L’abstraction sélective : maximiser le négatif et minimiser le positif

1 avril 2017 dans Curiosités 344 Partagés

L’abstraction sélective est une distorsion de la pensée qui vous amène à penser que le négatif est plus important et plus présent dans les situations que le positif. Ce n’est pas quelque chose que vous avez décidé, c’est juste devenu une forme automatique de traiter la réalité. Il est très probable que vous ayez adopté cette façon de penser par « héritage éducatif » et que vous n’avez pas pensé à la remettre en question.

Lorsque l’on a vécu dans des environnements où on met en avant le négatif chez chaque personne ou situation, on s’habitue à penser que ce type d’analyse est celui que l’on doit suivre. De plus, cette perspective se fixe progressivement dans votre cerveau et c’est pour cette raison que vous ne parvenez pas à détecter les failles qui existent dans vos raisonnements.

Il se peut même que vous ayez incorporé quelques justifications pour penser de cette manière. Vous croyez peut-être qu’en vous arrêtant sur le négatif, vous ne risquerez pas autant d’être déçu-e ou frustré-e en n’atteignant pas un objectif, ou en découvrant les erreurs et les manques des autres personnes. Vous pensez peut-être aussi que voir le négatif est une attitude plus analytique et critique, parce qu’il ne faut pas toucher à ce qui est bien et, au contraire, améliorer tout ce qui est mal.

L’abstraction sélective dans la vie quotidienne

Les personnes qui maintiennent cette distorsion dans la pensée sont fréquemment fâchées. Il est normal de les voir avec tout un catalogue de ce qu’elles ne supportent pas ou de ce qui les indigne. Elles ne tolèrent pas le manque de ponctualité, et encore moins le mensonge, les gens conformistes les fatigue, et d’autres choses dans ce style. Elles se sentent à la fois indignées et agressées par les erreurs des autres. Cela, en outre, peut être une façon de penser dont elles sont fières.

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L’abstraction sélective ne porte pas seulement sur le monde externe mais aussi et tout particulièrement sur soi-même. Et le résultat final se voit chez des personnes à propos de qui on dit « qu’elles se font des films ». Autrement dit, ce sont celles qui ont l’habitude de voir le dénouement de toute situation comme quelque chose de terrible ou, en tout cas, de négatif pour elles.

Ceci peut être un exemple : le/la petit-e ami-e met du temps à arriver au rendez-vous avec la jeune femme/le jeune homme. Iel commence à désespérer et imagine que c’est une façon pour lui/elle de lui dire qu’iel n’est plus aussi intéressé-e par cette relation.

Iel finit par penser que c’est un-e homme/femme irrespectueux-se, égoïste et, en plus, qu’iel ne l’aime pas, comme iel se l’est répété tant de fois dans sa tête. Quand le/la petit-e ami-e arrive, iel lui lance précisément toutes ces accusations, sans prendre en considération que le retard était dû à un accident de voiture, quelque chose qui échappe totalement à la volonté du/de la petit-e ami-e mais qu’iel a dû endurer.

Un autre exemple, appliqué au travail, est celui d’une personne qui a préparé avec soin un exposé et, comme elle l’espère, celui-ci lui réussit. Cependant, l’un-e des assistant-e-s fait une critique à propos d’un aspect mineur de la présentation. De cette manière, notre présentateur-trice élimine la sensation de triomphe et, dans sa mémoire, il ne reste plus que cette critique, qui va se répéter intérieurement plusieurs fois les jours suivants.

Cette personne sort en pensant que les autres aussi avaient des objections, mais que le/la seul-e qui les a exprimées à voix haute a été celui/celle qui a formulé la critique. Elle en arrive à penser que tous ses efforts ont été fait en vain, parce que l’exposé n’a pas répondu à ses attentes, qu’à tout moment elles étaient conditionnées en fonction du respect des attentes des autres.

Lutter contre l’abstraction sélective

Maintenir l’esprit sous l’emprise de l’abstraction sélective nous conduit inévitablement à des états de frustration et de colère. Ce n’est ni quelque chose qui enrichit notre vie d’une quelconque manière, ni un type de pensée qui doit être cultivé. Bien au contraire : le mieux est d’éradiquer cet automatisme de notre esprit, pour mener une vie plus saine. Mais comment y parvenir ?

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Comme pour tout comportement mécanique, la première chose à faire est de prendre conscience que nous sommes tombé-e-s dedans. C’est une bonne chose de vous poser la question suivante : quelle valeur suis-je en train de donner au négatif chez les personnes ou dans des situations ? Est-ce que je pense que le négatif mérite plus de considération que le positif ?

Une fois que l’on reconnaît l’existence de cette abstraction sélective dans notre pensée, l’étape suivante est de mener à bien un processus d’auto-observation pour détecter si elle se produit avec tout et tou-te-s ou si elle s’active seulement lors de circonstances déterminées. Cette attitude d’auto-surveillance nous permettra de nous rendre compte de la cause de la distorsion. Nous allons probablement découvrir que ce mécanisme se déclenche dans des situations qui nous procurent de l’insécurité

Quand arrivera ce moment où nous penserons : « Eh, tu vois seulement le mauvais côté », nous serons prêt-e-s pour l’étape suivante. Pourquoi ne pas essayer de voir le bon côté, le positif ?

Essayer de le transformer en un exercice permanent, presque en un autre automatisme : à chaque jugement négatif que vous faites de quelque chose ou quelqu’un, répondez en fournissant un jugement positif. « J’ai trouvé ce défaut, maintenant je dois trouver une qualité ». Vous serez ainsi sur le bon chemin pour surmonter le terrible poids d’une pensée avec une abstraction sélective.

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