5 biais cognitifs qui favorisent les puissants

· 10 avril 2018

L’esprit humain est vraiment incroyable. Non seulement à cause de ce qu’il est capable de créer et d’apprendre, mais aussi pour les nombreuses façons dont il peut se tromper lui-même. Nous sommes davantage imagination et émotion… que raison. C’est en partie ce qui nous incite à intégrer différents biais cognitifs dans nos processus de réflexion. Des biais qui, d’autre part, sont souvent conditionnés par ceux qui les possèdent, ou veulent les posséder, par le pouvoir, pour leur bénéfice.

Penser de manière rationnelle nécessite des efforts, une préparation et des sources d’information fiables. De plus, les individus tendent davantage à être guidés par leurs sympathies, leurs goûts, leurs peurs, etc. Nous ne remettons souvent pas en question une idée – surtout si elle est conforme à ce que nous pensions déjà -, mais l’approuvons ou la désapprouvons parce que nous « sentons » que c’est mieux ainsi. Il s’agit là d’un exemple clair de la façon dont les biais cognitifs fonctionnent.

Pendant les élections politiques, et dans l’exercice du pouvoir également, beaucoup utilisent des biais cognitifs pour manipuler les opinions des individus. Ils parviennent à faire croire que quelque chose de bien pour une simple minorité est bon pour l’ensemble de la population. Ou vice et versa. Voyons ci-après 5 de ces mécanismes de contrôle.

Il s’agit de l’un des biais cognitifs les plus destructeurs, car il conduit à de grandes injustices. Il consiste en une interprétation erronée et simpliste du principe d’action et de réaction. Il suppose que rien ne peut arriver à une personne si cette dernière n’a pas exécutée préalablement une action pour cela de se produise.

Dès lors, nous arrivons à penser que celui qui est dans une mauvaise situation s’y trouve parce qu’il le mérite. Le pauvre est coupable de sa pauvreté, la victime de l’agression, le malade de sa douleur, etc. Bien qu’il n’existe aucune données pour confirmer cela, les préjugés nous font considérer qu’il existe « quelque chose » derrière chaque personne dans une mauvaise situation. En outre, ce biais est favorisé dans la mesure où il nous donne le sentiment d’être dans un monde plus contrôlable, de sorte que nous pouvons toujours faire quelque chose pour ne pas finir comme ces personnes. En d’autres termes, ce biais a incorporé un renforcement intrinsèque au propre biais qui tend à le perpétuer.

biais cognitifs

2. Le biais de confirmation

Le biais de confirmation consiste à n’accorder de crédit qu’aux données qui confirment nos croyances déjà établies. Dans ce cas, la source de ces données n’est pas évaluée ou mise en contraste avec d’autres qui sont différentes. Nous y adhérons tout simplement, de manière plus ou moins aveugle. Nous pensons que ce biais comporte également un renforcement intrinsèque : il favorise, au moins en premier lieu, notre économie cognitive.

Ceci est particulièrement applicable à l’élection d’un parti politique ou d’une religion. Ces croyances sont généralement héritées et ne sont jamais remises en question. Aucune autre position n’est connue, mais nous supposons automatiquement que la croyance est vraie. Par conséquent, seules les données qui la ratifient sont considérées comme valides.

3. Effet de cadrage

Il s’agit de l’un des biais cognitifs directement liés aux médias. Ce biais est lié à la tendance à tirer des conclusions différentes, selon la manière dont nous accédons à l’information ou à la manière dont elle nous est présentée.

Un exemple classique est celui-ci : « Plus de 30% ne sont pas d’accord avec Paco ». Ainsi, au lieu de dire qu’environ 70% des personnes partagent les idées de Paco, nous soulignons ici le désaccord. Nous lui accordons dès lors une connotation plus négative que positive.

 

visage fragmenté

4. La corrélation illusoire

La corrélation illusoire est la tendance à établir des liens entre deux variables, bien que cette association n’existe pas objectivement. Par conséquent, deux réalités sont associées à partir d’éléments non valides. Nous essayons généralement par là de dissimuler une situation ou de construire une illusion de vérité.

Un exemple très fréquent de cela est lorsque les faits structurels sont associés à des événements spécifiques, avec lesquels ils ne conservent aucun lien. Par exemple, dire que la prospérité a commencé lorsque « X » est arrivé au pouvoir , sans tenir compte du fait qu’un champ de pétrole a été découvert dans le pays à cette même époque. L’origine du progrès n’est pas l’arrivée de « X » au pouvoir mais la découverte du minéral. Une telle interprétation peut également être réalisée dans l’autre sens.

5. Le coût irrécupérable

Voici l’un des biais cognitifs les plus nocifs, car il repose sur l’intolérance. Ce biais consiste en ce que nous nous accrochons aux idées comme si elles faisaient partie de nous-mêmes.

C’est pourquoi nous supposons que le coût de la modification de notre opinion est très élevé. Cela implique d’une part, de supprimer quelque chose que nous considérons comme « notre ». Nous voyons cela comme une perte. Cela implique d’autre part un effort important. Nous défaire de nos idées et comprendre de nouvelles façons de voir les choses est un exercice fascinant, mais souvent aussi ardu.

biais cognitifs

Il est très important de connaître ces biais cognitifs afin de les détecter et moduler leur influence dans notre raisonnement. En outre, la meilleure façon de le faire est de bien nous informer. Cela signifie, rechercher des sources fiables et neutres. Analyser et digérer correctement tout ce qui émerge de sources intéressées. Particulièrement, des représentants du pouvoir.