La codépendance dans la famille du toxicomane

30 mars, 2021
Lorsqu'un membre de la famille a une dépendance, tout le système est affecté. Cependant, certains membres de la famille, dans leur tentative d'aider, finissent par aggraver la situation. C'est ce qui se passe avec la codépendance.

Codépendance et toxicomanie vont souvent de pair. La toxicomanie est l’un des troubles psychologiques les plus pénibles. Ce trouble chronique, qui ne peut être guéri mais seulement réhabilité, affecte la vie de la personne dépendante de manière intégrale, causant des ravages sur ses finances, ses relations sociales et son état psychologique.

En outre, les conséquences de la maladie ont un impact important sur les personnes proches de la personne dépendante. Elle donne souvent lieu à une codépendance dans la famille de la personne dépendante.

Lorsqu’un membre du noyau familial présente une dépendance aux substances, l’ensemble du système est altéré. Le père, la mères, les frères et sœurs ou enfants sont contraints de faire face au trouble de leur proche sans pouvoir y remédier.

Au fil des ans, des dynamiques relationnelles très néfastes peuvent s’installer qui, loin d’aider, aggravent la situation pour toutes les personnes impliquées. Il est donc important de définir et de prévenir ce type de codépendance.

Une femme assise au sol.

Qu’est-ce que la codépendance dans la famille d’un addict ?

Si un proche souffre d’une dépendance, il est naturel de s’inquiéter de son bien-être et d’essayer de lui offrir soutien et aide. Se désengager et se désolidariser complètement sur le plan émotionnel de cette personne serait très compliqué et n’est pas la chose la plus bénéfique à faire.

Il est logique que les membres de la famille essaient de parler à la personne dépendante, de la comprendre, de l’encourager à rechercher une aide professionnelle et de l’accompagner dans le processus de réhabilitation. Cependant, très souvent, l’implication est si intense qu’elle devient nuisible et dysfonctionnelle.

La codépendance se produit lorsqu’une autre personne s’implique trop dans les problèmes de l’addict. Il y a une suridentification à l’autre personne, une fusion des identités qui conduit le membre de la famille à s’inquiéter de façon obsessionnelle pour le dépendant en se négligeant lui-même. Voici quelques-unes des principales caractéristiques de ce phénomène :

  • La vie du membre de la famille tourne entièrement autour du sauvetage, de la guérison ou de la protection du dépendant.
  • Toutes ces tentatives frustrées d’aide génèrent un grand inconfort émotionnel. Elles donnent lieu à une relation néfaste de désillusion avec la personne dépendante.
  • La personne codépendante nie que la personne dépendante a un problème, justifie ses comportements ou minimise leur gravité.
  • Il y a une tendance à cacher le problème aux autres. Ainsi, on couvre la personne malade. On renonce aussi à la possibilité de partager ses soucis avec d’autres ou de chercher de l’aide.
  • Le membre de la famille maintient une dépendance émotionnelle à l’égard de la personne dépendante. De cette façon, il ne fait que réagir aux actions de la personne dépendante au lieu d’agir délibérément en son nom propre. Son bien-être dépend entièrement du bien-être de l’autre.

Quels sont les facteurs qui influencent le développement de la codépendance ?

Tous les membres de la famille des personnes dépendantes ne développent pas une codépendance. En général, les personnes ayant une faible estime de soi et une mauvaise gestion des émotions sont les plus à risque.

Souvent, le codépendant se sent coupable de ce qui arrive à la personne qui souffre. Il ressent le besoin de contrôler ses comportements (et croit qu’il est en son pouvoir de le faire). En général, ce sont des personnes qui ont du mal à fixer des limites dans leurs relations avec les autres. Elles perçoivent cet acte naturel comme une trahison ou un manque de loyauté.

Père et fils préoccupés.

Un phénomène préjudiciable à toutes les personnes concernées

En général, la personne codépendante n’est pas consciente de la nocivité de sa position. Elle estime qu’en s’impliquant, elle aide le toxicomane et encourage même la guérison. Cependant, la réalité est tout autre.

Lorsque le membre de la famille nie ou minimise l’existence de la maladie ou lorsqu’il prend en charge les conséquences de la maladie, il empêche le dépendant lui-même d’assumer la responsabilité de ses actes. Par conséquent, il contribue à perpétuer la dépendance.

Mais il se cause aussi de graves dommages émotionnels. Prendre le fardeau d’un problème étranger et abandonner son propre bien-être est néfaste.

Par conséquent, la meilleure chose que le membre de la famille codépendant puisse faire pour le dépendant et pour lui-même est de reprendre sa propre place. Ainsi, il permettra à l’autre personne de prendre sa place également. Il est important de cesser de nier ou de dissimuler la dépendance, de cesser de s’en sentir responsable et de commencer à fixer des limites.

Il n’est pas possible de réparer la dépendance de quelqu’un d’autre, le champ d’action de chacun se limite à lui-même. La chose la plus saine à faire est de faire la part des choses. Chacun doit prendre soin de sa propre santé émotionnelle.

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