Avons-nous tous un côté sombre ?

· 30 mai 2015

Si pour sauver un de vos proches vous deviez accepter qu’on lui greffe le coeur d’un tueur en série, accepteriez-vous ? Avant de répondre, réfléchissez… Peut-on vraiment dire qu’un tueur en série a-t-il « un coeur » ?

Dans tous les cas, d’un point de vue médical et scientifique cela est impossible puisque les dons d’organes se font de manière anonyme et que ni le nom du donneur, ni le nom du receveur ne sont donnés aux familles.

La question que nous devrions nous poser serait plutôt : qu’est-ce qui pousse une personne à s’en prendre froidement à quelqu’un, pour le simple « plaisir » de tuer ?

Sommes-nous le produit du mal ?

Selon le catharisme (mouvement religieux apparu au XIIème siècle, répandu principalement dans le Sud de la France et inspiré d’anciennes croyances païennes orientales s’appuyant sur la doctrine du Bien et du Mal), l’Homme est le produit du Mal.

Les croyants se fondaient tellement sur cette doctrine qu’ils condamnaient même la procréation car ils pensaient qu’avoir des enfants ne ferait qu’engendrer encore plus de Mal.

On pourrait penser qu’il est sordide de dire que l’Homme est le produit du Mal. Cependant, il suffit malheureusement de regarder par la fenêtre, de lire les journaux ou d’écouter la radio pour constater que l’Homme est bien capable d’actes mauvais.

Ce qui démontre donc que l’humanité a une prédisposition au Mal et que si nous nous laissions guider par notre instinct, les conséquences seraient catastrophiques.

La société permet de calmer nos instincts agressifs

Que cela nous plaise ou non, la société est une entité constituée de chacun d’entre nous. Cette société fonctionne comme une sorte de mécanisme qui a besoin de suivre des règles pour fonctionner.

Par exemple, nous dépendons du comportement de notre voisin et de sa façon de vivre. S’il ne met pas la musique trop fort le soir, alors il n’y aura pas de conflits.

Mon collègue dépend de ma bonne humeur au travail. Ainsi, je ne chamboule pas son taux de testostérone et rien de futile n’affectera le reste de sa journée. Au contraire, si la journée se passe mal, il m’insulte, je le raconte aux autres, la nouvelle se propage et une ambiance négative règne au travail.

Et si la sérotonine calme les pires pulsions, la testostérone peut pousser de nombreux hommes à commettre les pires actes jamais imaginés, et cela à partir d’une toute petite étincelle. Ne soyez pas cette étincelle !

Lutter contre notre monstre intérieur

Il est certain que jamais nous ne pourrons oublier que du sang coule dans nos veines et que, bien souvent, alors que tout va bien, il y a toujours quelqu’un pour jouer avec nos nerfs (une insulte un peu trop poussée, une atteinte à notre intégrité physique, etc) mais cela ne veut pas dire que ce sera toujours comme ca.

En effet, l’équilibre et la bonne harmonie de la société seront parfois altérés par notre faute (qu’on s’en rende compte ou non).

Selon une étude récente réalisée par l’Université de Beihang (Chine), la colère est l’émotion qui se répand le plus lorsqu’elle est exposée sur les réseaux sociaux, contrairement aux sms enjoués et gentils.

Raison de plus pour continuer de suivre l’exemple de notre voisin mais également pour se rappeler que notre instinct est guidé par notre pire ennemi : nous-même.

Lutter contre son « moi intérieur » est un travail à mener au quotidien. Par moment, vous vous sentirez écrasé par ce « moi intérieur » lorsqu’il montrera les crocs, fera ressortir sa colère, son sarcasme et son venin.

Cette lutte affectera non seulement votre relation avec les autres, mais également vos propres désirs d’être heureux et de vivre. Ce monstre en nous peut s’avérer terrible. Certaines personnes n’en n’ont même pas connaissance, mais si un jour il fait surface, il en terrorisera plus d’un.

Ainsi, les personnes qui connaissent leur « monstre intérieur » doivent être plus prudents, plus tolérants, plus calmes et parfois indulgents pour ne pas le réveiller et menacer la vie d’innocents sur leur passage.

Si seulement personne n’avait de monstre intérieur ! Cependant, le fait de cohabiter avec lui nous fait prendre conscience de qui nous sommes, de nos limites et de nos défauts, et curieusement de toutes les choses positives à partager.

Car même si selon Ernest Hemingway « C’est toujours dans l’innocence que le mal véritable prend sa source », Martin Luther King Jr. nous rappelle que « Pour résoudre les conflits humains, il faut exclure la vengeance, la violence et l’esprit de revanche. La solution est l’amour ».

Photo :  http://www.flickr.com/photos/nachx/