Les anti-héros et leur sombre attrait : la raison de cette fascination

Aujourd'hui, les héros ont été remplacés par ces anti-héros qui sont plus attirants pour nous. Ils sont faillibles, malheureux pour la plupart, et aussi les produits d'une société en faillite. Découvrons ensemble ce qu'il y a d'autre derrière ces profils.
Les anti-héros et leur sombre attrait : la raison de cette fascination

Dernière mise à jour : 01 mars, 2021

Walter White, Tony Soprano, Don Draper, Daredevil, Jessica Jones, Maléfique… Nous pourrions étendre cette liste et nous retrouverions, sans aucun doute, nombre de nos personnages préférés du monde du cinéma, de la télévision, de la bande dessinée ou de la littérature. Les anti-héros nous fascinent.

Leurs valeurs morales sont parfois discutables et même punissables, mais nous sommes toujours attirés par ce côté obscur. Nous voyons ce type de profil psychologique depuis plus d’une décennie continuer à se positionner plus fortement dans notre culture.

Pour une raison quelconque, nous ne sommes plus attirés par les figures vertueuses, celles que Carl Jung a définies dans son archétype du héros et qui ont résisté au mal. Nos sauveurs éternels, ceux qui ont apporté la lumière pour cacher les ténèbres, ne nous inspirent plus.

La raison ? Il n’y en a pas une, mais plusieurs. L’anthropologue Lévi-Strauss a déclaré qu’aucun mythe, légende ou figure archétypale n’est accidentel, car toutes ces entités ont leur représentation dans le monde réel.

D’une manière ou d’une autre, nous avons commencé à nous sentir plus proches de ces caractères moraux faillibles, imparfaits et parfois absents. Découvrons les causes et le soulagement interne qui se cachent derrière le masque de l’anti-héros.

Les anti-héros les plus célèbres.

Les anti-héros : qui sont-ils et pourquoi nous attirent-ils ?

Le temps des vrais héros semble avoir expiré. Leur règne a peut-être pris fin beaucoup plus tôt qu’on ne le pense. Des personnages comme Hercule ou Persée ont cessé de briller il y a longtemps.

Si le monde de la littérature nous a apporté des personnages inoubliables comme le comte de Monte Cristo, James Joyce a renouvelé ce concept. Il nous a donné son Ulysse et ce roman dans lequel, tout à coup, nous avons pris contact avec un groupe d’anti-héros qui frise le comique et le tragique.

D’une certaine manière, chaque anti-héros a précisément ces mêmes ingrédients : le voile du traumatique et l’inverse de la bande dessinée. Le Joker est un exemple. C’est un homme au passé terrible qui s’habille en clown, qui rit de la cruauté et qui affiche un sourire sur un visage empreint de tristesse.

Il est facile de sympathiser avec l’anti-héros, car il n’est pas toujours heureux. Dans les temps actuels, cela se comprend. Approfondissons un peu plus.

Les vrais anti-héros et les anti-héros imparfaits

Il est important de ne pas confondre l’anti-héros du manuel avec celui qui est tout simplement imparfait. Tony Stark (Ironman) ou Batman lui-même symbolisent ce dernier.

Ils ont leur part de lumière et leur part d’ombre. L’un est excentrique et même irresponsable, et l’autre a ce passé compliqué lié à la mort de ses parents. Cependant, les deux sont des héros sauveurs, des personnages qui résolvent de gros problèmes et, comme l’a souligné Carl Jung, qui symbolisent l’archétype du sauveur.

Désormais, les vrais anti-héros ne sauvent personne, en fait, ils en ont assez de se lever tous les jours. Ce sont des figures qui émergent de l’adversité, du traumatisme, de la perte ou de la trahison. De là, ils créent leur monde particulier, un monde dans lequel leurs lois et leur propre système de valeurs gouvernent, lequel est

très différent de la majorité. Le bien et le mal se dissolvent et ils peuvent naviguer dans les deux sphères, étant capables de grands exploits et d’actes qui violent complètement la loi.

Il est facile de sympathiser avec eux

Les héros sont admirés et on s’identifie aux anti-héros. Comment est-ce possible ? Il semble contradictoire de sympathiser avec des personnages comme Walter White ou Tony Soprano. Et pourtant, il en est ainsi. Parce que notre sens de l’empathie nous fait nous identifier davantage à la personne malheureuse et frustrée qui agit contre un système défaillant.

Souvenons-nous de Walter White qui a gagné notre sympathie, parce que ce professeur de chimie atteint d’un cancer décide de produire de la méthamphétamine pour payer le soutien de sa famille. Pensons aussi à Maléfique, une fée trahie et harcelée par un amant qui, en plus de l’abandonner, revient plus tard pour lui arracher les ailes.

Il est très facile de projeter notre identification avec ce type de figures. Leur côté sombre nous attire parce que nous compatissons avec la raison qui les a conduits à cette dimension.

Dans une société en faillite, l’antihéros nous libère

The Punisher, Daredevil, Jessica Jones… Ces dernières années, les adaptations sur petit écran de ces personnages issus du monde de la bande dessinée se sont multipliées.

Il y a quelque chose dans les anti-héros qui agit comme un baume, comme un agent cathartique. Ils représentent beaucoup de choses que nous pensons, mais que nous ne mettrons jamais en pratique. Ils viennent et agissent en dehors de la loi pour rendre justice (leur justification) à une société en faillite.

Parfois, l’anti-héros est capable de réprimer ces injustices. Leurs réactions extrêmes nous attirent aussi (secrètement). Nous admirons leur détermination à l’égard de ces choses que nous n’oserions jamais changer.

Les anti-héros aimés.

L’anti-héros ne change jamais (et nous voulons que cela reste ainsi)

L’anti-héros ment, peut être cruel, trahir et même tuer quelqu’un violemment. Ils peuvent être contradictoires. On peut les haïr instantanément et se dire qu’il vaut mieux ne plus entendre parler d’eux. On les évite à un moment donné parce qu’ils remettent en question nos codes éthiques et moraux.

Mais tôt ou tard, on veut en savoir plus sur eux… Voir un autre film, un autre épisode de cette série, lire une autre bande dessinée ou un autre livre.

Au fond de nous, nous ne voulons pas qu’ils changent. Tandis que le super-héros s’écarte du chemin du bien, il fait l’impossible pour se remettre sur la bonne voie. L’anti-héros, en revanche, n’aspirera jamais à cesser d’être ce qu’il est. Et nous les aimons ainsi, imparfaits.

Pour conclure, à ce jour, les héros ont été remplacés par ces anti-héros qui, d’une certaine manière, sont les miroirs de nos désirs les plus sombres. Ceux que nous ne révélerions jamais à haute voix.

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