Apprendre à penser, c’est apprendre à être libre

· 21 janvier 2017

Albert Einstein, avec son habituel sens de l’humour et sa sournoiserie, disait que « vous ne comprenez pas vraiment quelque chose à moins que vous puissiez l’expliquer à votre grand-mère ». Si on écoute cette phrase très juste, il semble logique de croire qu’apprendre à penser pour comprendre comment fonctionne notre monde est une idée sensée.

Or, nous aimerions vous poser une question : apprendre à penser nous apprend-il vraiment à être plus libres ? Il semble que cette question n’ait pas de réponse simple, ou peut-être que si. Elle est peut-être si évidente et simple que nous ne sommes pas capables de l’accepter. Ou il est possible également que ce soit un thème exceptionnellement complexe. Étudions donc quelques détails importants.

Apprendre à penser

Le professeur Abilio de Gregorio, licencié en Sciences de l’Education et diplômé en Orientation Familiale, affirme que la réflexion doit être un acte discipliné. C’est en elle que doivent entrer en jeu la pensée et la volonté de penser.

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Pour De Gregorio, la volonté réflexive est essentielle dans tout processus éducatif, aussi bien de la part des éducateur-trice-s que des élèves elleux-mêmes. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de transmission de connaissances et de pédagogie utile si on n’ajoute pas aux matières une base de pensée et d’interprétation personnelle.

Cela veut dire que lorsque nous transmettons nos enseignements, coutumes, traditions et notre éducation à nos enfants, nous devons tout envelopper d’une pensée propre pour que celui/celle qui apprend interprète l’information et se l’approprie depuis son propre prisme de compréhension et de connaissance.


« La terre qui n’est pas labourée aura des chardons et des épines même si elle est fertile ; et la même chose se produit pour l’entendement humain »

-Thérèse d’Avila-


Qu’est-ce que la liberté

Une fois que nous avons établi l’importance d’apprendre à penser, nous devons confirmer si cette action est vraiment un obstacle à une plus grande liberté. C’est pour cela qu’il faut nécessairement savoir, avec exactitude, ce qu’est la liberté.

Le terme liberté a deux acceptions principales. D’un côté, ce serait le droit ou la faculté des personnes à choisir de manière responsable leur propre façon d’agir dans un environnement, un milieu ou une société.

En ce sens, on trouve des termes comme la liberté de culte, la liberté de conscience, la liberté d’opinion, la liberté de pensée, etc. C’est-à-dire tout ce que nous, les êtres humains, nous pouvons choisir de faire, toujours à travers notre faculté et notre droit.

Une autre définition intéressante pour le terme de liberté serait la condition ou l’état d’une personne qui est libre, car elle n’est pas soumise à la volonté des autres, n’est pas emprisonnée ou ne vit pas dans un régime qui la contraint par des obligations, des devoirs, une discipline, etc.

Apprendre à penser nous rend-il plus libres ?

Le moment est maintenant venu de répondre à la question passionnante que nous vous posions au tout début de cet article. Apprendre à penser nous rend-il plus libres ? La réponse, bien évidemment, est oui. Et voyons pourquoi.

Si nous comprenons la liberté comme le droit ou la faculté d’une personne à choisir librement sa façon d’agir dans un environnement donné, il est évident qu’une personne qui pense ou « sait penser » sera tentée d’agir librement. Ainsi, elle aura plus de capacités à le faire qu’une autre personne qui le ferait sans réfléchir ou en suivant des patrons établis par son système de croyance, hérité d’autres et assimilé par un manque de connaissance ou par des motifs similaires.

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Apprendre à penser, c’est donc une part importante de l’éducation de toute personne. Savoir qu’une chose se produit n’est pas suffisant : il est encore plus important de connaître ses causes, ses effets, le moment où elle se déroule, etc. Tout cela n’est possible qu’au moyen de l’enseignement de la pensée, pour que chaque individu puisse développer son propre raisonnement, son interprétation et son modèle de compréhension.

Ainsi, au moment de prendre une décision, cette personne se sentira plus libre en exerçant sa pensée et en étant capable d’étudier toutes les variantes qui se présentent à elle au moment de choisir.

D’un autre côté, un individu qui se meut par instinct, en suivant les enseignements de la société ou d’une éducation qui se limite à montrer ce qu’il se passe, ou en suivant tout ce que font les autres parce que « c’est la bonne chose à faire », ne sera pas aussi libre au moment de choisir, car ses options se réduiront en raison de son manque de capacités.


« Le problème, c’est qu’information et compréhension sont deux choses différentes.»

-Nadine Gordimer-


Il apparaît évident qu’apprendre à penser est apprendre à l’individu à être plus libre. Maintenant, ce fait nous comble-t-il davantage ? Nous rend-t-il plus heureux-ses ou plus intelligent-e-s ? Ceci est une autre histoire qu’il faudrait garder pour un ou plusieurs articles, car il ne semble pas toujours que le fait de bénéficier de liberté fasse de nous des êtres meilleurs.