Connaissez-vous les dimensions culturelles de Hofstede et leur influence sur la société ?

24 février 2018 dans Autres 0 Partagés
dimensions culturelles

Toutes les sociétés partagent des normes, des valeurs et des symboles qui diffèrent dans d’autres sociétés. C’est pourquoi nous disons que ces sociétés possèdent des cultures différentes. Parmi les études des différences culturelles, il est essentiel de nommer Hofstede. Ce chercheur est l’auteur du modèle des cinq dimensions culturelles.

Hofstede a montré que les personnes partagent des caractéristiques au niveau régional et national. Ces caractéristiques affectent leur comportement et se maintiennent dans le temps. Il s’agit de modèles culturels, de dimensions culturelles.

Ces dimensions sont : la distance par rapport au pouvoir, l’individualisme contre le collectivisme, la masculinité contre la féminité, l’évitement de l’incertitude, et l’orientation à court terme contre l’orientation à long terme. Toutes les dimensions culturelles ont deux pôles. Les sociétés peuvent plus ou moins mettre l’accent sur chacune d’entre elles, de sorte que leurs caractéristiques seront différentes ainsi que leur comportement.

Distance par rapport au pouvoir

La distance par rapport au pouvoir est la manière dont une société accepte le pouvoir à travers les différentes institutions et organisations. Les pays qui ont une faible distance par rapport au pouvoir sont caractérisés par le fait de favoriser les organisations décentralisées, alors que les pays possédant une distance élevée par rapport au pouvoir préfèrent une autorité centralisée. Cette dimension exprime le degré auquel les membres les moins puissants d’une société acceptent et attendent que le pouvoir soit distribué de manière inégale. Le problème fondamental ici est de savoir comment une société gère les inégalités entre les personnes.

Les personnes qui vivent dans des sociétés présentant un haut degré de pouvoir acceptent un ordre hiérarchique dans lequel chacun trouve sa place sans qu’il soit nécessaire d’apporter une quelconque justification. Dans les sociétés où la distance par rapport au pouvoir est faible, les personnes s’efforcent d’égaliser la distribution du pouvoir et exigent la justification des inégalités de pouvoir. Certains pays présentant un degré élevé de distance par rapport au pouvoir sont la Malaisie, le Guatemala et le Panama. A l’opposé nous trouvons l’Autriche, Israël et le Danemark.

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Individualisme vs collectivisme

Dans cette dimension, l’individualisme peut être définie comme une préférence pour un cadre social non structuré, là où il est attendu que les personnes ne se soucient que d’elles-mêmes et leur famille proche. Le collectivisme quant à lui représente une préférence pour un cadre très uni à la société, dans lequel les individus peuvent attendre que leurs parents ou les membres d’un groupe particulier prennent soin d’eux en échange d’une loyauté inconditionnelle. Ces différences se reflètent selon que l’image de soi des personnes se définisse en termes de « moi » ou de « nous ».

En fin de compte, l’individualisme et le collectivisme sont l’une des dimensions culturelles dans lesquelles il est fait référence au degré dans lequel les citoyens valorisent l’autonomie et l’engagement envers les règles de la société et la loyauté envers un groupe auquel appartient l’individu. Les individualistes veillent sur leurs nécessités, valorisent le succès personnel et font prévaloir leurs intérêts personnels.

Les collectivistes quant à eux partagent le sentiment d’appartenance à un groupe ; par ailleurs, les intérêts collectifs sont pour eux plus importants que les intérêts personnels, la hiérarchie et les relations avec les autres individus sont importantes. Selon les études réalisées dans ce sens, les pays les plus individualistes sont les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni, et les pays les plus collectivistes seraient le Guatemala, l’Équateur et le Panama.

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Masculinité vs féminité

La masculinité, dans cette dimension, représente une préférence dans la société pour les résultats, l’héroïsme, l’affirmation de soi et les récompenses matérielles inhérentes au succès. La société est ici généralement compétitive. Son contraire, la féminité, intègre la préférence pour la coopération, la modestie, le soin des faibles et la qualité de vie. La société est ici généralement orientée vers le consensus. Compte tenu des implications de ces termes, nous parlons parfois de cultures dures contre cultures douces.

Le terme « masculinité » est créé pour une société dans laquelle les rôles de genres sociaux sont clairement différents : les hommes doivent être assertifs, durs et axés sur le succès matériel ; les femmes doivent être modestes, sensibles et soucieuses de la qualité de vie. Le terme « féminité » est créé pour une société dans laquelle les rôles de genre sociaux se chevauchent. Les hommes et les femmes sont modestes, tendres et soucieux de la qualité de la vie. Les pays présentant le plus de masculinité sont le Japon, la Hongrie et l’Autriche ; et ceux avec plus de féminité sont la Suède, la Norvège et la Hollande.

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L’évitement de l’incertitude

La dimension d’évitement de l’incertitude exprime le degré auquel les membres d’une société se sentent mal à l’aise face à l’incertitude et l’ambiguïté. Le problème fondamental ici est de savoir comment une société fait face au fait que l’avenir ne peut jamais être connu. Devrions-nous essayer de contrôler l’avenir ou tout simplement le laisser passer ?

Les pays qui tendent à éviter une forte incertitude maintiennent des codes de croyances et des comportements rigides. Ces sociétés ne tolèrent pas les comportements et les idées hétérodoxes. Au contraire, les sociétés qui tendent faiblement à éviter l’incertitude maintiennent une attitude plus détendue dans laquelle la pratique compte davantage que les principes.

Par exemple, un score faible dans cette dimension montre que la population dudit pays est entrepreneuriale, plus encline à prendre des risques et moins indépendante. Contrairement aux cultures qui présentent un taux élevé d’évitement à l’incertitude, qui aiment la stabilité, les règles et les normes sociales, faisant qu’elles tendent à éviter les risques autant que possible (assumant par la même un autre risque indirect : celui d’un progrès plus lent). Les pays qui évitent le plus l’incertitude sont la Grèce, le Portugal et le Guatemala, et ceux qui ont le plus faible taux sont Singapour, la Jamaïque et le Danemark.

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Orientation à long terme vs orientation à court terme

Chaque société doit maintenir des liens avec son propre passé tout en faisant face aux défis du présent et de l’avenir. En général, les sociétés hiérarchisent de manière différente ces deux objectifs existentiels. Les sociétés à orientation à court terme préfèrent maintenir des traditions et des normes bien établies, tout en considérant le changement social avec suspicion. Par ailleurs, les sociétés qui ont une culture orientée vers le long terme adoptent une approche plus pratique, encouragent l’épargne et considèrent les efforts dans l’éducation moderne comme un moyen de préparer l’avenir.

L’orientation à long terme se concentre sur des vertus axées sur les récompenses à venir. Être prêt à retarder le succès social à court terme ou même la gratification émotionnelle à court terme pour préparer l’avenir. Si nous possédons cette perspective culturelle, nous apprécions alors la persistance, la persévérance, l’épargne et la capacité d’adaptation.

L’orientation à court terme se concentre sur le présent ou le passé, lesquels sont considérés comme plus important que le futur. Si une société présente une orientation à court terme, la tradition, la hiérarchie sociale actuelle et l’accomplissement des obligations sociales y seront appréciées. Une gratification plus immédiate importe davantage que la satisfaction à long terme. Les pays présentant une orientation à long terme sont la Chine, Hong Kong et Taiwan ; ceux présentant une orientation à court terme sont le Venezuela, l’Uruguay et les Émirats arabes unis.

Afin de connaître le score de votre pays, Hofstede a créé cette page (en anglais) où vous pouvez vérifier et comparer avec celui d’autres pays. Bien qu’un pays obtienne un score élevé dans certaines dimensions culturelles, cela ne signifie pas pour autant que tous les citoyens y sont représentés. Ces caractéristiques sont plus uniformes dans les petites sociétés qui partagent des croyances. C’est pourquoi ces dimensions culturelles s’appliquent aux sociétés, aux grands groupes, sans perdre de vue qu’au niveau individuel, chaque personne, indépendamment de son groupe d’appartenance, peut présenter des scores différents face à ces dimensions.


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