La rose et le crapaud

· 7 septembre 2015

Il était une fois une très belle rose rouge. Quelle merveille de savoir qu’elle était la plus belle rose du jardin. Pourtant, elle se rendait compte que les gens la regardaient de loin.

Un jour, elle s’aperçût qu’à côté d’elle, il y avait toujours un grand crapaud sombre, et que c’était pour cette raison que personne ne s’approchait d’elle. Indignée suite à cette découverte, elle ordonna au crapaud de s’en aller immédiatement. Le crapaud très obéissant lui dit : « C’est d’accord, si c’est ce que tu veux ».

Peu de temps après, le crapaud passa à l’endroit où se trouvait la rose et fut surpris lorsqu’il la découvrit totalement fanée, sans feuilles ni pétales.

Il lui dit alors : « Tu n’as pas l’air en forme, que s’est-il passé ? ». La rose répondit : « C’est que depuis que tu es parti, les fourmis me mangent un peu plus chaque jour et je ne pourrai plus jamais être la même. »

Le crapaud répondit seulement : « Evidemment, quand j’étais là, je mangeais ces fourmis et c’est pour cela que tu étais la rose la plus belle du jardin ». 

Morale:

Nous déprécions souvent les autres car nous pensons que nous sommes plus beaux ou tout simplement qu’ils ne nous servent à rien.

Nous avons tous quelque chose de spécial à apprendre des autres ou quelque chose à enseigner, et personne ne doit déprécier l’autre. Il se peut même que quelqu’un vous fasse du bien sans que vous n’en soyez conscient. 

Traditionnellement, la société s’est divisée en classes, puisque l’appartenance à un statut socio-économique fait que l’on se sent supérieur ou inférieur à d’autres personnes. 

Ce qui est sûr, c’est que, même si le fait de regarder par-dessus l’épaule de son voisin est très fréquent aujourd’hui, nous devons nous sentir égaux et de la même valeur que les autres, ni plus ni moins.

Découvrir et stimuler notre valeur est important pour nous sentir bien, équilibré et avoir des relations sociales saines.

Nous ne sommes ni plus ni moins que les autres. Le sentiment de supériorité est un fardeau de la même magnitude que le sentiment d’infériorité. Ces complexes sont le sceau des incertains. 

Déprécier quelqu’un car on se croit supérieur, est le signe d’une estime de soi trop importante.

C’est une manière de compenser la peine produite par les carences auto-perçues, faisant ressortir les qualités qui nous distinguent ou grâce auxquelles on croit se distinguer.

Ces personnes se croient souvent parfaites et sont rigides dans leurs convictions. Elles peuvent se fâcher facilement, être émotionnellement instables et mentir (puisqu’elles veulent montrer une fausse image d’elle-même).

Elles sont compétitives et peuvent s’entourer de personnes de moindre statut, intelligence ou capacité, afin de se jeter des fleurs.

Par conséquent, ces personnes adoptent des attitudes toute-puissantes et arrogantes, comme celle de la rose avec le crapaud. 

De fait, on pourrait dire que le complexe de supériorité est la séquelle d’un complexe d’infériorité non résolu.

Ces deux complexes ont souvent tendance à survenir chez les mêmes personnes lors de circonstances différentes.

Une personne qui ne se perçoit pas comme inférieure sous certains aspects n’a pas besoin de se proclamer comme étant supérieure. Si cette personne est habile ou courageuse dans un domaine, la réalité le montrera de manière adéquate.

Tout le monde, de manière absolue, a un travail à accomplir dans cette vie pour et avec les autres. Ce que nous apprenons avec notre voisin, nous ne l’apprendrons avec personne d’autre car chacun, dans son individualité, est unique et indispensable. 

C’est pour cela qu’il est préférable d’être un crapaud et de contempler son entourage en faisant son travail, et en profitant de notre vie et de celle des autres.

Le fait d’être beau ou ne pas l’être, comme la rose, dépend en grande partie de ce que l’on apporte aux autres et de ce que les autres nous apportent.  

Image de marchesini62