Les 8 qualités des personnes cultivées selon Tchekhov

15 janvier 2017 dans Autres 314 Partagés

Anton Tchekhov est un des plus grands écrivains de la littérature russe. Ses écrits, et plus particulièrement ses contes ont marqué un avant et un après dans tous les pays occidentaux. Sa plus grande qualité, c’est d’avoir réussi à donner de l’importance aux comportements de ses personnages ainsi qu’à leurs échanges avant d’en donner à l’intrigue de l’histoire en elle-même.

En effet, il était un grand observateur du comportement humain, capable de reproduire une atmosphère dans un réalisme absolu, et en mettant en avant tous ces détails qui pour d’autres passaient inaperçus. Son intention n’était pas moralisatrice, mais il a tout de même laissé derrière lui, entre autres, une lettre adressée à son grand frère, dans la quelle il donne toute une série de conseils.


“La culture intense ne freine pas les visionnaires : sa vie entière est une foi en action”

-José Ingenieros-


Anton Tchekhov a écrit cette lettre au cours d’un de ses séjours à Moscou. Il y énumère toutes les caractéristiques que, selon lui, les personnes cultivées présentent. Cette lettre est un texte qui nous guide également sur ce que sont les plus grandes qualités de l’être humain. Lisez la suite de cet article, et vous découvrirez quels sont ces conseils ainsi que quelques passages du texte de la lettre.

1. L’amabilité, une des qualités que valorise Tchekhov

Pour Tchekhov, les personnes vraiment cultivées “respectent la personnalité humaine et sont toujours aimables, gentilles, éduquées et disposées à céder face aux autres. […] Si elles vivent avec quelqu’un qu’elles ne considèrent pas comme bon et qu’elles décident de partir, elles ne lui disent pas “personne ne pourrait vivre avec toi”.”

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Un trait caractéristique de la grande culture, c’est la considération dans le traitement des autres. Aussi grandes soient les différences entre deux personnes, cela n’est pas une excuse pour donner libre cours au conflit et à la maltraitance. De fait, il est prudent d’éviter le conflit et de s’éloigner au cas où les contradictions seraient impardonnables.

2. L’empathie envers ceux qui souffrent

Selon Tchekhov, les personnes cultivées “ont de la sympathie non seulement pour les mendiants, mais aussi pour les chats. Elles sont touchées et blessées même pour ce que leurs yeux ne voient pas. Autrement dit, elles sont très sensibles à la souffrance des autres, même si ces derniers ne l’expriment pas forcément.

Un haut niveau de culture suppose un haut niveau de compréhension face aux personnes qui souffrent. Le mot “culture” vient du latin “cultus” qui signifie “culture de l’esprit humain”. Un être humain cultivé n’est donc pas indifférent face à la douleur de ses semblables.

3. La gestion raisonnable des finances

Pour ce qui est des biens matériels, Tchekhov indique que les personnes cultivées “respectent la propriété des autres et paient leurs dettes.” Au départ, la dette s’établir sur un pacte de bonne foi ; l’un prête de l’argent à l’autre, qui s’engage  le rendre en temps et en heure.

En effet, la façon dont une personne gère ses dettes en dit long sur sa personnalité. 

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4. Le refus des mensonges et de la simulation

A propos du mensonge et de l’imposture, selon Tchekhov, les personnes vraiment cultivées présentent les caractéristiques suivantes : “elles sont sincères et craignent le mensonge comme elles craignent le feu. Elles ne mentent pas, même pour de petites choses. Mentir à quelqu’un, c’est l’insulter et le mépriser.

Elles ne font pas semblant : elles se comportent dans la rue comme à la maison et ne se vantent pas devant leurs camardes les plus humbles. Elles ne sont pas enclines à balbutier ni n’obligent à la confidence impertinente des autres. Par respect pour les oreilles de ces derniers, elles se taisent plus souvent qu’elles ne parlent.”

Les mensonges et la simulation sont une forme d’arnaque envers d’autres êtres humains. La sincérité, à son tour, est une façon d’exprimer du respect pour l’autre. L’authenticité, de son côté, est un signal de valorisation propre et de dignité. Ainsi, la rumeur et les ragots ne doivent pas faire partie des habitudes d’une personne cultivée, car c’est aussi une façon de désavantager les autres.

5. Le rejet de la victimisation

Pour Tchekhov, une personne cultivée s’éloigne de toute victimisation, car il s’agit d’une autre facette de la tromperie. A ce sujet, il dit que les personnes cultivées ne se sous-estiment pas en cherchant à réveiller la compassion des autres. Elles ne tendent pas les cordes de leurs coeurs afin qu’ils les plaignent et qu’ils fassent un petit (ou un grand) quelque chose pour elles.”

Provoquer la compassion chez les autres, cela peut immédiatement donner lieu à d’importants bénéfices. Mais, à la longue, ce comportement se révèle comme étant une stratégie trompeuse qui ne reflète que le peu de respect que l’on peut avoir pour soi-même et qui alimente la méfiance envers les autres.

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6. Le rejet de l’arrogance et de la prétention

Tchekhov appelle à la réflexion à propos d’impostures qui apparaissent quand une personne a plus d’argent ou de pouvoir que d’autres. Sur ce point, il indique que les personnes cultivées “ne présentent aucune arrogance superflue. […] Si elles gagnent quelques centimes, elles ne se pavanent pas comme s’ils valaient une fortune, et elles ne se vantent pas de pouvoir entrer là où d’autres ne sont pas admis.”

Laisser affleurer un sentiment de supériorité, pour des raisons si passagères et hasardeuses que l’argent ou les privilèges sociaux, ce n’est la preuve que d’une évolution pauvre. Ces personnes-là accordent plus d’importance à l’avoir qu’à l’être, et dépendent entièrement de facteurs externes afin de se valoriser elles-mêmes.

7. Le respect du talent de chacun

Nous avons tous un talent propre, et dans la vie, on passe la majeure partie de notre temps à le découvrir, puis à le cultiver. Tchekhov dit que si les personnes cultivées ont un talent, elles le respectent, et sacrifient le repos, les femmes, le vin, l’arrogance […]. Elles se sentent fières de leur talent”.

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Le talent, c’est un des plus grands trésors de l’être humain. Rien ne sert d’être un artiste célèbre, ni un homme d’affaires à succès pour dire qu’on a du talent. Parfois, ce don réside dans de petites choses, telles que le fait de savoir apprécier les autres ou d’avoir des facilités pour comprendre ou aider les autres. Lorsqu’on découvre son talent propre, il faut lui octroyer une valeur maximale et se battre pour le développer.

8. La mesure et la délicatesse dans les actes

Tchekhov signale que les personnes cultivées “développent par elles-mêmes leur intuition esthétique. […] Elles essaient autant que possible de contenir et d’anoblir l’instinct sexuel. […] Elles aiment, surtout si elles sont artistes, la fraîcheur, l’élégance, l’humanité, la capacité à materner. […] Elles ne boivent pas de la vodka à toutes heures du jour et de la nuit, elles ne sentent pas les armoires parce qu’elles ne sont pas des porcs, et elles savent qu’elles n’en sont pas.”

Ces déclarations sont un appel à la mesure et une voix de rejet face aux excès physiques et biologiques. Nous les êtres humains ne sommes pas des organismes, mais des personnes qui peuvent et qui doivent donner du sens à ce qu’elles font, même aux actes les plus basiques.

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