Clever Hans, le cheval qui faisait des opérations

18 décembre, 2020
L'histoire de Clever Hans est celle d'un cheval considéré surdoué au début du XXè siècle. Apparemment, ce cheval avait une mémoire et une intelligence prodigieuses. L'étude de son cas a permis de découvrir un biais dans la recherche scientifique. Sachez-en plus ici !

Clever Hans, qui signifie « Hans le malin », est le nom d’un célèbre cheval qui impressionna la société allemande au début du 20e siècle. Cet animal réalisa un grand nombre de présentations publiques dans lesquelles il devait résoudre des opérations mathématiques, ainsi que d’autres types de calculs. Il ne se trompait jamais.

La renommée de Clever Hans se répandit hors des frontières de l’Allemagne. De nombreux articles ont été écrits à son sujet aux quatre coins de la planète. Ce cheval fascinait en effet tout le monde. Il répondait aux questions en levant la patte et en frappant le sol.

Le cheval devint si populaire que plusieurs chansons vinrent lui rendre hommage. Des jouets le représentant furent également fabriqués. Clever Hans devint donc un héros pour les enfants. Une liqueur fut fabriquée à son nom et, suite au « déchiffrage » de sa complexe histoire, il existe aujourd’hui un biais connu sous le nom d’effet Clever Hans.

« Une subtile pensée erronée peut conduire à une enquête fructueuse qui révèle de précieuses vérités ».

-Isaac Asimov-

Clever Hans, le cheval qui faisait des mathématiques.

L’origine de l’histoire de Clever Hans

Tout commença à l’été 1904, dans une petite maison de campagne située au nord de Berlin (Allemagne). Une rumeur commença à se répandre selon laquelle un homme du nom de Wilhelm von Osten, professeur à la retraite, avait un cheval plus intelligent que de nombreux humains.

Pour le prouver, il donnait périodiquement une représentation dans laquelle le cheval, en plus de trotter avec grande grâce, faisait également des calculs. Il comptait par ailleurs les personnes, donnait l’heure et connaissait le calendrier annuel.

Des centaines de personnes témoignèrent des compétences de Clever Hans, le cheval intelligent. Ne pouvant pas parler, il répondait aux questions en tapant le sol avec sa patte ou en inclinant ou en secouant la tête d’un côté à l’autre.

Lorsqu’ils demandèrent à son propriétaire quelle était l’origine des capacités du cheval, ce dernier répondit en disant qu’il l’éleva comme l’un de ses élèves. Il lui donna des cours avec un tableau noir et il lui apprit à compter avec un boulier. De plus, il l’instruisait à la musique avec un harmonica.

Un soupçon qui grandissait

Alors que les gens accordaient du crédit au vieux maître, certains scientifiques ne croyaient pas tout à fait à l’intelligence remarquable de Clever Hans. L’animal suscita un tel intérêt qu’une commission d’enseignants de l’Université de Berlin fut crée pour étudier le phénomène : la Commission Hans.

Les experts se rendirent jusqu’à la maison de campagne et furent témoins des capacités de l’animal. Ils signèrent ensuite une lettre, comprenant 13 rubriques, attestant des compétences du cheval et certifiant que l’enseignant ne lui donnait aucune indication particulière pouvant le soupçonner de tricherie.

Wilhelm von Osten leur dit avoir utilisé une méthode d’enseignement empruntée à un petit groupe ethnique nomade, appelé les Khoikhoi, qui vivait en Afrique. Tout le monde s’émerveilla. Un expert pédagogue alla même jusqu’à dire que le bon Clever Hans avait l’intelligence d’un enfant de 13 ou 14 ans.

Clever Hans, le cheval qui faisait des mathématiques.

Une enquête en profondeur

Le psychologue Carl Stumpf décida que le phénomène valait la peine d’être étudié scientifiquement. Il chargea donc son élève Oskar Pfungst d’examiner en profondeur les capacités du cheval.

L’élève fit personnellement les tests et, presque par accident, remarqua que s’il regardait les chiffres, Clever devinait. Mais s’il ne les connaissait pas, le cheval ne donnait pas la bonne réponse. De même, lorsqu’il lui chuchotait la somme à l’oreille, le cheval ne parvenait pas à faire l’opération.

Pfungst soupçonnait que Clever Hans captait un signal de l’environnement et parvenait ainsi aux bonnes réponses dans les opérations mathématiquesL’étudiant découvrit alors que Hans était capable de « lire » l’attitude des humains et parvenait ainsi à deviner.

Les interrogateurs émettaient en effet de petits signaux corporels. Ils regardaient ses pattes lorsqu’ils espéraient qu’il commence à compter, puis inclinaient le corps lorsqu’il arrivait à la bonne réponse. La posture et l’expression de l’interrogateur changeait. C’est ainsi que le cheval savait qu’il s’agissait du signal pour arrêter de frapper le sol.

Il s’agissait en fait d’un cas de conditionnement. Il révéla également comment la présence du chercheur peut conditionner les réponses de l’intéressé. Nous connaissons aujourd’hui ce biais dans l’expérimentation sous le nom d’effet Clever Hans, en mémoire de ce bel animal.

LA COMUNICACION, N. V. (1980). al campo de la comunicación no verbal. La inteligencia de Hans no residia en su capacidad para verbalizar o comprender.