EMDR : la technique psychologique pour traiter les expériences traumatiques

· 23 septembre 2018

La thérapie EMDR (mouvements oculaires) a un but très concret : réduire l’effet des expériences traumatiques. Nous sommes sans aucun doute face à un modèle psychologique innovant qui atténue l’impact des émotions négatives à travers une stimulation bilatérale, c’est-à-dire à travers le mouvement des yeux, différents sons ou des stimulus kinesthésiques comme le tapping. 

Un traitement basé sur le mouvement des yeux? Il est possible que nos lecteurs considèrent ce point de vue thérapeutique avec un mélange de curiosité, d’étrangeté et de scepticisme. Cependant, lorsqu’on approfondit un peu plus cette technique, on finit par ressentir un certain intérêt. Cette thérapie est relativement nouvelle. Même si elle n’a pas eu l’impact que l’on attendait, les thérapeutes sont de plus en plus à vouloir l’utiliser.

L’objectif de l’EMDR est de traiter les expériences passées et de résoudre les émotions associées. Les pensées et sentiments négatifs qui ne sont plus utiles sont remplacés par des pensées et des sentiments positifs afin de développer un comportement plus sain.

Cette technique a été développée dans les années 80 par Francine Shapiro, une neurologue et psychothérapeute cognitivo-comportementale. L’objectif de cette docteure de l’Institut de Recherche Mentale de Palo Alto, en Californie, était d’apporter une technique spécifique pour le traitement du stress post-traumatique. Selon elle, il n’existait aucune stratégie concrète pour aider les patients à réduire l’impact du trauma ou l’effet que celui-ci avait sur leur cerveau, leur comportement ou leur façon de se lier.

Ainsi, Shapiro a étudié les procédés les plus avant-gardistes pour donner forme à une stratégie clinique aussi innovante que controversée pour beaucoup de psychiatres. Cependant, elle le signale elle-même: une seule séance est suffisante pour évaluer ses effets.

thérapeute emdr

Objectifs de la thérapie EMDR

Le but de la thérapie EMDR ou désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires est multiple. D’un côté, elle cherche à identifier le problème spécifique dont souffre le patient. À partir de là et grâce à une série de techniques, le thérapeute l’aidera à traiter ces expériences traumatiques pour diminuer et résoudre les émotions associées à ces faits.

Les pensées et sentiments négatifs seront remplacés par d’autres plus intégrants. L’objectif est essentiellement d’aider chaque personne à mieux gérer ses propres réalités internes. Ainsi, elle pourra donner forme à des comportements plus sains.

Il convient de souligner que la thérapie EMDR ne s’oriente pas exclusivement vers le traitement des faits traumatiques (agressions, pertes, effets des guerres, etc.). Au cours de ces dernières années, elle a prouvé son efficacité dans divers domaines. Les voici:

  • Troubles d’anxiété
  • Phobies
  • Crises d’angoisse
  • Troubles de l’alimentation
  • Addictions

La technique de l’EMDR a donc un but très clair. Il s’agit de se concentrer sur chaque patient de façon particulière. Pour trouver ce mécanisme de guérison inhérent à chaque personne. Tous les cas ne se ressemblent pas. Toutes les personnes ne réagissent pas de la même façon aux techniques.

Ainsi, une fois que l’on a identifié la stratégie la plus adéquate pour chaque cas, on établit un système de stimulation sensorielle qui permet au cerveau de traiter ces émotions et pensées adverses. Mais étudions plus en détails la façon dont fonctionne cette technique.

En quoi consiste la thérapie EMDR ?

La thérapie EMDR peut durer de trois sessions à deux mois. Tout dépend de l’incidence du trauma, de la phobie ou du trouble psychologique dont souffre le patient. Ce type d’approche se base sur l’entraînement correct du thérapeute dans cette technique. Car nous ne parlons pas seulement d’une personne qui remue les doigts pour que le patient les suive des yeux.

L’EMDR se base sur un plus grand nombre de stratégies. Elle s’appuie sur des dynamiques qui exigent de l’habileté, de l’intelligence et une intuition propre au bon professionnel qui sait comment orienter son patient pour le mener à une véritable résolution adaptative. Le but est de réduire les symptômes négatifs. De favoriser un changement de croyances. De faire en sorte que la personne soit capable de mieux vivre au quotidien.

cerveau avec couleurs représentant l'emdr

Phases de l’intervention :

  • Histoire personnelle et planification du traitement
  • Préparation. On cherche à établir une confiance avec le patient et à lui expliquer en quoi va consister le traitement
  • Évaluation. On identifie les émotions et les sentiments négatifs
  • Désensibilisation <-> technique du mouvement oculaire
  • Installation. Moment où l’on doit remplacer les pensées et les émotions négatives par d’autres plus intégrantes et positives.
  • Scanner corporel. On cherche à évaluer si le patient peut se souvenir du trauma sans ressentir de sentiments négatifs
  • Fin de la session et réévaluation

 

Techniques utilisées au cours du traitement

L’EMDR a en réalité emprunté plusieurs modèles, approches et techniques pour ériger son traitement. Dans son tissu psychothérapeutique, cette technique intègre la psychologie cognitive, humaniste, comportementale et le traitement bio-informationnel. Le plus caractéristique est sans aucun doute la stimulation bilatérale, qui se centre sur différents foyers:

  • Visuel: le thérapeute déplace son doigt devant un patient pour que celui-ci le suive du regard. On dit que ces mouvements oculaires rapides desserrent des « nœuds » dans la mémoire. Des nœuds où se concentrent les émotions adverses. Certains ont émis l’idée que cette stratégie imitait le sommeil REM ou paradoxal (étant donné que ce cycle de sommeil nous permet de « nettoyer » des expériences et des souvenirs diurnes). D’autres pensent que l’alternance d’attention du regard à droite et à gauche mène les deux hémisphères cérébraux à un plus grand équilibre
  • Auditif : le thérapeute applique certains sons dans les oreilles du patient pour générer du calme ou un état émotionnel concret.
  • Kinesthésique (tapping) : dans ce cas, le thérapeute tapote doucement les mains ou les épaules du patient. En faisant cela, il cherche à réduire la tension et l’impact des émotions négatives

Pour conclure, il est possible que ce type d’intervention thérapeutique continue à attirer notre attention (et à nourrir certains doutes). Certains la décrivent comme une pseudo-science. D’autres disent que sa méthodologie manque un peu de clarté.

Malgré tout, elle jouit d’une grande transcendance aux Etats-Unis. Selon Shapiro, elle a déjà aidé plus de deux millions de personnes. L’EMDR constitue une alternative avec des résultats durables dans de nombreux cas. Par conséquent, il vaut la peine de la prendre en compte. Quoi qu’il en soit, il est toujours bon d’avoir plus de ressources pour aborder l’impact des événements adverses chez l’être humain.