Dépression : quand l’obscurité déteint sur nous

· 3 octobre 2016

La dépression est une douleur qui nous tenaille et qui devient notre ombre. Elle trouve souvent son origine dans une amitié dangereuse : l’anxiété. Cela provoque chez nous une peur de ressentir et cela assombrit nos émotions. Elle génère des pensées nocives pour nous-mêmes et nuit ainsi à notre façon de nous concevoir, en entaillant l’estime que nous avions pour nous.

C’est important car l’affection que nous exprimons dépend beaucoup de ce que nous disons et de la façon dont nous nous comportons. C’est-à-dire que nos pensées, nos sentiments et nos actions s’en trouvent affectés de sorte qu’ils dictent notre état général.

Comme nous allons le voir, il est commun de ne pas maintenir à tout moment un cercle salutaire. De plus, il faut souligner que le fait de posséder un modèle de pensées, de sentiments et de comportements nocifs n’a pas pour seule conséquence d’être diagnostiqué comme anxieux-se ou dépressif-ve, mais que l’éventail est très large et bigarré. Voilà pourquoi la métaphore que nous allons voir ensuite est utile pour tout le monde, que nous souffrions ou non de ces problèmes émotionnels.

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La métaphore du bus

Il y a une métaphore très utilisée dans les thérapies contextuelles qui nous aide à comprendre l’importance du triangle de la personnalité formé par nos pensées, nos sentiments et nos comportements. Développons-la et prêtons-y attention :

“Imaginez que vous êtes le/la conducteur-trice d’un bus avec de nombreux-ses passager-ère-s à l’intérieur. Les passager-ère-s sont des pensées, des sentiments, des souvenirs et toutes ces choses que l’on a au cours de sa vie. C’est un bus avec une seule porte d’entrée, et qui ne sert qu’à entrer. Quelques-un-e-s des passager-ère-s sont très désagréables et ont une apparence dangereuse.

Alors que vous êtes en train de conduire le bus, des passager-ère-s commencent à vous menacer en vous disant ce que vous devez faire, où vous devez aller. “Maintenant, tourne à droite”, “Va plus vite”, etc. Iels vont même jusqu’à vous insulter et à vous décourager : “Tu conduis mal, tu es un moins que rien. Personne ne t’aime…” Vous vous sentez très mal et vous faites presque tout ce qu’iels vous demandent pour que’iels se taisent, retournent dans le fond du bus pendant un moment et vous laissent conduire tranquillement.

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Mais certains jours, leurs menaces vont fatiguent, et vous voulez les faire sortir du bus. Mais vous ne pouvez pas, vous vous disputez et vous les affrontez. Sans vous en rendre compte, la première chose que vous avez faite a été de vous arrêter. Vous avez arrêté de conduire, et à présent, vous n’allez plus nulle part. Et en plus, les passager-ère-s sont très fort-e-s, iels résistent, et vous ne pouvez pas les faire sortir du bus. Alors, résigné-e, vous retournez à votre siège et vous allez là où on vous le demande pour les calmer.

De cette manière, pour ne pas qu’iels vous dérangent et pour ne pas vous sentir mal, vous commencez à faire tout ce qu’iels vous disent et à diriger le bus où on vous le demande pour ne plus avoir à parler avec elleux ou à les voir. Vous faites ce qu’iels demandent, et vous anticipez à chaque fois, en pensant les faire sortir de votre vie. Rapidement, presque sans vous en rendre compte, iels n’auront même plus à vous dire : “Tourne à gauche”, car vous tournerez à gauche pour éviter que les passager-ère-s se jettent sur vous et vous menacent.

Ainsi, sans trop tarder, vous commencerez à justifier leurs décisions en croyant presque qu’iels ne sont plus dans le bus et en vous persuadant que vous conduisez le bus dans la seule direction possible. Le pouvoir de ces passager-ère-s repose sur des menaces du genre : “Si tu ne fais pas ce qu’on te dit, on apparaîtra, tu seras obligé-e de nous regarder et tu te sentiras mal.” Mais c’est tout ce qu’iels peuvent faire.

C’est vrai que quand ces passager-ère-s, ces pensées et ces sentiments très négatifs apparaissent, iels semblent pouvoir nous faire beaucoup de mal. Et c’est pour ça que vous acceptez ce traitement et que vous faites ce qu’iels disent pour qu’iels vous laissent tranquille et qu’iels descendent enfin du bus, pour que ne plus les voir.

En tentant de garder le contrôle sur les passager-ère-s, en réalité, vous avez perdu la direction du bus ! Iels ne tournent pas le volant, iels n’appuient pas sur l’accélérateur ou le frein, et iels ne décident pas où s’arrêter. Le/La conducteur-trice, c’est vous. Ne laissez pas vos passager-ère-s décider pour vous.”

Des dessins qui illustrent la difficulté de leur résister

Les problèmes d’anxiété et de dépression sont partagés par des millions de personnes à travers le monde. Malgré cela, nous butons souvent contre une grande incompréhension et un énorme tabou autour de cela et des personnes qui en souffrent.

C’est pourquoi l’artiste Nick Selçuk traite dans une série de dessins humoristiques de la difficulté de lutter contre ces pathologies. Il aborde ainsi de manière simple la sombre réalité vécue par une personne souffrant de problèmes à la fois d’anxiété et de dépression. Ce dessinateur essaie ainsi de surmonter et de comprendre le problème par ses dessins et cela peut s’avérer positif pour certaines personnes.

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Il est certain que souffrir de ces problèmes n’est pas une partie de plaisir. Ce n’est pas non plus un choix ou un signe de faiblesse. Alors nous devons toujours partir du principe que la dépression et l’anxiété :

  • Ne nous définissent pas.
  • Ne doivent pas être considérées comme des défauts.
  • Doivent être vues à partir du lien que nous établissons avec ces affectations.
Nous devons arrêter de concevoir les gens qui ont des troubles de l’anxiété et de la dépression comme des individus faibles et cesser de penser que nous sommes coupables.

Il est important que nous en prenions conscience et que nous regardions autour de nous. Les personnes qui souffrent de ces problèmes ont besoin d’affection et de compréhension, ainsi que de l’opportunité de recourir à un-e professionnel-le et de contrôler ainsi avec cohérence les dysfonctionnements émotionnels dont elles sont prisonnières.