L’amour et la tristesse dans l’oeuvre de Vincent Van Gogh

· 12 juillet 2015

Friedrich Nietzsche a dit : « Il y a toujours un peu de folie dans l’amour, mais il y a toujours un peu de raison dans la folie ».

Et il visait certainement juste, car nous avons bien souvent du mal à trouver des limites bien définies dans les différents aspects de notre vie. Où termine le génie et où commence la folie ? L’amour nous rend-il fou ? 

Pourquoi la majorité des grands artistes sont excentriques, et semblent parfois très proches de la maladie mentale ?

Souvenez-vous que le célèbre peintre Edvard Munch (l’auteur du fameux « Cri ») était schizophrène, et que le génial Dali souffraient de crises régulières de paranoïa.

Des personnalités tyranniques qui ont trouvé dans l’art un moyen d’exprimer leurs démons, mais aussi tout leur talent. L’esprit d’un artiste est privilégié, mais il peut également être souffrant.

Ceux qui ont pu être heureux grâce à leur art, tout en maintenant le lien avec une vie satisfaisante, sont très peu nombreux. L’exemple de Vincent Van Gogh est sûrement l’un des plus éloquents.

De l’ordre au chaos

Les pathologies dont a souffert ce peintre, jamais reconnues de son vivant, ont été nombreuses : épilepsie, syndrome de Menier et psychose maniaco-dépressive.

Les diverses recherches menées sur sa vie, sur sa correspondance et sur ses œuvres amènent les experts à penser que son existence n’a pas été des plus simples, même s’il pouvait compter sur l’appui inconditionnel de son ami Paul Gauguin, qui n’a jamais pu empêcher que la vie du peintre néerlandais s’achève après 37 ans de souffrance.  

Ses tableaux devenaient de plus en plus obscurs et prenaient des formes ondulées. Ils les couvraient d’étoiles semblables à des yeux qui observaient sa propre tristesse, lui renvoyant l’image de sa propre folie. 

Mais il ne vécut pas que des tourments, car il eut aussi des périodes heureuses. Lorsqu’il termina sa formation à Paris, il acheta une maison en Provence, où il hébergeait d’autres artistes, et où il pouvait compter sur la présence inestimable de Paul Gauguin.

Ils sortaient souvent prendre l’air et s’enivraient des soirées parisiennes, où ils essayaient de briller et de faire connaître leur art. A cette époque, il réalisa la toile « Terrasse du café le soir ».

L’équilibre parfait des lignes verticales de ce tableau nous transmet sans aucun doute sa tranquillité intérieur et son bonheur.

Mais les épisodes maniaques ne tardèrent par à poindre à l’horizon. L’insomnie, les crises de panique et la folie changèrent alors son art à tout jamais. Les traits devinrent plus lourds et plus nerveux.

Les courbes commencèrent à envahir ses représentations de champs de maïs interminables, aux couleurs vibrantes, presque électriques.  

L’oreille de Van Gogh

Cet incident a beaucoup intrigué les experts, qui ont réalisé diverses études pour en connaître tous les aspects.

S’est-il vraiment coupé l’oreille tout seul avec un rasoir ? De nombreux chercheurs pensent que non. Il faut se souvenir que Van Gogh a centré sa vie sur une personne, essentielle à son existence : Paul Gauguin.

Une nuit, alors qu’ils étaient tous deux dans une maison close, Gauguin lui confia son intention de quitter sa compagnie, car il ne supportait plus ses changements d’humeur, ses excentricités et ses faiblesses.

Il commençait à avoir réellement peur de son ami. Ils commencèrent à se battre dans la rue avec des épées, mais Gauguin était passé maître dans l’art de l’escrime, et sectionna sans le vouloir l’oreille de son ami.

Van Gogh retourna immédiatement chez lui, enveloppa son oreille dans un linge, et l’envoya à Rachel, une prostitué que Gauguin fréquentait régulièrement.

Il déclara qu’il s’agissait d’un acte de désespoir, et que dans un élan de folie, il se coupa l’oreille avec son rasoir. Il ne voulait pas que Gauguin porte la responsabilité de cet acte et il ne souhaitait pour rien en monde que son ami soit jugé et condamné.

Mais, en réalité, ce fut le début d’une bien lourde peine pour Van Gogh, car après cet incident, Gauguin disparu de sa vie, le laissant seul face à sa folie et à son désespoir.

On peut observer tous ces sentiments torturés dans le tableau « La nuit étoilée ». Le ciel y apparaît perclus de spirales violentes, qui semblent envelopper de leur étreinte fatale le peintre et son esprit.

Il se suicida quelques temps plus tard d’une balle en pleine poitrine, en prononçant ces derniers mots à l’endroit de son frère Théo : « La misère ne terminera jamais ».