Le mythe des muses, force d'inspiration

12 septembre, 2020
Le mythe des muses est l'un des plus connus en Occident, bien qu'en réalité, il y ait très peu d'histoires dans lesquelles ces divinités ont une réelle importance. Cependant, pour les Grecs, elles étaient fondamentales : ce sont elles qui leur ont donné l'inspiration créative.

Le mythe des muses est l’un des plus connus de l’antiquité. Ces êtres divins continuent d’être désignés comme source d’inspiration pour différents créateurs, dans les arts et les sciences. En fait, c’est de là que vient le mot musique, ainsi que le mot musée.

Selon les différentes versions du mythe des Muses, elles étaient les compagnes naturelles d’Apollon, dieu de la musique et des arts. Celui-ci a eu des romances avec toutes les muses, à des moments différents, et de ces amours furtifs une large progéniture est née.

Le mythe des Muses dit qu’elles étaient de jeunes femmes joyeuses et festives, qui sont descendues sur terre pour chuchoter des idées créatives aux oreilles des mortels. Si ceux-ci ont pu écouter ces conseils, ils ont produit de magnifiques œuvres qui ont suscité l’admiration. Ceux qui n’ont pas été visités par les muses n’ont finalement rien créé.

Le mythe des muses et Apollon.

L’origine du mythe des muses

Le mythe des muses indique qu’elles étaient filles de Zeus, le dieu de l’Olympe, et de Mnemosin, un titanide qui représentait la mémoire. À son tour, elle était la fille de Gea, la mère de la terre, et d’Uranus, personnification du ciel. Mnemósine et Zeus seraient restés ensemble pendant neuf nuits, et pour chaque nuit une muse était née.

Les histoires mythologiques racontent que dans le monde souterrain il y avait une rivière appelée Mnemosin, à côté d’une autre appelée Lete. La plupart des mortels ont été invités à boire de la rivière Lete avant de se réincarner en un nouvel être. Les eaux de cette source leur ont fait oublier leurs vies antérieures et repartir à zéro.

Au lieu de cela, le mythe des Muses raconte que seuls quelques privilégiés ont été invités à boire à la rivière Mnemosin. Ceux-ci pouvaient se souvenir de vies antérieures et dans leur prochaine incarnation, ils sont devenus des visionnaires et des prophètes.

Les neuf muses

Bien qu’il y ait des histoires qui parlent d’autres muses, l’histoire classique dit qu’il y en a neuf et que chacune d’elles est en charge d’un domaine de connaissance ou de création artistique. On supposait que si la bonne muse rendait visite au créateur, il aurait des révélations soudaines et merveilleuses pour achever son travail. Les neuf muses classiques sont les suivantes :

  • Calliope ou “celle avec la belle voix” : elle était la muse de l’éloquence et de la poésie épique. Elle portait une couronne de laurier et une lyre. C’était l’amante d’Apollon et la mère d’Orphée, Lalemo et Reso
  • Clío ou “celle qui offre la gloire” : muse de l’histoire, c’est-à-dire de l’épopée. Son rôle était de garder vivant le souvenir de la générosité et des triomphes. Elle avait une trompette et un livre ouvert
  • Erató ou “l’amoureuse” : muse de la poésie lyrique, qui portait une couronne de roses sur la tête et une cithare. Mère de Tamiris, elle était également une des amantes d’Apollon
  • Euterpe ou “la très agréable” : muse de la musique, en particulier, de l’interprétation de la flûte. Elle était représentée avec une couronne de fleurs
  • Melpomene ou “la mélodieuse” : muse de la tragédie, ou plutôt de l’écriture tragique narrative ou littéraire. Elle s’habillait somptueusement et portait un masque tragique
  • Polimnia ou “celle avec de nombreux hymnes” : muse des chants sacrés et des hymnes. Elle portait toujours du blanc
  • Thalia ou “la fête” : muse de la comédie et de la poésie bucolique. Elle était l’hôtesse des banquets et des festivités
  • Terpsichore ou “celle qui se délecte de la danse” : muse de la danse et du chant lyrique. Elle portait des guirlandes
  • Urania ou “la céleste” : muse de l’astronomie, de l’enseignement et de la science exacte. Elle portait un globe et une boussole
L'histoire et le mythe des muses.

La présence des Muses

Bien que le mythe des muses ait été très important pour les Grecs, ces êtres n’apparaissent pas fréquemment dans les histoires des dieux, et quand c’était le cas, elles étaient des personnages secondaires. Malgré cela, leur inspiration était considérée comme fondamentale pour l’action de tous les protagonistes.

On dit que le roi Piero de Pieria, en Thrace, avait neuf filles avec de grands dons pour le chant. Leur art était si beau qu’elles ont décidé de se rendre au Mont Helicon, où les muses vivaient, pour les défier. Les muses ont accepté avec plaisir.

Lorsque les neuf jeunes femmes ont commencé à chanter, tous les oiseaux se sont tus. Leur chant était si beau que la nature se tut. Puis, ce fut le tour des muses, et quand elles ont chanté leurs chansons, même les pierres se sont mises à pleurer. Après avoir remporté le concours, les muses ont décidé de transformer les neuf jeunes filles en pies pour punir leur arrogance.

 

Otto, W. F. (2005). Las musas y el origen divino del canto y del habla (Vol. 39). Siruela.