Est-ce que les smartphones nous rendent stupides ?

30 octobre 2017 dans Psychologie 0 Partagés

La technologie, et les smartphones en particulier, rendent nos vies plus faciles et plus agréables. Nous avons accès à plus d’informations, nous pouvons faire plus en moins de temps, nous pouvons communiquer avec de nombreuses personnes… Mais cela ne signifie pas que nous sommes plus productif-ve-s ou plus intelligent-e-s.

Plus précisément, nos smartphones réduisent notre capacité cognitive. C’est du moins ce que signale une étude récente de l’Université du Texas à Austin, aux États-Unis. Selon cette étude, la capacité cognitive et la puissance globale du cerveau sont considérablement réduites lorsque notre smartphone se trouve proche de nous, indépendamment du fait qu’il soit éteint ou à l’envers.

Les smartphones sont plus que de simples téléphones. Ce sont de petits ordinateurs disposant d’une énorme capacité à nous connecter. La présence de notre smartphone nous permet d’avoir accès à l’information sur demande, à diverses sources de divertissement, facilite la stimulation sociale et bien plus encore. Toutefois, cette étude suggère que ces bénéfices, et la dépendance qu’ils engendrent, peuvent avoir un coût cognitif.

Selon cette étude, la simple présence de notre smartphone peut réduire nos capacités cognitives.

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Le coût cognitif des smartphones

Nos smartphones permettent et encouragent une connexion constante non seulement entre les personnes, mais aussi avec l’information et le divertissement, mettant le monde à portée de main. Cependant, bien que ces dispositifs aient un immense potentiel pour améliorer notre bien-être, leur présence constante peut avoir un coût cognitif important.

Cette recherche soutient  l’hypothèse que les chercheurs ont appelée « drainage cérébral » (brain drain). Selon cette hypothèse, la simple présence du smartphone peut occuper des ressources cognitives de capacité limitée, laissant ainsi moins de ressources disponibles pour d’autres tâches, sous-estimant par la même les performances cognitives.

Les résultats des expériences menées par les chercheurs indiquent que même lorsque les personnes parviennent à maintenir une attention soutenue, la simple présence de ces dispositifs réduit la capacité cognitive disponible. Cela arrive, par exemple, en écartant la tentation de vérifier son smartphone. En outre, ces coûts cognitifs sont d’autant plus élevés que la dépendance à l’encontre des smartphones est importante.

Les smartphones ne nous rendent pas plus intelligent-e-s

Lors de cette expérience, les chercheur-se-s demandèrent aux participant-e-s à l’étude de s’asseoir face à un ordinateur pour effectuer une série de tests nécessitant une bonne dose de concentration. Les tests visaient à mesurer la capacité cognitive disponible pour les participant-e-s, c’est-à-dire la capacité du cerveau à stocker et traiter des données à un moment donné. Avant de commencer, les participant-e-s ont été choisi-e-s au hasard pour placer leurs smartphones en mode silence sur le bureau, face cachée, dans leur poche ou leur sac à main personnel, ou dans une autre pièce.

Les chercheur-se-s ont constaté que les participant-e-s qui avaient laissé leurs smartphones dans une autre pièce surpassaient considérablement celleux qui les avaient laissé sur le bureau. Iels ont également légèrement surpassé les participant-e-s qui avaient gardé leurs appareils dans une poche ou un sac à main.

Les résultats suggèrent que la simple présence d’un smartphone réduit la capacité cognitive disponible et affecte le fonctionnement cognitif, même si les personnes sentent qu’elles accordent toute leur attention et se concentrent sur la tâche qu’elles doivent accomplir.

« Nous voyons une tendance linéaire suggérant qu’à meure que le smartphone devient perceptible, la capacité cognitive des participants disponibles diminue » expliquent les chercheur-se-s. « Notre esprit conscient ne pense pas à notre smartphone, mais ce processus, le processus exigeant de ne pas penser à quelque chose, utilise une partie de nos ressources cognitives limitées ». 
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Dans une autre étude, les chercheur-se-s tentèrent d’identifier l’influence des smartphones, tout en essayant également d’isoler l’effet qui pourrait générer plus ou moins de dépendance à ces dispositifs.

Les mêmes tests informatiques furent proposés aux participants. L’assignation aux différents groupes fut également réalisée de manière aléatoire : un groupe devait réaliser les tests avec leurs téléphones à côté et avec l’écran vers le haut, un autre groupe devait laisser leur smartphones dans leur poche, un autre groupe dans une autre pièce et un autre simplement être avec elleux mais éteints.

Les chercheur-se-s ont constaté que les participant-e-s qui étaient plus dépendant-e-s de leurs smartphones ont obtenu de moindres résultats que leurs pairs moins dépendants, mais seulement lorsqu’iels avaient conservé leurs smartphones sur le bureau, dans leur poche ou leur sac à main. Iels constatèrent également que le fait que le smartphone soit allumé ou éteint n’avait aucune incidence, tout comme le fait d’être positionné face vers le haut ou face vers le bas sur un bureau.

Les chercheur-se-s expliquent que les participant-e-s ne furent pas distrait-e-s par la réception de notifications sur leurs téléphones, mais que la simple présence de leur smartphone était suffisante pour réduire leur capacité cognitive.

Avoir un smartphone en vue ou à portée de main réduit la capacité d’une personne à se concentrer et à effectuer des tâches, car une partie de son cerveau travaille activement pour ne pas vérifier ou utiliser le téléphone.
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Est-il plus intelligent d’éviter les smartphones ?

Bien que les chercheur-se-s se soient principalement concentré-e-s sur les coûts cognitifs associés à la présence de smartphones, l’étude est tout aussi pertinente quant aux implications potentielles inhérentes à leur absence. Les débats sur la « déconnexion » dans la culture populaire reflètent l’intérêt croissant des consommateur-trice-s à réduire intentionnellement – ou du moins à contrôler – le temps d’interaction avec les appareils électroniques.

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Dans le  même ordre d’idées, les chercheur-se-s soulignent que certain-e-s consommateur-trice-s remplacent leurs smartphones par des téléphones dotés de fonctionnalités moins avancées ou les complètent par des appareils ou des fonctionnalités offrant de courte pause de connexion. D’autres se tournent vers des applications qui suivent, filtrent et limitent l’utilisation des smartphones.

La recherche suggère que ces mesures peuvent être doublement bénéfiques pour les personnes numériquement fatiguées. Ainsi, en redéfinissant la pertinence de leurs appareils, ces consommateur-trice-s peuvent réduire la distraction numérique et augmenter leur capacité cognitive disponible. 

Quoiqu’il en soit, conservez l’idée suivante :

Chaque fois que vous avez besoin d’optimiser le contrôle de votre attention et de votre fonction cognitive, garder votre smartphone hors de la vue aide à augmenter la puissance du cerveau.
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