La bonté prend soin de notre cerveau

· 18 septembre 2017

Il n’est pas facile de définir ce qu’est la bonté. Ce mot a un lien avec l’empathie et avec la solidarité, mais il ne se limite pas à cela. Ce n’est pas seulement une caractéristique, c’est aussi une valeur humaineCela veut dire que c’est bien plus qu’une faculté, car elle est enrichie par une décision éthique.

La bonté est définie, dans le dictionnaire, comme une inclination à faire le bien. Le problème est que « le bien » est un concept relatif. Une acception plus précise consisterait à dire que la bonté est la capacité à sentir de la compassion. En d’autres termes, ressentir la souffrance des autres comme si elle était nôtre et s’efforcer d’y remédier.


« C’est en recherchant le bien de nos semblables que nous trouvons le nôtre. »

-Platon-


Cette belle vertu ne s’applique pas seulement aux autres êtres humains. La bonté s’exprime aussi face à tous les êtres vivants. Elle serait même applicable à ce qui ne vit pas, dans la mesure où elle implique une envie de préserver ce qui est. Il y a de la bonté, par conséquent, devant une peinture, ou une pierre qui se trouve au milieu d’un chemin.

La bonté est une vertu supérieure car elle implique beaucoup d’autres vertus. L’amour, le respect, la fraternité, la générosité et beaucoup d’autres s’y mêlent. Elle suppose ainsi une évolution spirituelle et mentale importante. Grâce à diverses études, on a aussi pu vérifier qu’il s’agit d’une faculté qui se trouve dans le cerveau et qui constitue la base d’une qualité de vie significative.

L’aire cérébrale de la bonté

Un groupe de scientifiques de l’Université d’Oxford et de l’University College de Londres ont identifié une aire du cerveau qui semble être reliée à la bonté. L’équipe, dirigée par le docteur Patricia Lockwood, a travaillé avec un groupe de volontaires. On leur a demandé de découvrir les symboles qui leur étaient bénéfiques et ceux qui étaient bénéfiques à d’autres personnes.

cerveau fleuri

Pendant que les volontaires effectuaient ce travail, leurs cerveaux étaient contrôlés à travers des résonances magnétiques. L’expérience menait les sujets étudiés à examiner et estimer la façon dont les symboles pouvaient aider d’autres personnes. Ils devaient toujours déterminer si chaque symbole leur était utile personnellement ou s’il était aussi utile à d’autres.

Lorsque chaque volontaire découvrait la manière dont le symbole aidait les autres, seule une aire du cerveau s’activait. Cette zone s’appelle le « cortex cingulaire antérieur ». Bien sûr, la bonté n’est pas seulement une question de fonctionnement cérébral. Souvenons-nous que ce merveilleux organe a une plasticité énorme et que ce sont les expériences et les comportements qui confirment peu à peu son fonctionnement.

La bonté soigne le cerveau

Le neuropsychologue Richard Davidson a mené une recherche à l’Université du Wisconsin, juste après avoir réalisé un voyage en Inde. En 1992, il rencontra le Dalaï- lama, qui lui posa une question. Elle le marqua pour toujours. Il lui demanda : « J’admire votre travail, mais je considère que vous êtes trop centré sur le stress, l’anxiété et la dépression. N’avez-vous jamais songé à centrer vos études neuro-scientifiques sur l’amabilité, la tendresse et la compassion ? ».

la bonté d'un enfant envers un hérisson

Richard Davidson a réalisé diverses études autour de cette question. Il a découvert, par exemple, que certaines structures du cerveau peuvent changer en deux heures seulement. Un esprit calme produit un bien-être globalEt pour avoir un esprit calme, il faut à peine deux heures de méditation. Cela a été mesuré scientifiquement dans son laboratoire.

Il a par ailleurs trouvé que les circuits neuronales de l’empathie ne sont pas les mêmes que ceux de la compassion. Pour arriver à la compassion, une autre forme de bonté, il faut passer par le chemin de la sensibilité, de la sympathie et de l’empathie. La compassion se situerait à un niveau supérieur. Il s’agit d’un point plus élevé dans la capacité de percevoir, de sentir et de comprendre la souffrance de l’autre. Elle suppose un appel à l’action face à la douleur d’autres personnes.

Davidson a également découvert que l’amabilité et la tendresse font augmenter le bien-être dans différents domaines de la vie. Dans une étude réalisée avec des enfants et des adolescent-e-s, plusieurs changements cérébraux ont été remarqués quand on leur apprenait à faire preuve de plus de compassion et de tendresse. Tou-te-s présentaient de meilleurs résultats à l’école et avaient une meilleure santé. La capacité à être compatissant-e peut donc être entraînée. La bonté est le résultat d’un profond travail intérieur.

rosée en fleurs