Comment a-t-on évolué dans notre façon de régler les problèmes de santé mentale ?

· 10 novembre 2017

De même que la technologie connaît des progrès et que la science découvre de nouveaux processus pour nous rendre la vie plus facile, la psychologie n’est pas en reste dans la manière de travailler sur les problèmes de santé mentale.

Au départ, la psychologie a commencé à traiter les problèmes de santé mentale grâce à ce que l’on appelle les thérapie de première génération ; le mode de fonctionnement consistait alors à employer les mécanismes d’apprentissage et de « désapprentissage », autrement dit, de conduite, d’action-réaction. En d’autres termes, c’étaient la stimulation et notre expérience d’apprentissage qui déterminaient notre réponse.

D’un autre côté, les réponses se renforçaient et se faisaient plus probables avec les répétitions renforcées. Toutes les conduites qui étaient récompensées s’apprenaient rapidement et gagnaient en importance dans notre répertoire de réponses. D’un autre côté, l’extinction d’une réponse avait lieu quand cette dernière cessait d’être refcernforcée, et l’extinction pouvait même être d’autant plus rapide si la réponse en question était sanctionnée.

Ces thérapies de première génération servaient à comprendre un de nos mécanismes d’apprentissages les plus primitifs : le conditionnement. Logiquement, une des branches qui a le plus évolué sous ce paradigme était la psychologie de l’éducation, qui a trouvé dans ces idées une manière simple d’articuler un modèle d’apprentissage basé sur des récompenses et des sanctions. D’autre part, ces thérapies nous ont également été utiles pour comprendre de quelle manière nous faisons de très fortes associations entre certaines stimulations.

dessin de cerveau sur une main

Thérapies de seconde génération

Avec le temps et les années, la manière de travailler sur les problèmes de santé mentale a évolué et à ce moment-là sont apparues ce qu’on appelle les thérapies de seconde génération. De quelle manière travaillait-on alors à ce moment-là ?

On s’est alors rendu-e-s compte que l’on agissait pas toujours par une association de stimulation et de réponse, mais qu’entre ces deux entités intervenait quelque chose, et que cela pouvait-il bien être ? Eh bien, le cerveau, les émotions, la cognition, les désirs, bref, l‘essence de chacun-e.

C’est pour cela que notre manière de penser a autant d’importance dans les thérapies de seconde génération. Nous sommes ce que nous apprenons, mais aussi ce que nous construisons à partir de ce que nous apprenons. Dans cette conception, nous cessons d’être passif-ve-s et nous devenons actif-ve-s, de manière à ce que notre marge de manoeuvre se multiplie.

La cognition, c’est ce qui nous fait faire face au monde d’une manière ou d’un autre. Autrement dit, la réalité est importante, mais ce que l’on perçoit de cette réalité et l’interprétation que l’on en fait l’est encore plus. C’est pourquoi dans les thérapies de seconde génération on commence à travailler sur l’attitude, les émotions et les biais.

Le fait de comprendre que nous sommes plus que des machines qui répondent en fonction de ce qu’elles ont appris a donné lieu à l’étude de l’esprit en soi : une tentative sérieuse de comprendre ce qui arrive dans notre « boite noire » pour qu’apparaissent certains troubles ou certaines expériences, ou encore certains phénomènes paradoxaux : comment un simple coup de chance peut-il contribuer à ce que quelqu’un se sente triste ?

Cette nouvelle manière de comprendre notre comportement a aussi donné lieu à un problème qui n’est toujours pas réglé aujourd’hui : l’évaluation. Avant, il était très facile de savoir quelle distance séparait deux lieux, mais pas si facile d’établir le degré d’anxiété que pouvait présenter une personne.

Thérapies de troisième génération

Maintenant plus actualisées, et voyant que malgré les changements dans le mode de fonctionnement pas tous les problèmes de santé mentale ne comptaient une solution satisfaisante, ont surgi les thérapies de troisième génération.

Ces thérapies comprenaient que ce n’est pas la manière de résoudre le problème qui pèche, mais notre relation au problème. C’est pourquoi on a alors commencé à travailler en essayant d’intégrer les difficultés, sans essayer de les résoudre directement. L’objectif à atteindre était alors le suivant : laisser exister les problèmes qui n’ont pas de solution ou qui n’ont pas une solution instantanée sans pour autant qu’ils n’occupent ou affectent notre vie. Ici, on trouvera alors des thérapies plus actuelles, qui aujourd’hui font plus de bruit et grandissent avec plus de force telles que le Mindfulness, les thérapies d’acceptation, etc.

femme méditant dans la mer

Le problème avec ce type de thérapies, c’est que l’étude scientifique de leur efficacité est très compliquée. Autour des thérapies de troisième génération gravitent des psychologues sérieux-ses, mais aussi des charlatans ou des personnes sans formation. D’où le fait que dans certains secteurs de la psychologie plus académique prédomine un certain rejet.

Nous avons fait un petit récapitulatif des trois générations de thérapie en psychologie. Leur variété au moment de comprendre nos conduites, pensées et émotions nous a fourni différents points de vue, sans doute enrichissants.

Maintenant que vous connaissez certains aspects relatifs à l’évolution du travail en psychologie, il sera plus facile pour vous de voir que ces trois générations de thérapie nous apportent des perspectives très différentes sur nos pensées, nos comportements et nos émotions. De plus, cette hétérogénéité sur les points de vue résulte enrichissante pour le/la psychologue, qui peut alors tirer de chaque génération de thérapie différents outils à utiliser en consultation.