Femmes au foyer : le visage de ces femmes invisibles

· 15 mai 2016

Que ce soit du fait de l’héritage cultuel, d’un choix personnel ou de questions circonstancielles, dans notre société, un grand nombre de femmes consacrent exclusivement leur vie à l’entretien de leur foyer et de leur famille.

Parfois, ce travail s’accompagne d’autres travaux rémunérés ; la femme devient alors « femme au foyer » en parallèle.

Quoi qu’il en soit, être femme au foyer est un travail très dur ne jouissant d’aucune reconnaissance et qui, aujourd’hui encore, est assumé la plupart du temps par imposition, et par des femmes.

Cet article est consacré aux femmes au foyer qui consacrent, exclusivement ou non, leur vie professionnelle et personnelle à l’entretien de leur foyer et de leur famille.

Elles font à manger et le ménage, faisant chaque jour tout pour subvenir aux besoins de leur famille.

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Son visage invisible, sa charge émotionnelle

Une femme au foyer n’a pas de rémunération et ne jouit généralement d’aucune reconnaissance sociale.

C’est un travail de 24h par jour et de 365 jours par an. La femme au foyer n’a pas de vacances, ne connait pas le licenciement, et doit savoir tout faire ; être cuisinière, maîtresse, garde du corps, GPS, docteure, secrétaires, gardienne de nuit et de jour…

La charge de travail de la femme au foyer est déterminée par l’amplitude de la famille, par la taille et l’emplacement du logement, par le statut social dont elle jouit, etc.

 


 

Le travail domestique est socialement invisible ; les femmes au foyer sont considérées comme inactives.


 

Ce travail n’est pas rémunéré et exempté de toute vraie reconnaissance, car même si émotionnellement, on peut lui donner de la valeur, souvent, on ne se rend pas compte de l’importance du rôle que joue la femme au foyer.

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Faire le ménage, repasser, faire les courses, prendre soin de son compagnon/sa compagne, des enfants soient-ils petits ou grands, faire de bons petits plats, maintenir l’égalité et la paix dans le royaume…et ce sans sourciller, allant même jusqu’à s’occuper des autres au détriment de soi.

S’oublier est un erreur que certaines femmes commettent trop souvent et qui a de graves conséquences sur leur humeur.

Cela peut donner lieu à des problèmes d’anxiété, de dépression, ainsi qu’à des symptômes somatiques ; intéressons-nous à cela de plus près.

Anxiété, dépression, et symptômes somatiques chez les femmes au foyer

Partant du principe que la dépression et l’anxiété sont des problèmes plus communs chez les femmes, elles sont toutes deux plus prononcées chez les femmes qui n’ont pas de travail rémunéré et qui sont loin de leur environnement familial.

Autrement dit, diverses études ont prouvé que les femmes au foyer souffrent d’un plus grand nombre de maladies chroniques, d’une plus grande symptomatologie grave, et valorisent moins leur état de santé.

 


S’il en est ainsi, c’est en raison du rôle qu’elles jouent dans leur vie, et des injustices auxquelles elles doivent faire face du fait de ce rôle routinier, stressant et peu stimulant de femme et/ou mère au foyer.


Ce rôle est traditionnellement dépourvu de toute structure et de tout contrat social, c’est pourquoi, souvent, les tâches peuvent demander des efforts et être frustrantes.

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Une femme au foyer est moins à même de contrôler son rythme de travail : ainsi, sa possibilité de repos et de déconnexion est moindre, voire même parfois nulle.

En étant chaque jour et à chaque instant « obligée » de respecter les exigences qu’impliquent ce travail, la femme au foyer peut voir ses sources alternatives de satisfaction diminuer, ce qui influe alors négativement sur son humeur et son état de santé général.


Finalement, le manque de reconnaissance et l’invisibilité du travail domestique peuvent diminuer en grande mesure l’estime d’elles-mêmes des femmes qui assument, avec ou sans aide, l’entretien et les tâches du foyer.


C’est pourquoi, structurer ce travail, lui donner un poids social et économique au niveau du gouvernement, lui octroyer la valeur qu’il mérite dans le noyau familial, fournir le soutien social et émotionnel à ces femmes et fomenter la satisfaction dans l’exercice de ce travail, aidera à ce que ce visage obscurci puisse acquérir de la visibilité.

Les femmes au foyer représentent un des secteurs sociaux les plus oubliés dans notre culture.

C’est pourquoi il est temps qu’on leur octroie le pouvoir et la reconnaissance qu’elles méritent, car c’est un des travaux les plus durs, les plus indispensables et les plus fascinants qui existent.