L'émouvant message de Glenn Close en l'honneur de sa mère

15 août, 2020
Lors de son discours aux Golden Globes, Glenn Close a rendu hommage à sa mère.

« Lorsqu’elle a eu 80 ans, ma mère m’a dit qu’elle avait le sentiment de n’avoir rien accompli dans la vie ». Il s’agit là de l’une des émouvantes et emphatiques phrases que Glenn Close a partagé avec le public en janvier dernier lorsqu’elle a remporté son Golden Globe pour le film The Wife. Elle a developpé une profonde réflexion sur la maternité et la nécessité de réaliser des rêves personnels dans son discours.

Nous pourrions dire que cette actrice est l’une des plus admirées du grand public à l’heure actuelle. Elle n’est pas une actrice pré-modelée. Ses rôles, les femmes qu’elle a incarnées non plus. Il s’agit d’une dame aux mille visages.

Elle a par exemple généré un mélange de terreur absolue et de fascination dans son rôle dans Liaison fatale. Cette envie de tuer Michael Douglas, un homme marié avec qui elle a eu une relation et qui l’a quittée plus tard, fait déjà partie de l’histoire du cinéma.

Elle a également étévinoubliable dans Le Monde selon Garp, l’un de ses premiers rôles dans lesquels elle a incarné une féministe aux fortes convictions. Nous l’avons aussi adorée en Albert Nobbs, lorsqu’elle a dû se déguiser en homme. Ses rôles de Cruella de Vil ou dans The Stone Boy ( 1984) ou Le Meilleur (1985) sont également mémorables.

Drames, comédies, aventures, science-fiction ou thrillers, Glenn Close assume n’importe quel personnage avec la passion et l’excellence des grands artistes. Elle aborde chacun de ses rôles avec émotions, depuis ce recoin privilégié qui n’habite que les grandes actrices. Elle se démarque en outre par ses messages, comme celui qu’elle nous transmit la nuit du 7 janvier.

Glenn Close dans The Wife.

The Wife, la femme cachée derrière l’homme

The Wife commence par nous présenter un personnage vif, au potentiel énorme. Le personnage de Glenn Close, dans sa jeunesse, est le portrait d’une femme ambitieuse et talentueuse qui vit sur la côte Est et aspire à devenir écrivain.

C’est alors qu’apparaît ensuite le conflit, la contradiction ainsi que les prémices d’une catastrophe personnelle. Elle tombe amoureuse d’un jeune homme qui souhaite également devenir écrivain. Elle lui donne sincèrement son avis lorsque ce dernier lui montre son premier manuscrit : ce n’est pas bon.

Sa réaction est alors violente et inattendue. Contrairement à ce qui se passe souvent dans les films de Glenn Close, personne ici ne cherche à l’assassiner.

Elle sera néanmoins continuellement ignorée, rabaissée et sous-estimée. Non seulement pour son mari, mais aussi par la société elle-même. Joan Castleman devient peu à peu l’ombre de son mari, cette personne discrète qui marche derrière l’illustre écrivain Joseph Castleman (avec Jonathan Pryce).

Personne ne prononce bien son nom. Plus encore, il n’est même pas nécessaire de le faire : elle est simplement « la bonne épouse ». Un personnage secondaire aux côtés d’un nominé pour le prix Nobel de littérature…

Glenn Close aux Golden Globes.

Glenn Close et son discours féministe

La réalisation du film The Wife  a duré environ 14 ans. Il n’a toutefois fallu que quelques minutes à Glenn Close pour amener le public et tout le monde à se connecter avec la signification de son personnage et aussi avec son histoire personnelle.

Après avoir remercié qui de droit, elle a rendu hommage à sa mère lorsqu’elle a reçu le Golden Globe. Ses mots ont été les suivants :

“Je pense à ma mère en ce moment. Elle s’est dévouée et sacrifiée toute sa vie pour mon père, et je me souviens de ce qu’elle me dit lorsqu’elle avait 80 ans : «J’ai l’impression de n’avoir rien fait de ma vie». Je pense que ce sentiment, à un tel moment de la vie, à cet âge, n’est pas bon. Je sens que ce que j’ai appris à travers toute mon expérience et celle de ma mère, est que les femmes sont des nourrices. C’est ce que l’on attend de nous. Nous avons nos enfants, nous avons nos maris, nos conjoints… Et tout cela est très bien, cela nous rend heureuses. Mais nous devons trouver autre chose, et cette autre chose est la satisfaction personnelle. Alors rappelez-vous, nous devons suivre nos rêves. Nous devons dire : «Je peux le faire, je devrais être autorisé à le faire et je vais le faire.”

 

Revendiquer des espaces

Le discours de Glenn Close nous présente d’autres points de réflexion. Nous oublions souvent que les mères sont davantage qu’un simple terme ou qu’une simple  étiquette. Leur condition de femme, d’individu aspirant à réaliser ses propres rêves, est toujours présente. Latent, mais passé sous silence.

  • D’une manière ou d’une autre, nous oublions qu’elles sont plus que des corps, de la peau et un cœur qui nourrit et offre de l’affection. Les mères, les épouses, les compagnes, etc, sont avant tout des personnes qui continuent de revendiquer leur espace de développement, de création, d’autonomie et d’épanouissement personnel
  • Les mères ont le droit, comme n’importe qui d’autre, de continuer à progresser au-delà de leur propre famille. Il ne fait aucun doute que réaliser cela et y parvenir est un véritable défi. Mais comme le souligne Glenn Close dans son discours, il est de notre devoir de lutter pour nos propres rêves et de les réaliser

Rien ne peut en effet être plus triste que d’arriver à un stade de notre existence et de sentir que nous n’avons rien accompli. D’être, en dehors du cercle familial, des êtres invisibles, des spectres de potentiels cachés et gaspillés ou de voix réduites au silence comme Joan Castleman elle-même, le personnage de The Wife.

Alors, pensons-y. Travaillons sur nos objectifs. Que nous soyons hommes ou femmes, essayons d’atteindre les objectifs rêvés pour avoir le sentiment, le jour venu, que notre vie en a valu la peine.