Les personnes avares et leur prison intérieure

12 août 2016 dans Curiosités 209 Partagés

Nous les connaissons tous, même s’ils essaient de passer inaperçus ; ce sont ces personnes qui prennent un bain alors que la facture d’eau doit être partagée, ou qui se rendent dans des endroits improbables simplement pour payer moins cher.

Une personne avare n’est pas facile à reconnaître, c’est pourquoi pour beaucoup, il n’y a aucun problème à être excessivement économe.

En psychologie, on parle beaucoup des pathologies d’excès : manger trop, boire trop, dépenser trop…

Or, les pathologies de manque sont parfois négligées : celui qui mange moins fait un régime, celui qui ne joue pas est quelqu’un de sérieux, et celui qui dépense peu est économe.

Cependant, il est clair que « trop » n’est pas un bon qualificatif. Il existe une façon pathologique d’économiser qui réduit les dépenses d’argent ou les biens matériels achetés, mais qui en dit également long sur des aspects plus profonds de la personnalité.


« Plus vous donnez, plus votre profit est grand. L’avarice étouffe le bonheur ; la libéralité l’intensifie. »

-Orison S. Marden-


Les caractéristiques d’une personne avare

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On reconnaît une personne avare, ou autrement dit pathologiquement économe, à son comportement.

Elle évite de faire des dépenses qu’elle aurait pourtant les moyens de faire, des dépenses qui n’auraient aucune incidence négative sur leur situation financière.

Généralement, une personne avare gagne bien sa vie et jouit d’une position stable. Si vous lui posez la question, elle vous dira que sa condition est bonne car elle s’est efforcée de faire des économies et de ne pas dépenser son argent bêtement.

Les personnes avares sont ces personnes qui ne renouvellent pas leur garde-robe pendant des années simplement pour ne pas dépenser d’argent.

Elles n’utilisent pas leur téléphone, elles éteignent toutes les lumières, et au supermarché, elles achètent les produits les moins chers, même s’ils ne sont pas de bonne qualité.

Il faut vraiment qu’elles se trouvent dans une situation extrême pour que les personnes avares invitent des amis à manger…or, dans ce cas-là, elles optent pour les produits les moins chers.

Certaines d’entre elles vont même jusqu’à garder les cadeaux qu’on leur fait pour les offrir ensuite à leur tour afin d’éviter de dépenser de l’argent.

Ce qui est est notable chez une personne pathologiquement économe, c’est que son dégoût pour les dépenses n’a aucun fondement objectif.

Ce n’est pas qu’elle n’a pas d’argent ou qu’elle veut économiser car elle prévoit de faire un investissement.

Une personne avare préfère tout simplement garder son argent, ou bien le mettre de côté afin de financer des projets qui finalement ne verront jamais le jour, ou encore être en mesure de faire face à d’éventuels « contretemps », même si bien sûr, aucun contretemps n’est jamais assez important pour qu’elle décide de dépenser son argent.

Avare matériel, avare émotionnel

Le plus grave, c’est qu’une personne avare ne l’est pas seulement avec son argent, mais aussi avec ses émotions, son affection, et le déploiement de son énergie vitale.

Ainsi, de même qu’elle ne dépense pas son argent pour acheter des objets, elle ne brille pas non plus par sa générosité dès lors qu’il est question d’exprimer ce qu’elle ressent pour les autres ou de faire de son mieux pour rendre ces derniers heureux.

Une personne avare garde pour elle tout ce qu’elle peut ; ce n’est donc pas une personne prudente, mais prise au piège dans une prison intérieure.

L’avarice : une structure de caractère

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Il est très difficile de cohabiter ou de tisser un lien profond et durable avec une personne avare.

De même qu’elle sent qu’elle doit protéger ses « économies » des chants de sirène du marché, elle croit qu’elle peut aussi être « pillée » émotionnellement par les autres.

Certains cas semblent fous, comme par exemple celui de Laura ; son petit ami l’invitait toujours dans des endroits où il n’y avait rien à payer, et si parfois il fallait le faire, c’était toujours elle qui finissait par sortir son portefeuille.

Une fois, en discothèque, son petit ami l’a surprise en réglant la note…mais le lendemain, il est rentré à la maison avec l’addition afin de faire le partage de la somme.

Le point de vue de la psychanalyse sur l’avarice

En fait, les personnes avares sont terrifiées et fondent leur vie sur un fantasme de contrôle.

Du point de vue de la psychanalyse, l’avarice est liée à une difficulté à surmonter le stade anal.

Quand l’enfant perçoit comme événement traumatique ou excessivement sévère le contrôle qu’il peut exercer sur l’expulsion ou non de ses matières fécales, généralement, il s’obstine à les retenir.

Un tel comportement se traduit à l’âge adulte par de l’avarice ou de l’égocentrisme.

Les personnes avares sont aussi des gens qui, d’une façon ou d’une autre, finissent par utiliser les autres pour leurs propres intérêts.

C’est pourquoi elles ne donnent rien et c’est l’autre qui doit mettre la main à la poche pour payer la note, même si elles savent que cette personne gagne moins qu’elles.

Parfois, elles sont elles-mêmes affectées par cette situation et ce comportement de leur part.

Certaines personnes sont tellement avares qu’elles meurent de froid parce qu’elles ne veulent allumer leur chauffage.

D’autres, comme Leonardo Di Caprio par exemple, deviennent « écologistes » pour ne pas dépenser ; en effet, Di Caprio dit ne pas utiliser son avion afin de « ne pas contaminer » l’environnement.

Or, il ne voit aucun problème à utiliser les avions privés des autres, comme l’a dévoilé son ami Mark Wahlberg.

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Etre avare, c’est être enfermé dans la prison de la peur

Une personne avare est prise au piège dans ses propres peurs. Il peut s’agir de quelqu’un en dépression, qui développe des fantasmes de catastrophe.

Généralement, elle finit sa vie seule et dispose d’une grande fortune qu’elle garde précisément, qui finit au bout du compte entre les mains de n’importe qui.

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