La façon dont vous décrivez les autres en dit long sur vous

· 11 octobre 2018

La façon dont vous décrivez les autres vous définit. La manière dont vous étiquetez, jugez et valorisez ceux qui vous entourent laisse entrevoir une partie de votre personnalité; ce sont des touches subtiles mais évidentes de votre identité et même de votre estime personnelle. C’est une chose que nous voyons au quotidien. Et dont nous souffrons quand les autres nous attribuent des traits qui n’ont rien à voir avec la personne que nous sommes.

Admettons-le. Nous jugeons tous les personnes que nous croisons quotidiennement. Il s’agit d’un besoin de notre cerveau; Il essaye de contrôler notre environnement. Et de savoir à quoi nous devons nous en tenir. Nous sommes donc face à un processus psychologique parfaitement normal et même évident, un mécanisme que contrôle l’amygdale afin de garantir notre survie.

« La discrétion dans le discours vaut mieux que l’éloquence ».

-Francis Bacon-

En fait, dans une étude très intéressante menée à l’Université de Psychologie de New-York et publiée dans le Journal of Neuroscienceon nous explique que cette petite structure cérébrale évalue en quelques secondes si une personne est digne de confiance ou non, si elle est intéressante ou si, au contraire, nous devons l’éviter. Nous pourrions même dire, presque sans nous tromper, que la première impression est cruciale pour notre cerveau. Même s’il y a plusieurs petites nuances très intéressantes à prendre en compte.

Quand l’amygdale cérébrale évalue si nous pouvons faire confiance à une personne, le filtre de notre personnalité entre en jeu. Celle-ci choisira, après cette première appréciation, si elle veut se rapprocher ou non de cette personne pour vérifier si l’impression initiale était juste. En fait, c’est notre personnalité qui articule et détermine la façon dont nous nous lions aux autres.

la façon vous décrivez les autres vous définit

La façon dont vous décrivez les autres vous trahit

Un proverbe chinois dit que nous pouvons parfois aplatir quelqu’un avec le poids de notre langue. Et c’est vrai. Personne ne peut nier le fait que les mouvements d’une langue (aucun os n’est nécessaire) peuvent causer énormément de dommages et de ravages. C’est une chose que nous voyons au quotidien dans n’importe quel contexte: au travail, à la maison, avec nos amis…

Nous communiquons avec les autres car il s’agit d’un processus de socialisation. Au cours de ces interactions, nous nous montrons habituellement aimables, corrects et prévenants. Cependant, un virus est bien visible. Celui de l’exercice de la critique, de l’usage de l’étiquette, du mépris et de l’offense. Beaucoup de profils aiment attribuer des traits négatifs aux autres. Et ce de façon constante. Comme s’il s’agissait d’un exercice à pratiquer au quotidien. Comme si cette coutume qui n’était au début qu’un simple caprice s’était transformée en habitude.

« Vous êtes ce que vous dites ». Cette affirmation est du docteur Skowronski de l’Université de Wake Forest en Caroline du Nord. Ce dernier a réalisé une étude détaillée sur les styles de personnalité et les attributions que nous faisons. Et il a conclut que la façon dont vous décrivez les autres vous définit. Nous sommes ce que nous disons. Nous sommes chaque chose que nous concluons. Et que nous projetons sur ceux qui nous entourent.

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Celui qui utilise les étiquettes dépréciatives, celui aux lunettes noires

Certaines personnes ne veulent pas voir. Elles posent toujours des lunettes noires devant leurs yeux myopes. Et se déplacent dans un monde embrumé où il vaut mieux n’avoir confiance en rien. Ces profils se laissent guider par les stéréotypes et ne veulent pas regarder plus loin. Ils méprisent et chosifient les gens. Se moquent et critiquent ceux qui ne sont pas et ne pensent pas comme eux.

Si la façon dont vous décrivez les autres laisse entrevoir votre personnalité, ceux qui se servent constamment d’étiquettes négatives et critiques sont l’image même d’un vide intérieur habité par le manque d’estime de soi. Le dénigrement ne reflète que la frustration et l’insatisfaction.

Celui qui pratique l’affiliation, celui aux lunettes roses

Un fait très frappant se détachait de la recherche de l’Université de Wake Forest précédemment citée. Les personnes qui émettaient moins de jugements étaient celles qui affichaient le plus d’habiletés d’affiliation. Celles qui se caractérisent par leur positivité, leur optimisme et leur bonne estime de soi ne laissent pas les évaluations précédentes les toucher. Elles préfèrent avant tout entrer en contact et établir une proximité.

Ce n’est que quand nous mettons de côté l’usage des valorisations, des étiquettes ou des inférences ayant peu (ou pas) de crédibilité que nous voyons les possibilités d’affiliation augmenter avec ceux qui nous entourent. C’est à ce moment que nous pouvons créer de nouvelles amitiés plus solides. Et donner vie à des environnements plus respectueux avec moins de préjugés.

Lorsque vous décrivez les autres sans le poids de la méfiance, du préjugé et de la moquerie, vous vous offrez l’opportunité, presque sans le savoir, de générer une plus grande synergie avec les personnes qui vous entourent, loin des stéréotypes et des catalogages.

Pour conclure, évitons de trop porter nos lunettes noires. Elles nous seront parfois utiles pour nous protéger de certains reflets douloureux, c’est vrai. Mais retirer les filtres et élargir notre vision dès que nous le pouvons sera toujours une meilleure idée. Un regard éveillé, intéressant et humble captera toujours beaucoup plus de choses que ces yeux habitués à vivre dans leur propre obscurité…