Cette impression, celle que personne ne vous aime vraiment

· 17 novembre 2017

Nous avons tou-te-s besoin de nous sentir aimé-e-s. C’est quasiment aussi important que de manger ou de dormir : il s’agit d’un besoin fondamental. Lorsque vous sentez que personne ne vous aime pas vraiment, que vous avez peu d’importance à ses yeux, c’est comme si elle vous privait de nourriture pour vivre. La survie physique dépend de la nourriture, du sommeil et de la survie émotionnelle de l’affection.

La sensation que personne ne vous aime vraiment a différentes origines. En principe, c’est une vérité qui protège tous les êtres humains. Personne ne nous aime de façon parfaite. Même les amours les plus profondes et les plus sincères, comme celui d’une mère, sont imparfaites et incomplètes.

« S’il ne se casse pas, comment ton cœur s’ouvrira-t-il ? »

-Khalil Gibran-

Si vous sur-idéalisez l’amour, vous pourriez arriver à la conclusion que personne ne vous aime vraiment, parce que les gens ne sont pas prêts à donner leur vie pour vous. Ou parce qu’ils vous font défaut en n’étant pas continuellement là lorsque vous en avez besoin. Celleux qui aiment à partir de privation affective exigent d’avantage d’amour que les autres ne peuvent leur donner. Et parce que leurs attentes sont aussi élevées elles ne sont pas satisfaites, engendrant de constantes déceptions.

Il peut y avoir des moments où vous sentez que personne ne vous aime vraiment parce que, tout simplement, vous ne pouvez pas construire de véritables liens affectifs avec les autres. Peut-être vous êtes-vous caché-e sous votre peau pour vous isoler. Peut-être ignorez-vous comment construire et maintenir des liens d’affection. De ce fait, vous vous sentez pris-e au piège dans une solitude qui fait mal, dans une désaffection qui fait mal.

enfant entouré de feuilles

Personne ne t’aime, et toi non plus?

Il arrive souvent, lorsque vous sentez que personne ne vous aime, que vous soyez inclus-es dans ce «personne». Il est relativement facile pour quelqu’un de se rendre compte que son estime personnelle au niveau des pâquerettes. Il est également facile de dire : « Eh bien, maintenant il s’agit juste de m’aimer davantage ». La chose est difficile à concrétiser.

Disons-le : ce n’est pas qu’on ne veuille pas s’aimer soi-même, mais on ne trouve pas le moyen de le faire. Le manque d’estime de soi n’est pas né de nulle part. Derrière, il y a souvent toute une histoire de désaffection, parfois d’abandon ou d’agression violente.

L’une des raisons les plus probables peuvent être derrière le sentiment de manque d’affection est que, pendant les premières années de notre vie, on nous a donné de faux arguments, souvent travestis de naïveté, pour qui n’en font pas montre. D’une manière ou d’une autre, on nous a transmis l’idée que nous n’en valions pas la peine. Que nous n’étions pas assez dignes d’amour.

Nous y avons cru parce que, très certainement, celle qui nous a amené à penser cela était une personne aimée, voire admirée. Il est très possible que nous ayons commencé notre vie en aimant sans être aimé-e. Énonçant un « pourquoi » pour lequel il n’y avait pas de réponses. Il est même possible que nous ayons appris à ne pas nous aimer, juste pour faire plaisir à un père, à une mère ou à une personne aimée qui attendait ça de nous car vivant dans l’égarement.

Aidons-nous les autres pour qu’iels ne nous aiment pas ?

Il est vrai que nous sommes parfois dans des conditions de privation affective. Ou en d’autres termes, en manque d’affection. Nous pouvons même arriver à la conclusion que nous ne voulons pas vivre comme cela, mais il n’est pas facile de dénouer le nœud qui nous lie à cette condition. À ce stade, il vaut la peine de poser la question du sous-titre : aidons-nous les autres à nous aimer ?

couple jeune assis dans rue

Bien que le sentiment que personne ne vous aime vraiment soit très profond, la sortie de ce puits peut ne pas être bien loin. Parfois, il s’agit simplement de pardonner à celleux qui ne nous ont pas aim-e-és, pour leurs limites émotionnelles. Admettre que leur désaffection avait beaucoup plus à voir avec elleux-mêmes qu’avec nous.

Cela implique aussi de nous pardonner, car, en vérité, nous n’avons pas fait ou nous avons arrêté de faire quelque chose pour nous rendre digne de ce manque d’amour. Comprendre qu’il n’y a rien de mal en nous et que tout sentiment de culpabilité, avec sa punition conséquente, n’a aucune raison d’être.

La sortie…

Il est important de nous demander si nous savons aimer les autres. Si notre concept de l’amour a suffisamment évolué pour comprendre que donner de l’affection n’est pas de se sacrifier arbitrairement pour les autres. Ou soyez extrêmement attentif-ve quand il s’agit de répondre à vos besoins.

Parfois nous nous montrons désespérément en besoin d’affection et cela effraie, repousse. C’est une confession signée que nous ne nous aimons pas et que nous avons besoin de cette autre personne pour nous sentir apprécié-e-s pour nous-mêmes. Sur ce point, personne ne veut porter une telle responsabilité, et il n’a pas à le faire.

couple promenant dans un champ fleuri

Nous n’avons peut-être pas non plus développé suffisamment de compétences sociales. Nous pouvons toujours apprendre à communiquer avec les autres de manière plus fluide et spontanée. Cela s’apprend, se pratique et s’entretient. Par la suite, ça fonctionne. C’est le premier pas à faire pour franchir cette barrière qui nous sépare des autres. Peut-être, alors, après avoir ouvert les vannes, apprendrons-nous à avancer dans cette extraordinaire aventure d’affection mutuelle.