Le cerveau a-t-il un sexe ?

· 13 mai 2015

L’Histoire nous a indéniablement prouvé que l’Homme était capable de devenir astronaute, artiste, prix Nobel et même dirigeant d’État. Et si l’on parle d’intelligence chez l’homme et la femme, il n’y a aucune différence…

Cependant, les mains habiles de la biologie ont non seulement permis aux hommes et aux femmes d’avoir un aspect physique différent, mais les a également différencié de par certaines caractéristiques au niveau du cerveau.

Alors, existe-il un genre féminin et un genre masculin ?

1 – Origine féminine

Revoyons un petit point de génétique : tandis que les femmes présentent des chromosomes XX, les hommes se différencient légèrement car ils présentent des chromosomes XY.

Mais cela n’a pas toujours été le cas au moment de notre création, car depuis la conception jusqu’à environ 8 semaines de vie foetale, nous présentions tous des caractéristiques cérébrales de type féminin.

Une fois passée cette période, les minuscules testicules du foetus mâle débutent un processus révolutionnaire qui sera déterminant dans son développement : la libération de grandes quantités de testostérone qui pénétreront dans son cerveau et qui lui attribueront son genre masculin.

Il s’agit d’un processus incroyable par lequel débute chaque existence dans ce monde. Nous commençons par partager une même nature, une étape tellement rapide que nous n’en gardons aucun souvenir.

2 – Cerveau féminin, cerveau masculin

La « sexualisation du cerveau » ne s’arrête pas au moment de la naissance mais continue. En effet, les hormones ne cessent d’imprégner notre organisme grâce à un processus très intéressant que les scientifiques appellent « la puberté infantile ».

Ainsi, chez les garçons, le taux de testostérone est en perpétuelle augmentation, à partir de leur naissance jusqu’à leur 7 ou 9 mois, pour ensuite ralentir de nouveau, alors que chez les filles, le taux d’oestrogène stagne jusqu’à leur 2 ans.

Petit à petit, les cerveaux vont s’affirmer de plus en plus jusqu’à révéler des différences structurelles et comportementales, qui ne peuvent pas toujours être observées grâce à la résonance magnétique.

Pour commencer, nous pourrions dire que les hommes et les femmes possèdent une sorte de « matériel informatique » qui fonctionne différemment. Le cerveau masculin, par exemple, étant plus large, peut résoudre des problèmes en utilisant le carrefour temporo-pariétal de son cerveau, ce qui lui permet de trouver des solutions plus rapidement.

En revanche, les femmes développent généralement mieux l’intelligence émotionnelle, car leur hippocampe (structure où sont stockés les aspects émotionnels) est légèrement plus grand que chez les hommes. À cela s’ajoute le nombre plus élevé de neurones miroirs emphatiques, ce qui se traduit en général par un processus emphatique plus important et par une communication plus développée.

3 – Sommes-nous esclaves de nos hormones ?

Ce que nous sommes, et ce que nous exprimons, ne provient pas obligatoirement de nos neurones, ni de cette capricieuse biologie qui dicte et fait de nous un homme ou une femme.

Il est certain que les hormones nous prédisposent et nous marquent. Cependant, nous sommes des êtres qui pensent et nous sommes capables de réflexion.

Nous apprenons en développant tous les jours un peu plus notre système limbique. Prédisposés ou non, nous restons libres de penser, de sentir ou d’agir.