Pourquoi certaines personnes aiment les films d’horreur ?

· 15 janvier 2017

Comment se fait-il que l’être humain puisse aimer avoir peur ? Comme l’a dit Arthur Westermayr, célèbre chercheur et psychologue, « depuis aussi longtemps que la pensée humaine existe, la peur est considérée avec mépris ». Si cette affirmation est vraie, alors pourquoi autant de gens aiment avoir peur ?

Peut-être n’y a-t-il pas de véritable réponse, et ne peut-on pas vraiment savoir pourquoi tant de personnes éprouvent du plaisir lorsqu’elles ont peur. Cependant, dans cet article, nous allons tout de même tenter de déterminer l’origine de cette émotion particulière, souvent ennemie et parfois nécessaire.

Le plaisir de la peur contrôlée

Tout d’abord, intéressons-nous au témoignage de la sociologue Margee Kerr, qui travaille également dans une attraction appelée la Maison de la Terreur à Pittsburgh, aux Etats-Unis. Selon elle, le secret, c’est le contrôle.

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Mais à quoi Kerr fait-elle référence lorsqu’elle parle de contrôle ? La réponse est simple : tant que le cerveau humain vit la peur dans un environnement exempt de tout danger, la réaction physiologique peut être vraiment amusante, d’où le plaisir que l’on peut ressentir dans ce genre de situations.


« Dans la vie, il n’y a rien à craindre ; il n’y a que des choses à comprendre. »

-Marie Curie-


D’autre part, Kerr ajoute que le fait de surmonter une situation ayant supposé un grand stress pour notre cerveau donne lieu à un gain de confiance en soi ainsi qu’à une sensation positive enviable ; un cocktail d’émotions qui permet à notre cerveau de tirer profit de faits a priori négatifs.

La peur, qu’est-ce donc en réalité ?

Sait-on vraiment ce qu’est la peur ? Un courant psychologique communément accepté explique qu’il s’agit d’une série d’émotions liées à un processus psychologique signalant de possibles dangers, du stress, ainsi que des situations particulièrement négatives.

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En réalité, il s’agit d’une série de systèmes qui s’activent aux niveaux physiologique et comportemental en un sens concret après avoir rapidement évalué une situation singulière comme menaçante. A première vue, notre cerveau est déjà conscient du type de peur qui s’est réveillée en nous.

Evidemment, si notre cerveau interprète le type de peur auquel nous faisons face comme une situation contrôlée, cela peut nous être profitable. Autrement dit, une situation contrôlée, ce peut être un film d’horreur, une attraction dans une fête foraine, une fête telle qu’Halloween, etc.

Or, si votre cerveau détecte une crainte qu’il n’assimile pas à une situation contrôlée, comme par exemple la mort d’un être cher, une attaque, etc, soyez sûr que vous ne tirerez aucun profit de la situation, et que la peur réelle et incontrôlée pourra s’emparer de votre esprit ainsi que de votre corps.

Se conditionner à avoir peur

Peut-on conditionner une personne à avoir peur ? Si on se fie à l’expérience « Conditionned Emotional Reactions » réalisée en 1920 par Rosalie Rayner, on peut dire que oui.

Dans le cadre de cette expérience, les chercheurs ont créé une phobie chez un enfant d’environ neuf mois. L’étude qu’ils ont publiée décrit pas à pas le processus par le biais duquel ils ont conditionné la peur. A notre époque, une telle expérience ne serait pas acceptée, car on n’a pas le droit de conditionner la peur chez quelqu’un, et encore moins chez une personne mineure.

Autrement dit, nos cerveaux peuvent être parfaitement conditionnés à avoir peur face à une stimulation qu’ils considèrent comme précurseur d’une situation menaçante. Encore une fois, la peur, lorsqu’elle se présente dans un contexte de contrôle, est tout à fait gratifiante pour de nombreuses personnes.

Réactions psychologiques face à la peur 

Les réactions positives ou négatives que l’on peut avoir face à la peur sont comprises à partir des réactions psychologiques qui se produisent dans notre cerveau. Selon les stimulations reçues, on sera plus ou moins capable d’interpréter et de comprendre cette émotion.

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Dans notre système limbique, au niveau de notre lobule temporel, se trouve l’amygdale. Cette structure sous-corticale est chargée de déterminer s’il s’agit d’une « peur-plaisir » ou d’une « peur-réelle ».

Face à une situation provoquant la peur, on peut réagir de différentes façons ; courir, attaquer, fuir…quoi qu’il en soit, notre corps réagira en libérant de l’adrénaline et en élevant le niveau de cortisol et de sucre dans le sang.

Cette énorme décharge de notre organisme, est-elle positive ? En réalité, si vous êtes dans un environnement contrôlé et que votre esprit sait de source sûre qu’il n’y a aucun danger, une sensation de plaisir parcourra votre corps, qui consumera alors les substances qu’il a libérées sans l’interférence d’aucune menace réelle.


« La peur, c’est cette petite chambre obscure où les choses négatives sont révélées. »

-Michael Pritchard-


Si tout est sous contrôle, le plaisir de la peur peut être un outil supplémentaire pouvant vous permettre d’être de meilleure humeur, une façon de faire un caprice à votre cerveau afin qu’il donne un banquet de substances agréables sans que rien ni personne ne l’en empêche. Evidemment, le plaisir est là, si tant est que le lion n’apparaisse pas pour de bon.