La monogamie est-elle un idéal plus qu’une réalité ?

· 16 août 2018

Même dans les sociétés s’affirmant monogames, l’infidélité est commune. On peut en dire autant pour la majorité du règne animal. Rares sont ceux qui restent fidèles, mais les raisons pour lesquelles cela se produit sont loin d’être romantiques. Comprendre pourquoi la monogamie fonctionne si peu pour les animaux et pourquoi elle échoue si souvent peut nous apporter de nombreuses informations sur nos relations.

Malgré les milliers de poèmes, chansons, romans, opéras, drames, mythes et légendes qui ont été créés autour du fait de tomber amoureux, très peu de scientifiques ont accordé à cette passion l’étude qu’elle mérite.

Néanmoins, des scientifiques de l’université de Cambridge ont réussi à déchiffrer le processus qui conduit les mammifères à adopter une monogamie sociale comme stratégie pour l’éducation. Ces mêmes scientifiques ont découvert le fait que la monogamie sexuelle chez les mammifères s’apparente davantage à un idéal qu’à une réalité. Approfondissons.

« La monogamie de nombreux hommes est basées sur la paresse, celle de nombreuses femmes sur l’habitude. »

Victor Hugo

monogamie et infidélité

Facteurs génétiques et psychologiques qui ont une influence sur la monogamie

La monogamie est un concept qui fait référence au développement d’une seule relation de couple à la fois pour un homme ou une femme. En fait, les êtres humains sont l’une des seules espèces à pratiquer la monogamie. Cependant, nous savons tous que la plupart du temps, cela ne se déroule pas de cette façon.

Toutes les personnes ne sont pas infidèles, mais selon l’étude du professeur Tim Spector, nous sommes génétiquement préparés à l’être. C’est l’un des facteurs les plus importants associés à l’infidélité : 40% des infidélités sont dues à des facteurs génétiques

L’étude réalisée par Spector sur 1600 couples de jumeaux démontre le fait que l’infidélité se cache derrière une influence génétique considérable. Pour cette raison, la conclusion logique est que ce comportement persiste car il est avantageux d’un point de vue de l’évolution.

Les facteurs psychologiques qui ont une influence sur la fidélité sont notamment la satisfaction émotionnelle, personnelle et sexuelle. Une personne qui aime la routine et les choses établies aura moins de pulsions à vouloir en sortir. Si cette prédisposition est associée à un flux élevé de neurotransmetteurs de la sérotonine, le fidélité sera alors l’option la plus satisfaisante. Au contraire, les personnes qui sont à la recherche de sensations intenses avec des niveaux bas de sérotonine et de dopamine sont plus sujettes à être infidèles. 

Une étude réalisée par les professeurs Steven Gangestad, Randy Thornhill et Christine Garver de l’Université du Nouveau-Mexique a démontré que les femmes sont sexuellement plus actives quelques jours avant, pendant et après leur période d’ovulation. Cela ne serait pas un problème si le désir ne se manifestait qu’envers leurs époux. Mais les résultats montrent que les femmes présentent un intérêt sexuel et fantaisiste plus élevé envers les autres hommes, lorsqu’elles sont fertiles. 

La fidélité authentique est décidée par celui qui la délivre, jamais par celui qui la reçoit.

monogamie et infidélité

Monogamie sexuelle VS monogamie sociale

Selon des recherches récentes, les mammifères sont davantage susceptibles d’être monogames socialement que sexuellement. Comme nous pouvons le voir dans notre société, il existe cependant des exceptions. Comme nous l’avons vu, la monogamie dépend de facteurs psychologiques et génétiques.

La monogamie sociale se réfère au fait de faire croire que l’on n’a qu’un partenaire alors que l’on commet des infidélités dans le dos de la personne concernée. Selon certains auteurs, il s’agirait d’une stratégie reproductive afin de transmettre nos gènes à la génération suivante et d’éduquer les enfants.

Une recherche récente du Journal of Couple and Relationship Therapy nous assure qu’entre 45 et 55% des femmes mariées sont infidèles. Pour la sexologue Janis Springs, auteure de After the Affaire, l’infidélité affecte quasiment un tiers des couples. En moyenne, les statistiques concernant l’infidélité indiquent que 60% des hommes sont infidèles et que 40% des femmes suivent leurs pas. 

Le résultat est que dans 80% des couples, au moins un des deux membres a une aventure. Il semblerait donc que la monogamie sexuelle soit plus un idéal qu’une réalité. Au contraire, la monogamie sociale est majoritaire dans le style d’éducation de la société occidentale. Et vous, qu’en pensez-vous ?

« La monogamie : Indispensable ou nécessaire ? La seconde est plus belle, elle implique un choix, elle n’a pas la laideur de la norme. »