Albert Camus, la biographie de l'inoubliable auteur de "La peste"

21 septembre, 2020
Albert Camus a quitté ce monde bien trop tôt et de manière dramatique. Néanmoins, son héritage continue d'être un refuge littéraire où l'absurde et l'espoir s'entremêlent et où la capacité de l'homme à se dépasser est mise en avant.

Albert Camus est le deuxième plus jeune écrivain de l’histoire à avoir obtenu le prix Nobel de littérature. Son travail qui est à la fois énorme, réfléchi et inspirant exprime l’essence de la conscience humaine d’une époque. Certaines de ses œuvres comme La peste et, surtout, L’étranger sont des romans immortels qui reflètent l’existentialisme et où s’entremêlent le caractère absurde de la vie et la douleur liée au poids du passé.

Dans l’histoire de la littérature, la mort d’Albert Camus en janvier 1960 est considérée comme l’une des plus inattendues. Quelques jours avant son décès, cet écrivain né dans un quartier de Alger commentait à ses amis qu’il n’y avait pas de fin plus absurde que de mourir dans un accident de voiture. Et c’est malheureusement ainsi qu’il est mort aux côtés de son éditeur qui conduisait la voiture. La voiture s’est écrasée contre un arbre suite à l’éclatement d’un pneu.

Albert Camus, qui se définissait lui-même comme un “absurde” parce qu’il décrivait les non-sens de la société du XXème siècle, a malheureusement connu une mort absurde. Sa mort a créé un grand vide dans le monde de la littérature. Il était âgé de 47 ans et cela faisait seulement trois ans qu’il avait reçu son prix Nobel. Albert Camus était l’une des figures les plus remarquables du panorama littéraire français, et aussi l’éternel ami et adversaire de l’intellectuel Jean-Paul Sartre.

“À n’importe quel coin de rue, le sentiment de l’absurde peut frapper n’importe quel homme.”

-Albert Camus-

Une photo d'Albert Camus

La vie d’Albert Camus

Dans une grande partie de l’œuvre d’Albert Camus, il y a une trace des guerres de l’époque. Nous pouvons voir comment cette aberration qu’est la guerre a marqué une grande partie du XXè siècle. Ce sentiment chez Albert Camus trouvait sans doute son origine dans sa propre histoire familiale. Albert Camus est né en 1913 en Algérie. Alors qu’il n’est encore qu’un bébé, il perd son père qui est mort au combat pendant la Première Guerre mondiale.

Sa vie en Algérie est modeste. Très tôt, il s’intéresse à Niestzche et à André Gide, et passe la plupart de son temps à lire des livres et à visiter des bibliothèques. Il se découvre une grande passion pour la littérature et la philosophie.

À l’adolescence, il découvre qu’il souffre de tuberculose, ce qui le limitera dans son autre passion, le sport. Cette maladie l’empêchera également d’accomplir une autre aspiration, l’enseignement. Albert Camus est recalé en tant que professeur, puis en tant que soldat lorsqu’il tente de rejoindre l’armée en 1939.

Il obtient finalement une bourse d’étude, grâce à laquelle il sera diplômé en philosophie et en littérature. Il se tourne ensuite vers le journalisme et devient rapidement un correspondant pour le journal Alger Républicain.

Albert Camus, le journaliste

Albert Camus devient journaliste, réactionnaire et idéaliste. À cause de la ligne réactionnaire de ses articles, le gouvernement finit par interdire le journal en 1940. Cette même année, sa vie prendra un nouveau tournant suite à son mariage avec Francine Faure.

Albert Camus quitte Alger pour Paris pour devenir le chef d’un journal clandestin, Combat. Via ce journal, il dénonce les bombardements atomiques de Hiroshima et de Nagasaki.

Pendant cette période en tant que directeur du journal Combat, Albert Camus écrit et publie son œuvre clé, L’étranger. Les pages de cette œuvre sont marquées par sa philosophie de l’absurde, ce mal-être à mi-chemin entre la mélancolie et l’ironie existentielle qui, selon une bonne partie des philosophes de l’époque, caractérise cette époque.

En 1943, il commence à travailler pour l’une des éditoriales françaises les plus importantes, Gallimard. Lorsque les Allemands quittent Paris, il continue ses publications indépendantes au caractère réactionnaire et gauchiste.

En plus de ses articles, il passe ses nuits plongé dans des tâches littéraires pour donner forme à des œuvres qui deviendront si importantes comme Le malentendu ou encore Caligula. Ce n’est qu’un peu plus tard qu’est publié l’un de ses romans les plus remarquables, La peste.

Une illustration d'Albert Camus

Albert Camus et Jean-Paul Sartre

La relation qu’entretiennent Albert Camus et Jean-Paul Sartre est parsemée de disputes et de sentiments admiratifs. Les deux hommes bataillent au sujet de la compréhension de l’existentialisme. Ces deux auteurs sont les deux référents culturels les plus importants de la France des années 40 et 50. Ils représentaient l’existentialisme français et l’idéologie de gauche.

Malgré leurs points communs, Jean-Paul Sartre défendait l’idée selon laquelle toute personne doit être politiquement engagé envers les autres.La littérature et la philosophie n’échappent pas à cet engagement : pour Sartre, ces deux disciplines doivent être conditionnées par le moment historique et le peuple. Albert Camus n’est pas d’accord avec Sartre. Pour lui, la littérature va au-delà de la philosophie et d’un idéalisme politique : écrire, c’est le reflet de la liberté même et la liberté ne doit dépendre de rien.

L’histoire d’un amour secret

En Algérie, lorsqu’il travaillait en tant que rédacteur pour le journal Combat, Albert Camus entame une relation affective avec María Casares, une actrice galicienne et fille du politicien Santiago Casares Quiroga. Cette relation continue même après son mariage et la naissance de ses deux filles jumelles.

Camus et Casares entretiennent une relation épistolaire qui aura duré presque deux siècles. Cet amour a été imprimé sous forme de cartes où l’admiration, le désir, l’existentialisme, la poésie, la passion et la délicatesse intellectuelle sont palpables et qui donnent forme à l’une des plus belles histoires d’amour de la littérature. La dernière lettre de ce grand amour est datée du 30 décembre de 1959 ; Camus est mort le 4 janvier 1960.

En somme…

Au vu des grandes lignes de la vie d’Albert Camus, nous remarquons que l’absurde dont Albert Camus parle tant dans ses œuvres faisait partie de sa vie. Les contradictions, en essence, renvoie également à la magie de notre propre existence. C’est dans les contradictions que l’être humain est capable de puiser des forces pour se dépasser malgré les difficultés qui l’entourent.

Au-delà de sa philosophie, Albert Camus nous a offert dans ses écrits un merveilleux exercice de réflexion sur la condition humaine. Il a remis en question une grande partie des idéologies dominantes pendant le XXème siècle, un siècle marqué par les guerres et l’entre-deux-guerres.

Albert Camus a défendu la liberté, et pas seulement la liberté politique comme l’a fait Sartre. Camus est allé plus loin, car il croyait à la liberté individuelle, à l’amour et à notre capacité à créer, à avancer et à nous dépasser.

 

  • Albert Camus-Jean Grenier, Correspondance 1932-1960, notas de Marguerite Dobrenn, Paris: Gallimard, 1981.
  • Albert Camus-Pascal Pia, Correspondance, 1939-1947, presentación y notas de Yves-Marc Ajchenbaum, Paris: Fayard/Gallimard, 2000.
  • De Luppé, Robert. “Albert Camus” Barcelona: Editorial Fontanella, 1963.
  • Sánchez, F. G. (2001). «Camus y el existencialismo.» Revista Espiga, 2(4), 121-136.