Le daltonisme : voir la vie d'une autre couleur

Le daltonisme est une altération visuelle qui fait que les personnes perçoivent les choses de façon anormale ou mélangent les couleurs. Mais comment est-ce possible ? Comment voient-elles ? Comment cela les affecte-t-elles dans leur vie quotidienne ? Découvrez-le dans cet article.

Dernière mise à jour : 02 juin, 2021

Le daltonisme doit son nom à John Dalton, un chimiste anglais qui a été le premier à publier un article scientifique sur cette altération en 1798. Ce scientifique, par ailleurs, était daltonien.

Le daltonisme se produit à cause d’une mutation génétique, ce qui fait de lui une maladie héréditaire. Le chromosome responsable de la codification des couleurs rouge et bleu est le chromosome X, ce qui fait qu’il touche davantage les hommes que les femmes.

Ainsi, on estime qu’environ 8 % des hommes sont daltoniens, contre 0,5 % des femmes. En revanche, le bleu est lié au chromosome 7 et affecte les deux sexes de la même façon.

Comment perçoit-on les couleurs ?

C’est dans la rétine, ce tissu sensible à la lumière où les images se projettent à l’intérieur de nos yeux, que se trouvent les photorécepteurs. Il existe deux types de photorécepteurs : les bâtonnets et les cônes.

Les bâtonnets sont les cellules spécialisées dans la perception du contraste des images, et donc dans la vision en noir et blanc. Les cônes sont les experts en couleurs. La couleur se perçoit grâce à des ondes électromagnétiques avec différentes fréquences, qui ont lieu avec le reflet de la lumière. Il existe trois types de cônes :

  • Cônes L ou de longueurs d’ondes longues : ils perçoivent la couleur rouge.
  • Cônes M ou de longueurs d’ondes moyennes : associés à la couleur verte.
  • Et les cônes S ou de longueurs d’ondes courtes : associés à la couleur bleue.

Ces photorécepteurs se concentrent sur la partie centrale de la rétine, la fovéa. Cette zone est celle qui reçoit le plus de luminosité et celle qui fournit le plus de netteté. On ne trouve pas de bâtonnets dans la fovéa : ils se trouvent autour d’elle. C’est dans la zone intermédiaire que nous pouvons retrouver un mélange de cônes et de bâtonnets.

L’accumulation de cônes spécialisés en trois couleurs est ce qui permet de percevoir des milliers de couleurs grâce à leur combinaison.

Le daltonisme

Comme nous l’avons indiqué précédemment, la mutation génétique fait que l’on ne retrouve pas un ou plusieurs types de cônes, ou qu’ils présentent un fonctionnement déficient. Selon le type de cône affecté, un type précis de daltonisme aura lieu.

Les types de daltonisme

  • Achromatisme : les trois types de cônes ne sont pas présents ou présentent des anomalies. Les personnes avec ce type de daltonisme (1 sur 100 000) voient dans des échelles de gris.
  • Monochromatisme : les personnes ne possèdent que l’un des trois types de cônes, ou seul un de ces derniers fonctionne correctement.
  • Dichromatisme : il n’y a qu’un type de cône de touché. Le dichromatisme se divise en :
    • Protanopie : les personnes ne perçoivent pas bien le rouge.
    • Deutéranopie : touche la couleur verte.
    • Tritanopie : la couleur bleue est déficiente.
  • Trichromatisme anormal : c’est le type qui présente la plus grande prévalence. Dans ce cas, la personne possède les trois types mais l’un d’eux est modérément touché. Ainsi, même si elle peut percevoir la majorité des couleurs, elle a du mal à faire la différence entre certaines.
    • Comme pour le dichromatisme, le trichromatisme peut se diviser en protanomal, deutéranomal et tritanomal.

Le monde est en couleurs

Nous vivons dans un monde de couleurs : cela n’a rien de nouveau. Néanmoins, avec les progrès technologiques, les couleurs jouent un rôle fondamentaldans notre quotidien.

Même si elles évoluent en s’adaptant à un monde coloré et en s’appuyant sur d’autres stratégies, les personnes atteintes de daltonisme font face à une foule de difficultés quotidiennes, auxquelles les personnes non daltoniennes ne font même pas attention. Voyons quelques exemples…

Au travail ou à l’école, par exemple, on utilise habituellement le rouge et le vert pour corriger des documents ou indiquer des erreurs. Les lignes de métro sont déterminées par des couleurs. Et que dire de la circulation, avec les feux qui se composent de lumières rouges et vertes.

Ces limitations, en outre, sont parfois établies par les administrations. Dans certains pays, on interdit aux daltoniens de devenir policiers. Au Brésil, on ne les laisse pas passer leur permis de conduire.

Le vert espoir

Malgré tout cela, des dispositifs et/ou adaptations sont en train d’être développés pour atténuer ces difficultés. Par exemple, des feux qui, en plus de la couleur, se différencient par une forme ou un symbole (une croix pour s’arrêter, une ligne pour continuer). Ou bien des lunettes ou lentilles qui corrigent les déficiences chromatiques selon les besoins.

En 2010, le concepteur portugais Ashoka Miguel Neiva a présenté, à Porto, un système graphique d’identification de couleurs appelé ColorADD. Ce système se base sur 5 symboles, qui correspondent au rouge, bleu, vert, blanc et noir, et on peut les combiner entre eux pour désigner une multitude de couleurs.

L’objectif de ce système est de l’appliquer dans des domaines de base comme l’éducation, la santé, les transports, etc.Par exemple, en mettant ces symboles sur des crayons, des sections de livres, des indications de transport, des signalisation dans les hôpitaux… Et même sur des jeux de société, des vêtements ou du maquillage.

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  • Menéndez Díaz, J.A. (2014). Ser daltónico para ver más. Hipótesis para explicar las ventajas evolutivas de ser daltónico.