérifier si l’élève évalué-e a les connaissances nécessaires.

Ainsi, si l’élève dispose de ces connaissances, alors l’évaluation est réussie, mais si ce n’est pas le cas, alors iel est recalé-e. Cependant, en réalité, cette loi est loin d’être respectée, de même, par conséquent, que l’objectif que visent les tests qui sont généralement utilisés dans notre système éducatif.

examens

Une bonne évaluation, dans le domaine éducatif, se centre sur l’identification des connaissances et des compétences de l’élève pour savoir dans quelle situation d’apprentissage il se trouve. Et quel est le but de cela ? Un but très simple et qu’oublient souvent bien des professeur-e-s : évaluer si le système didactique qui est envisagé fonctionne pour cet élève.

Ainsi, la note, au-delà d’être une « quantification » de la connaissance de l’élève sur l’échelle qu’envisage le/la professeur, doit nous montrer si le plan auquel on a recours pour mener les élèves à assimiler les connaissances qu’on essaie de leur transmettre fonctionne.

En ce sens, si elle est bien faite, l’évaluation sera un outil puissant au service du processus d’apprentissage des élèves. Cependant, voir l’évaluation uniquement comme une méthode de sélection ou de classification d’élèves est une vision très pauvre et réduite de cette dernière.

Si on cherche le développement de l’élève comme objet de l’éducation, on ne peut pas commettre la négligence de faire un usage déplacé de l’évaluation.
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Quels problèmes ont les examens traditionnels ?

En considérant l’évaluation comme un outil servant à orienter les élèves et à ajuster la manière dont on enseigne, on verra que les examens traditionnels présentent bien des problèmes pour nous aider dans ces tâches. Dans la suite de cet article, nous vous exposons leurs déficiences :

  • Seul-e l’élève est évalué-e : le/la seul-e à qui on doit soumettre un jugement est l’élève, iel n’est pas évalué-e si le/la professeur ou l’environnement éducatif sont adéquats pour le développement des élèves. De fait, il y a beaucoup de professeur-e-s qui notent de manière négative les examens.
  • Seul-e le/la professeur-e évalue : l’élève se soumet au jugement subjectif des critères d’un-e seul-e professeur-e. Il n’existe pas d’autres critères que celui du/de la professeur-e qui enseigne la matière.
  • Seuls comptent les résultats : les examens traditionnels disent peut-être quelque chose sur les connaissances de l’élève au moment T, mais rien du processus. Peu importe s’iel a vraiment compris ou s’iel a simplement appris par coeur la veille, le résultat peut être le même.
  • Seules les connaissances sont évaluées : on ne tient pas compte de la situation dans laquelle se trouve l’élève ni de quelles sont ses forces et ses faiblesses. On ne peut pas orienter l’apprentissage de l’élève sans savoir quelles sont ses ressources.
  • On n’évalue que de manière quantitative : finalement, les examens traditionnels se résument à une note, laquelle doit montrer ou devrait être ajustée à la proportion de matière ou de capacités que l’élève a été capable d’assimiler.
  • On fomente la compétition plutôt que la coopération : classer les élèves avec des notes meilleures ou pires contribue à créer un environnement compétitif. De plus, dans cette compétition indirectement envisagée par le système, généralement, l’élève finit par davantage se concentrer sur le fait d’avoir une bonne note que sur celui de mieux apprendre la connaissance qui est évaluée.

professeure corrigeant des examens

Alternatives aux examens traditionnels

En tenant compte des problèmes que suppose cette évaluation traditionnelle, il faudra trouver d’autres alternatives. On pourrait dire qu’il y a trois piliers sur lesquels devrait se baser l’éducation pour être idéale : (a) l’évaluation par compétences, (b) le système du portfolio et (c) le recours aux TIC.

L’évaluation par compétences

L’objectif d’une matière, c’est que l’élève apprenne une série de connaissances, mais aussi et surtout qu’iel apprenne une série de compétences. Par exemple, l’objectif des mathématiques peut être que l’élève se familiarise et mémorise certaines formules et certains processus, mais le plus important, c’est qu’iel les comprenne et sache les appliquer pour résoudre les problèmes.

L’évaluation devrait identifier quelles sont les compétences que l’élève domine et lesquelles iel n’a pas encore développées. En sachant cela, on peut orienter l’apprentissage pour fixer les compétences qu’iel a et stimuler l’acquisition de celles qu’iel n’a pas encore. Pour que cela fonctionne, il est indispensable que la matière ait bien planifié les compétences et un système d’instruction flexible et le plus individualisé possible.

Le système du portfolio

L’évaluation par compétences nous dit ce que l’on doit évaluer, mais on doit aussi savoir comment. Le système du portfolio nous apporte une méthode d’évaluation individualisée et centrée sur le développement des élèves. Or, qu’est-ce que le système du portfolio ?

Le psychologue Kingore nous en donne cette définition : « Le portfolio est une collection systématique représentative du travail de l’élève, lequel est sélectionné entre l’enseignant et l’élève pour fournir des informations autour du développement de l’enfant, son profil d’apprentissage, d’intérêts, son niveau de réussite et l’état d’apprentissage au fil du temps. »

Autrement dit, le portfolio n’est autre qu’un ensemble de « pochettes » où l’élève met tout le travail réalisé sur la matière et qui est corrigé par le/la professeur-e continuellement afin de voir comment iel évolue. Cela permet aux professeur-e-s de connaître l’état d’apprentissage de chaque élève et de préparer l’instruction autour de cela. Evidemment, cela serait aussi utile pour voir si l’élève a développé les compétences nécessaires.

Le problème du portfolio est la complexité de sa gestion en raison de la quantité d’informations qu’il contient. Une possible solution à cette difficulté serait celle dont nous vous parlons dans le prochain paragraphe.

personne sélectionnant une icone

Le recours aux TIC (Technologies de l’Information et de la Communication)

Les ordinateurs, Internet et les autres systèmes de communication (TIC) nous offrent bien des ressources qui peuvent bénéficier à l’évaluation. Les TIC peuvent nous aider au moment de solutionner la difficile gestion du portfolio. En ce sens, l’existence d’un programme en ligne qui gère toute l’information apportée par les élèves et les professeur-e-s au portfolio électronique faciliterait en grande mesure l’évaluation.

En guise de conclusion, nous vous laissons une question sur laquelle réfléchir : connaissant les déficiences que présentent les examens traditionnels et les alternatives qui existent, pourquoi les examens restent-ils le système d’évaluation par défaut ?

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