Les caresses ne se mangent pas, mais elles nourrissent

· 6 juin 2016

Le monde dans lequel nous vivons nous expose à des situations où il est difficile d’intervenir, car elles échappent en grande partie à notre contrôle. C’est le cas du chômage, des menaces terroristes ou encore du changement climatique.

C’est pourquoi nous avons besoin de stimulations affectives et émotionnelles qui nous réconfortent dans des environnements toujours plus froids et distants. Nous avons besoin de caresses

Cela ne veut pas dire que ce dont on a besoin soit une liste permanente de conseils sur comment gérer nos émotions, ni que le mieux soit de trouver des opportunités pour nous changer les idées.

Les deux sont importants (les opportunités et les conseils), mais ils restent courts si avec eux on prétend seulement alimenter notre coeur.

 


« Plus de tendresse apporte la caresse. Lentes, les mains s’attardent, reviennent, et envisagent aussi. »

-Jorge Guillén-


En fait, les stimulations qui nous permettent de rester fort sont toutes celles grâce auxquelles on se sent reconnu et apprécié.

Les caresses sont cet aliment par excellence dont a besoin notre esprit pour grandir et être plus résistant face aux problèmes.

Le monde des caresses

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Le monde des caresses n’est pas seulement composé de frottements physiques (même si ces derniers sont une part fondamentale de cet univers).

Il compte également les mots et tous ces gestes affectueux que l’on peut s’offrir. Il y a des regards et des voix qui caressent avec leur chaleur. Il y a des mots qui sont comme une caresse pour l’âme.

De fait, en psychologie trans-personnelle, on considère que les caresses peuvent aussi être « négatives » ; nous pensons ici aux gestes de reconnaissance peu sincères, ainsi qu’aux gestes de rejet ou d’hostilité.

Comment ces attitudes peuvent-elles être considérées comme des caresses ? Elles le sont car elles impliquent une reconnaissance de l’autre, bien que négative.

A l’extrême opposé du monde des caresses il y a la totale indifférence, se traduisant par l’ignorance de l’existence de l’autre.

Quoi qu’il en soit, les caresses qui peuvent nourrir et enrichir sont celles que l’on peut appeler « caresses authentiques ».

La faim de caresses

Les caresses sont si importantes pour l’être humain qu’une personne peut aussi tomber malade et mourir si elle n’en reçoit pas un minimum, surtout lors des premières années de sa vie. Le manque de caresses peut attrister, puis déprimer, puis tuer.

Dans le monde dans lequel nous vivons, il semble y avoir un gigantesque appétit de caresses, qui n’est pas du tout conscient.

 

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Tous les actes orientés vers le fait d’attirer l’attention des autres partent probablement de la faim de caresses. C’est un façon de crier « je suis là ».

C’est une façon de demander aux autres de reconnaître notre existence, car, finalement, nous sommes des mammifères évolués, qui ont désespérément besoin des autres.

Caresser et être caressé

Nous ne savons pas tous caresser, et nous ne permettons pas tous que l’on nous caresse. En fait, rares sont ceux qui sont suffisamment entraînées à cet art si particulier. La question qui surgit alors est la suivante : si on a tous besoin de caresses, pourquoi certains font-ils obstacle au chemin qui les rend possibles ?

La réponse est unique : par peur. C’est la peur qui nous mène à lever de grandes barrières entre nous et les autres ; à nous montrer comme des êtres parfaitement autonomes et indépendants, alors même que l’on désire ardemment tisser des liens intimes avec les autres.

On pense généralement que l’idéal réside dans dans la totale indépendance et dans l’absence de conditionnement de la part des autres.

Ce qui est certain, c’est que cette idée s’est tellement répandue que beaucoup luttent quotidiennement pour concrétiser ce fantasme, comme si la lutte pour défendre l’indépendance pouvait nourrir éternellement ce fantasme, caractéristique chez les adolescents.

Si cela peut être vu comme une grande vertu dans certains domaines, ce qui est certain, c’est que le prix émotionnel à payer est très élevé.

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Les personnes vraiment fortes ne naissent pas du traitement rude ou de l’indépendance à outrance. Bien au contraire.

Ceux qui peuvent compter sur un entourage stable sont capables de prodiguer des caresses, et de bénéficier d’une certaine assurance ainsi que des ressources émotionnelles nécessaires pour faire face à l’adversité.

Caresser et être caressé, c’est un recours qui nous fait mûrir et qui embellit notre vie.