Diazépam : qu’est-ce et quels sont ses effets ?

9 décembre 2017 dans Psychologie 0 Partagés
Diazepam

Le diazépam (mieux connu sous son nom commercial « Valium ») est un médicament appartenant à la famille des anxiolytiques et des hypnotiques. De nos jours, ce type de médicament psychotrope, dérivé des benzodiazépines, reste l’un des plus administrés pour le traitement de l’anxiété, de l’insomnie, des crises de panique et comme sédatif avant certains types d’interventions.

Nous avons tous entendu parler du diazépam, il se peut qu’il nous ait été prescrit à un moment donné ou que quelqu’un de notre entourage soit l’un de ces patients habitués à en avoir sur leur table de chevet. L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) elle-même l’a inclus dans sa liste de « médicaments essentiels » pour une raison très spécifique : il s’agit de l’un des benzodiazépines standard les plus efficaces et les plus couramment utilisées à l’heure actuelle.

Cependant, et ceci est important à garder à l’esprit, son utilisation fréquente et presque normalisée dans de nombreux contextes ne signifie pas pour autant qu’il s’agit d’un médicament inoffensif. Le diazépam, comme le reste des benzodiazépines, comporte un risque élevé de dépendance. Son administration doit être ponctuelle, contrôlée et limitée dans le temps.

Nous vous apporterons davantage d’informations sur ce type de médicament psychotrope dans la suite de cet article.

« Nous traitons le chagrin et la peur avec des pilules comme s’il s’agissait de maladies. Et ils n’en sont pas. »
-Gillillo Rendueles, psychiatre-
effets du diazépam dans le cerveau

Qu’est-ce que le diazépam ?

Pablo a vécu une saison avec des hauts et des bas. Il a le sentiment que tout devient incontrôlable et que le monde va trop vite pour lui. Il a perdu son père il y a deux mois suite à un problème cardiaque, la compagnie où il travaille réduit ses effectifs et il sent que sa productivité diminue. Il a peur d’être licencié. Son niveau d’anxiété, ses problèmes pour trouver le sommeil et sa nervosité sont tels qu’après avoir consulté son médecin traitant, ce dernier lui a prescrit du diazépam.

Le traitement aura une durée de 8 semaines. Ensuite, ils évalueront les progrès et procéderont à un arrêt progressif du médicament. Si Pablo ne connaît pas d’amélioration, son médecin le dérivera vers un psychiatre pour essayer d’autres traitements et initier un type de thérapie. Notre protagoniste s’est engagé auprès de son médecin et commence le traitement, mais pas avant d’essayer d’en savoir un peu plus sur cette petite pilule qui va l’accompagner pendant quelques semaines.

Qui a créé le diazépam ?

Le diazépam est le deuxième benzodiazépine inventé par Leo Sternbachalrededor dans les années 1960. Il est cinq fois plus puissant que son prédécesseur, le chlordiazépoxide. Jusqu’à ce moment-là, les médecins prescrivaient à leurs patients les barbituriques classiques, des médicaments à forte dépendance et présentant des effets secondaires assez graves.

Le diazépam a été considéré pendant quelques années comme le « médicament miracle », au point qu’il fut, pendant une certaine période, le médicament le plus vendu. Néanmoins, les médecins se sont peu à peu rendu compte que ces pilules merveilleuses n’étaient pas aussi inoffensives que nous le pensions initialement. Dès lors, sa commercialisation diminua de moitié dans les années 90.

diazépam

Dans quel cas le diazépam est-il utilisé ?

Le diazépam, compte tenu de ses effets sédatifs et hypnotiques, a de multiples usages :

  • Traitement à court terme de l’insomnie.
  • Traitement de l’anxiété, des crises de panique et des états d’agitation.
  • Traitement de l’état épileptique.
  • Prise en charge initiale de divers troubles de l’humeur tels que la manie. Il est généralement utilisé en association avec le lithium, le valproate ou les neuroleptiques.
  • Le diazépam est également utilisé pour le traitement du sevrage de l’alcool et des opiacés.
  • Le diazépam est utilisé avec d’autres antidépresseurs chez les patients qui développent des pensées suicidaires.
  • Il est efficace pour diverses conditions musculaires douloureuses.
  • Il est également utilisé pour traiter diverses parésies musculaires suite à des blessures ou des problèmes cérébraux.
  • Le diazépam est toujours présent dans les dispensaires ou les hôpitaux afin d’être utilisé comme sédatif préalablement à une opération.

Comment agit le diazépam ?

Le diazépam est un médicament qui agit essentiellement comme un sédatif du système nerveux. Qu’est-ce que cela signifie ? Que nous le voulions ou non, le fameux Valium comme le reste des benzodiazépines diminuent l’activité du cerveau. Ils le font en agissant dans différentes zones du système limbique, le thalamus et l’hypothalamus, induisant ainsi des effets anxiolytiques.

Les neuro-scientifiques en déduisent que leur action commence en se liant aux récepteurs GABA. Après cela, le fonctionnement de certaines zones du cerveau ralentit, générant un état prolongé de somnolence, une diminution de l’anxiété et une relaxation des muscles.

cerveau

Quels sont les effets secondaires du diazépam ?

Nous avons souligné précédemment, la durée du traitement doit être courte, supervisée par notre médecin, ne pas dépasser 8-12 semaines et sans jamais dépasser les doses prescrites. Au-delà de cette période de temps, et si nous dépassons la quantité de médicaments recommandés (ou si nous les combinons avec d’autres par nos propres moyens), les conséquences peuvent être très sérieuses.

Voyons à présent quels sont les effets secondaires du diazépam, qui, comme nous pouvons le déduire, sont communs à la plupart des benzodiazépines.

Les effets secondaires les plus fréquents du diazépam :

  • Somnolence
  • Fonction motrice altérée
  • Problèmes de coordination
  • Problèmes d’équilibre
  • Vertiges
  • Bouche sèche
  • Petites pannes de mémoire

Effet du diazépam en raison d’un principe de dépendance légère :

  • Tremblements et problèmes plus évidents de coordination
  • Nervosité, irritabilité
  • Insomnie
  • Des maux de tête
  • Crampes musculaires
  • Problèmes pour conduire en toute sécurité
  • Difficultés à parler de manière fluide
  • Problèmes de concentration
  • Amnésie antérograde

Symptômes graves de la dépendance au diazépam :

  • Tachycardie
  • Etats de conscience paradoxaux
  • Respiration irrégulière, rapide ou lente
  • Manque de coordination
  • Perte de conscience
  • Faiblesse musculaire
  • Somnolence extrême
  • Douleur musculaire
  • Ongles bleutés dus à un manque d’oxygène dans le sang

femme prenant du diazépam

Pour conclure, nous pensons qu’une large partie de la population qui reçoit un traitement contre l’anxiété prend généralement du diazépam pendant de longues périodes, ce qui entraîne souvent une dépendance et une tolérance au médicament. Cela signifie que nous aurons peu à peu besoin de doses plus importantes pour obtenir le même effet, portant ainsi préjudice à notre santé.

Les médicaments psychotropes, bien que valables dans de nombreux cas, ne sont pas toujours une réponse ou une réponse complète à nos trous noirs. La chimie engourdit, détend et atténue les soucis, mais elle ne résout guère les problèmes. C’est comme utiliser des béquilles alors qu’on nous a tiré dans la jambe : les béquilles nous permettent de marcher, mais une fois que nous les laissons, si aucun autre type d’intervention n’a lieu, nous ne parviendrons pas continuer.

Par conséquent, utilisons les béquilles sans pour autant renoncer à l’opération (traitement psychologique). Faisons de la place pour une approche psychologique et donnons l’opportunité à notre corps et à notre santé de ne pas devenir dépendant.

Références bibliographiques

-Andrés-Trelles, F. (1993)  Médicaments utilisés pour l’anxiété : benzodiazépines et autres anxiolytiques. Madrid : MacGraw Hill Interamericana.

-Hardman JG, Goodman LS, Gilman A. (1996)  Les bases pharmacologiques de la thérapeutique. Vol I. I. 385-398. Madrid : MacGraw-Hill Interamericana.

-Robert Whitaker, (2015) Anatomie d’une épidémie, Madrid : Captain Swing

-Sophie Billioti,  Yola Moride Thierry Ducruet (09-09-2014) Benzodiazépine utilisation et risque dans la maladie d’Alzheimer : étude de cas. British Medical Journal, 349, p. 205-206


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