Qu’est-ce que l’effet de halo ?

21 mars 2015 dans Psychologie 0 Partagés
L’effet de halo est l’un des biais cognitifs les plus connus de la psychologie moderne, et peut s’observer très fréquemment dans la vie quotidienne.
Il consiste en la réalisation d’une généralisation erronée à partir d’une seule caractéristique, ou qualité, d’un objet ou d’une personne. C’est-à-dire que nous réalisons un jugement à partir duquel nous présumons du reste des caractéristiques du sujet évalué.
Cet effet a été découvert, et nommé, par le psychologue Edward L. Thorndike en 1920, à partir d’une étude au sein de l’armée, durant laquelle il a pu observer que les officiers attribuaient des caractéristiques positives à leurs supérieurs, une fois qu’ils avaient découvert une qualité positive chez eux.
À, l’inverse, ils ne voyaient plus que des éléments négatifs dans leur personnalité à partir du moment où ils avaient évalué une qualité négative dans leur comportement.

L’effet de halo dans la vie quotidienne

L’effet de halo se manifeste de manière continue dans notre vie. Par exemple, si une personne a un physique avantageux, ou très attirant, nous lui attribuons toute une série de caractéristiques positives, sans même avoir vérifié qu’elle en dispose réellement. On suppose que cette personne est intelligente, séductrice, agréable, etc.

À l’inverse, si quelqu’un nous apparaît laid, il est normal de penser immédiatement que c’est une personne ennuyeuse, ou peu amicale.

Cet effet est également très présent lorsque l’on connaît la profession d’un individu, en le mettant rapidement dans une « case » si on découvre qu’il est médecin, charpentier ou réceptionniste. Cette technique est très utilisée en marketing pour améliorer l’image de certains produits, ou pour positionner une marque sur un marché donné.

L’effet de halo peut également être observé dans les entretiens d’embauche. Dès que la personne qui dirige l’entretien va remarquer un trait positif chez le candidat, elle faire abstraction de ses défauts, ou du moins leur prêter moins d’attention, et vice-versa.

L’expérience de Nisbett et Wilson

Après la découverte de Thorndike, Nisbett y Wilson ont réalisé une étude à l’Université du Michigan, sur deux groupes d’étudiants (118 individus).

Les auteurs de l’expérience ont montré, à chacun des groupes, la vidéo d’un professeur donnant un cours. Dans l’une d’elles, il était affable et cordial, alors que dans l’autre, il se comportait de manière autoritaire et impérative. Pour schématiser, une vidéo dans laquelle il montrait des qualités positives, et une autre dans laquelle il révélait des caractéristiques négatives.

Après cela, chaque groupe a dû décrire l’aspect physique du professeur. Et c’est là que l’étude prend tout son sens.

Les résultats de l’expérience

Les étudiants qui ont vu la facette positive du professeur l’ont décrit comme une personne sympathique et attirante, alors que les sujets de l’autre groupe l’ont qualifié avec des adjectifs peu favorables.

Mais, l’étude est allée encore plus loin. Après cette description, les auteurs ont demandé aux étudiants si l’attitude du professeur avait pu influencer leur évaluation de son aspect physique. Et tous ont répondu négativement, affirmant que leurs opinions étaient totalement objectives.

En résumé, cette étude met en exergue la réalité de l’effet de halo, et nous mesurons tous assez mal l’influence de celui-ci sur notre évaluation des autres et de notre environnement. 

Nous croyons tous avoir des jugements objectifs, mais ce n’est pas le cas, ce qui confirme ce proverbe que nous connaissons tous : la première impression est la bonne.

Il faut tempérer tout de même cette affirmation car ce phénomène ne se produit pas dans tous les cas, et d’autres variables, comme le contexte ou l’affect, peuvent également exercer une certaine influence.

Images de f_antolin

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