Le syndrome de Salomon : les enfants face à la séparation de leurs parents

29 avril 2015 dans Psychologie 6 Partagés

Les légendes bibliques racontent l’histoire de deux prostituées se battant pour un enfant, car toutes deux clamaient être la mère de ce dernier.

Les deux femmes se présentèrent alors au roi Salomon pour qu’il tranche. Il décida alors de couper l’enfant en deux pour que chaque femme en ait une part égale. L’histoire se termine par les larmes de la véritable mère, à qui l’on a rendu son fils, entier.

Cette histoire est cependant toujours bien d’actualité. En effet, lorsqu’un couple se sépare, l’enfant se retrouve divisé et partagé entre deux êtres chers; il souffre alors du syndrome de Salomon. (« El síndrome de Salomón » de Maria Barbero de Granda et María Bilbao Maté, 2008).

Qu’est-ce que le syndrome de Salomon ?

Bien que la séparation de ses parents soit plus ou moins choquante en elle-même, la période d’adaptation pour retrouver un nouveau mode de vie est caractérisée par de nombreux changements au niveau émotionnel et par de forts sentiments contradictoires pour ces enfants qui voient leur structure familiale s’effondrer.

Prêter attention à ces symptômes est essentiel pour éviter des dégâts psychologiques de trop grande ampleur.

Séparation : émotions et ressentis des enfants

Logiquement, le syndrome de Salomon est plus ou moins fort selon l’âge.

La communication sera toujours la solution. Il y a certains sentiments qu’il ne faut absolument pas négliger, comme la tristesse, l’abandon ou la culpabilité, qui sont des sentiments que votre enfant doit exprimer et auxquels il faudra porter une attention toute particulière. L’enfant devra extérioriser ses sentiments de rejet, d’anxiété, de confusion ou de division.

Dans la tête d’un jeune enfant, la séparation de ses parents est juste physique, et surtout temporaire. De plus, son raisonnement le pousse à croire qu’il est responsable de cette rupture.

En grandissant et en rentrant dans l’adolescence, son développement intellectuel et émotionnel lui permettent de mieux comprendre les raisons et les répercussions. Les adolescents ont néanmoins toujours ce besoin de trouver un coupable à cette situation: cette fois-ci leurs propres parents ou des éléments extérieurs.

Dans tous les cas, ce n’est pas seulement l’âge qui agit sur le ressenti de la séparation. Le changement de vie qui se produit, les réactions des parents et de l’entourage, ainsi que le caractère de l’enfant sont également des facteurs à prendre en compte.

Parler de cette séparation avec son enfant

Le syndrome de Salomon est inévitable. Cependant, il sera plus ou moins fort en fonction du mode d’action des parents. En effet, la communication aidera forcément à soigner ce syndrome.

Il n’existe pas de moment idéal pour en parler. Les enfants peuvent faire preuve d’une réceptivité émotionnelle incroyable et ne perçoivent pas forcément le malaise que les parents ressentent.

Cependant, cela ne veut pas dire qu’ils comprennent clairement qu’il s’agit d’une rupture définitive. Il faut donc leur expliquer clairement ce que cela signifie.

La première chose importante est que l’enfant comprenne cette séparation. Il ne s’agit pas là de parler de reproches ou de disputes, mais d’expliquer que les parents ne sont plus heureux ensemble et qu’ils ont décidé d’arrêter leur relation. Il est nécessaire de préciser que personne n’est responsable et que ce sera « pour toujours ».

La deuxième étape est de prêter attention aux sentiments et aux comportements de l’enfant, et de faire appel à un pédopsychiatre en cas de confusion ou de culpabilité trop forte.

La troisième chose à faire est d’arriver à trouver le bon équilibre entre les règles établies dans chaque foyer (que l’enfant devra respecter) et de mettre en place des rituels différents de ceux qu’il a connus auparavant, étant donné que la situation n’est plus la même.

En conclusion, une séparation est toujours un moment douloureux à vivre, mais chaque situation difficile aboutit à une adaptation inévitable.

C’est sur le chemin du retour à la normalité qu’il faut guider l’enfant, pour que les symptômes du syndrome de Salomon s’estompent le plus rapidement possible.

Photographie publiée avec l’aimable autorisation de For Timbras

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