Les 7 catactéristiques des personnes autoritaires selon la psychologie

· 15 octobre 2017

Les personnes autoritaires projettent cette longue ombre qui rôde toujours autour des nombreuses situations quotidiennes. Que ce soit au niveau familial, dans le cadre de l’entreprise ou dans la sphère politique, ce profil se reconnaît instantanément par l’utilisation et l’abus de pouvoir. Leurs esprits sont habités de préjugés et révèlent la nécessité de domination, ainsi que de cynisme, de morale à double fond et d’intolérance.

L’étude de la personnalité autoritaire a émergé peu de temps après la fin de la Seconde Guerre mondiale et de l’Holocauste. Dans un contexte social aussi blessé, découragé et étrange, le monde universitaire se demandait comment le racisme, les préjugés et l’autoritarisme avaient pu acquérir assez de force pour mener le monde vers une telle destinée.

Theodor W. Adorno fut l’une des figures les plus représentatives de ce mouvement scientifique, psychologique et philosophique. Ce fut lui qui, en se fondant sur les théories d’Erich Fromm et sur une analyse exhaustive de l’idéologie antisémite et des mouvements antidémocratiques de cette époque, donna forme à la célèbre « Etude de Berkeley », où la personnalité autoritaire a été définie avec rigueur et a été placée à l’intérieur d’un cadre psychanalytique et psychosocial.

Maintenant, il est tout à fait possible que certaines personne considèrent que les prémisses établies par Adorno sont hors contexte dans la mesure où nous nous trouvons incontestablement à une autre époque et dans d’autres circonstances. Ne soyons pas si absolustistes. Les personnes autoritaires et le besoin de pouvoir, que ce soit sur la scène politique ou dans l’intimité d’une maison, avec un père ou une mère de famille intolérante, existent toujours.

Après tout, le caractère autoritaire et la recherche aveugle de domination est un germe qui ne cesse de croître chez certaines identités, une entité psychologique que nous voyons trop souvent et que nous devons savoir reconnaître. Voyons ci-dessous les principales caractéristiques qui les définissent.

Les personnes autoritaires classent le monde avec la simplicité et la rigidité d’un enfant de 5 ans. Les choses sont « bonnes ou mauvaises » et ceux qui suivent les mêmes perspectives, valeurs et opinions seront sur la bonne voie ; toutefois, quiconque présente une divergence ou une opinion différente à la leur sera un ennemi potentiel.

Par ailleurs, il est très fréquent que ce type de profil autoritaire ait une définition très précise de ce qu’est pour lui/elle, par exemple, « un homme bon », « un bon père », « un bon fils » ou « une bonne épouse ». Leurs penchants politiques, leur religion ou même leur équipe de sport préférée sont comme des temples intouchables que les autres doivent respecter et supporter avec la même vénération.

personnes autoritaires

2. L’ethnocentrisme des personnes autoritaires

Tout ce qui est mien est meilleur. Plus encore, non seulement mon pays, ma culture et ma langue sont les plus dignes qui puissent exister, mais il s’agit de la seule chose concevable et acceptable.

Cette attitude et ce schéma mental provoque des comportements discriminatoires et offensants, des pratiques chargées de préjugés dangereux où est rejeté celui qui est « différent », où est dénigré tout ce qui ne se conforme pas à ces étroits schémas.

3. La culture de la peur

Avec l’élection de Donald Trump comme président des États-Unis, nous disposons certainement de nombreux exemples relatifs aux dimensions mentionnées préalablement : le racisme, l’ethnocentrisme, les idées nationalistes… Cependant, il s’est trouvé un moment précis de la campagne où l’ancien président du Mexique, Vicente Fox, donna une définition exacte de ce qui pour lui supposait le personnage de Trump : une personnalité autoritaire qui exerce le pouvoir à partir de la peur.

  • Quiconque vient d’au-delà des frontières du territoire américain est une « menace », c’est pourquoi il est nécessaire d’alimenter cette peur, ce rejet de « l’autre », quel qu’il soit.

La devise qui a permis de gagner les élections aux États-Unis peut également être transposée dans de nombreux autres contextes, notamment au niveau familial ou du couple. Là où certains membres n’hésitent pas à faire usage de menaces ou de pensées catastrophiques pour nourrir la peur et favoriser ainsi la domination .

4. Mes succès seront toujours meilleurs que les tiens

Peu importe en quoi nous excellons, peu importe ce que nous avons étudié ou quel passe-temps nous aimons, les personnes autoritaires essaieront toujours d’être un cran au-dessus de nous. Cependant, les mécanismes qui seront utilisés pour atteindre cet objectif seront basés sur le mépris le plus sibyllin et le plus agressif.

Si vous disposez de plusieurs diplômes, la personne autoritaire vous dira que vous manquez d’expérience de vie, chose qu’elle possède à en revendre. Si vous êtes habile et compétent dans votre travail, elle cherchera à ce que cela ne soit pas mis en lumière en vous assignant des tâches qui ne correspondent pas véritablement à vos meilleures compétences, car ce type de profil ne peut concevoir que quiconque puisse se démarquer. Personne, sauf elle, bien sûr.

manipulation

5. Un leadership agressif

Nous sommes tous conscient que les personnes autoritaires aiment disposer d’un poste de commandement, de domination sur les autres, soit dans l’environnement familial, soit en exerçant le pouvoir au niveau de l’entreprise ou politique. Néanmoins, son leadership n’est pas démocratique, elle n’utilisera jamais les dynamiques basées sur l’intelligence emotionnelle pour valoriser le capital humain, pour favoriser un climat d’harmonie, de confiance et de coexistence, et faciliter ainsi le bonheur et la productivité. Tout le contraire.

Le leader autoritaire est agressif, manque d’empathie, cherche à répondre à ses propres besoins et possède une très faible tolérance à la frustration. Cela le rend incapable de voir les besoins des autres, et plus encore, il réagit souvent à leur encontre car il les considère comme faibles, autant de sentiments qu’il se doit d’éviter.

6. Préjugés et pensées rigides

Il est souvent dit qu’il est plus difficile de briser un préjugé qu’un atome. Cela est tout à fait vrai, et caractérise en outre les personnalités autoritaires. Celleux dont la focalisation mentale a l’étroitesse d’un trou d’aiguille : où il n’existe pas d’autre point de vue que le leur, pas d’autre croyance que la leur et pas d’autre vérité que celle qu’elles ont formé à un moment donné.

Les préjugés et la pensée rigide sont les termites de notre société, dimensions qui affaiblissent nos chances de construire une véritable coexistence, un véritable respect social et, en essence, un monde plus démocratique et plus digne pour tou-te-s.

Les préjugés et la pensée rigide sont les termites de notre société.

homme morcelé

7. Raisonnement simpliste

Les personnes autoritaires vivent entourés d’artifices purs. Ils en imposent à première vue, et peuvent même nous effrayer. Elles sont généralement placées sur des piédestaux élevés, mais la base qui les soutient est si fine qu’il suffit d’écouter leurs arguments pour découvrir que derrière eux se cache un esprit simple, un esprit vide d’arguments, aride d’idées et de raisonnements solides.

Leur univers personnel se limite à défendre ce qui est pour eux une vérité universelle. Cependant, il est souvent suffisant de les remettre en question avec certains arguments pour renverser cette approche simpliste qui soutient toute leur idéologie.

Toutefois, le problème majeur de la personnalité autoritaire est que derrière cette pensée simpliste se trouve souvent le germe de l’agressivité. Par conséquent, il est fréquent que lorsqu’ils se sentent menacés ou placés dans une position inférieure, ils réagissent de la pire façon.

Par conséquent, et pour conclure, il est toujours conseillé de gérer avec attention ce type de profil, où la distance prudentielle est la meilleure stratégie et la meilleure façon de préserver notre intégrité psychologique et émotionnelle. Apprenons à notre tour à reconnaître la personnalité autoritaire non seulement pour nous en défendre, mais également pour éviter d’y adhérer et d’étendre un pouvoir dépourvu de sens et qui pourrait mettre en péril les plus nobles valeurs de notre société.

Références bibliographiques

Adorno, TW (1950). La personnalité autoritaire. New York : Harper.

Martin, JL (2001). La personnalité autoritaire, 50 ans plus tard : quelles questions y a-t-il pour la psychologie politique ? Psychologie politique 22 (1), 1-26.

Altemeyer, B. (1988). Ennemis de la liberté : Comprendre l’autoritarisme de droite. San Francisco : Jossey-Bass.

Dean, J. (2006). Conservateurs sans conscience. New York : Presse Viking.