Alorgasmie, fantasmer sur une autre personne pendant les rapports sexuels

· 23 novembre 2018
L'excitation au cours d'une relation sexuelle peut être stimulée de bien des manières, et l'alorgasmie fait partie de ces manières.

L’imagination est le grand protagoniste de l’alorgasmie. Un fantasme sexuel dans le cadre duquel l’excitation découle du fait de penser à une autre personne. En d’autres termes, l’alorgasmie suppose de s’exciter sur une personne autre que le partenaire lorsque nous avons des rapports sexuels avec ce dernier. Ainsi, cet autre imaginaire enrichit l’acte sexuel de manière symbolique. Néanmoins, dans quelle mesure ce fantasme sexuel peut-il être perçu comme pathologique ? Ou négatif ?

Contrairement à ce que nous pourrions croire,  l’alorgasmie n’est pas pathologique. Pour le moins lorsque nous y recourrons de manière ponctuelle. Le fait de fantasmer sur une autre personne pour laquelle nous nous sentons attiré ne signifie pas que nous n’aimons pas notre conjoint. Selon les experts, nous pouvons y recourir en tant qu’alternative pour sortir de la routine sexuelle. Néanmoins, cela peut être nocif si nous y recourons de manière systématique dans la mesure où cette pratique crée de la distance et de la méfiance au sein du couple.

L’alorgasmie n’est pas une pathologie

Fantasmer sur une autre personne tout en ayant des relations sexuelles avec son conjoint est plus fréquent qu’il n’y paraît. De nombreuses personnes cherchent à maintenir un degré d’excitation sexuelle qu’elles ne peuvent pas obtenir autrement. Cependant, l’alorgasmie n’est pas une déviation sexuelle. Comme nous le disions précédemment, il s’agit de quelque chose de normal et de plus en plus fréquent.

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Selon le Manuel de diagnostique et de statistique des troubles mentaux (DSM-5), les troubles paraphiliques sont des comportements effectués pendant au moins 6 mois et classés comme :

  • VoyeurismeL’excitation sexuelle vient du fait d’observer d’autres personnes – sans leur consentement ou sans qu’elles s’en rendent compte – nues ou ayant des rapports sexuels.
  • Exhibitionnisme. Il s’agit de posséder des désirs sexuels incontrôlables, des fantasmes ou de l’excitation en exposant ses parties génitales à d’autres personnes.
  • Frotteurisme. Ressentir de l’excitation sexuelle, des fantasmes ou un comportement intense découlant d’un contact ou d’une friction contre une personne, sans son consentement.
  • Masochisme sexuel. Le désir et l’excitation sexuelle sont obtenus en se sentant humiliés, battus, attaqués ou soumis.
  • Sadisme sexuel. Contrairement au masochisme sexuel, le désir sexuel et l’excitation sexuelle sont atteints en faisant mal physiquement ou psychologiquement à une autre personne.
  • Pédophilie ou pédérastrie. Trouble paraphilique caractérisé par l’excitation ou le désir sexuel à travers des fantasmes ou des comportements impliquant des relations sexuelles entre un adulte et un enfant.
  • Fétichisme. La personne est excité par l’observation et la manipulation d’objets inanimés ou parties du corps (utilisation d’objets inanimés ou un grand intérêt porté sur les parties du corps autres que les organes génitaux).
  • Transvestisme. Posséder des fantasmes et des impulsions sexuelles récurrentes dérivées de l’acte de se traverstir.

Comme nous pouvons le constater, l’alorgasmie n’est pas présente dans la classification recueillie par le DSM-5. Néanmoins, la classification établie par ce dernier n’épuise pas la liste des troubles paraphiliques. Plusieurs dizaines de paraphilies différentes ont été identifiées et nominées, et la quasi-totalité d’entre elles pourraient entrer dans la catégorie des troubles paraphiliques.

Lorsque l’imagination est le protagoniste

Comme nous l’avons préciser en introduction, le protagoniste principal de l’alorgasmie est l’imagination. Nous sommes donc en présence d’un fantasme de nature sexuelle. De nombreuses personnes pensent à des artistes ou des athlètes célèbres, même s’il arrive également de fantasmer sur des collègues de travail ou des étrangers.

Certaines personnes ne voient pas cette pratique d’un bon œil parce qu’elles pensent que fantasmer sur d’autres personnes que le conjoint peut nuire à la relation de couple. Certaines personnes considèrent même cette pratique comme une forme d’infidélité. Il n’en est rien toutefois. La pratique de l’alorgasmie peut générer une meilleure approche et une plus grande complicité entre les membres du couple.

Après tout, les fantasmes de ce genre sont des processus mentaux qui aident à atteindre un plus grand degré d’excitation. Il n’existe donc aucune raison de les percevoir comme quelque chose de négatif ou de tabou. Cela oui, ils révèlent nos désirs les plus intimes.

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