La catharsis émotionnelle

26 mars 2015 dans Psychologie 7 Partagés

Quand les émotions nous bloquent et nous font saturer, on essaie de reprendre le contrôle.

On nous a appris qu’il ne fallait pas pleurer, ni montrer aux autres que l’on va mal. On tâche donc de toujours passer pour des gens entiers, heureux, forts, alors même que parfois, à l’intérieur, on est sur le point d’exploser, ou bien on se sent vulnérables, fragiles, émus…

On fait donc en sorte de cacher nos émotions, de les réprimer, de vivre comme si elles n’existaient pas ; autrement dit, on se nie soi-même.

Puis vient le jour où on n’en peut plus, où on se sent fatigué, épuisé, où on a envie de tout laisser tomber. Ce jour-là, on se sent dépassé par les événements, nos émotions se déchaînent sans qu’on puisse les contrôler, elles émergent en dépit de notre volonté, et on se sent très mal…

Le corps réagit lui aussi, il est douloureux, malade…

Ce phénomène, c’est la Catharsis Émotionnelle. Elle se traduit par un choc émotionnel et correspond à une période de notre vie où les émotions nous bloquent et nous paralysent.
On ne trouve alors plus en nous la force nécessaire pour les contenir, on se sent vaincu, petit, comme si le monde était un lieu dangereux ; tout nous blesse, tout nous fait mal, personne ne nous comprend…

C’est précisément à ce moment cathartique, celui qu’on a voulu éviter pendant longtemps, durant lequel on s’est montré fort, impassible, courageux, que l’on arrive à reprendre le contrôle, un contrôle indispensable à notre équilibre.

Pourtant, la goutte qui fait déborder le vase finit par arriver à un moment ou à un autre.

Si on analyse et qu’on regarde d’un peu plus près cette “explosion émotionnelle”, on se rend alors compte qu’elle ne sort pas de nulle part.
Pendant un certain temps
, on a supporté une multitude de choses, et inconsciemment, on a tout fait pour que nos sentiments ne s’approfondissent pas.
Pourtant, on pourrait dire que si on a nié nos sentiments, on les a empêché de sortir.
Mais en fait, en réalité, on ne les a tout simplement pas acceptés.

Et si on creuse encore, peut-être nous heurterons-nous à des pensées liées à “l’auto-exigence”, comme par exemple “je n’ai pas le droit d’aller mal, il faut que j’aille bien”.
Ces pensées nous poussent à aller de l’avant en occultant nos émotions les plus profondes, et “grâce à cela” on peut continuer à vivre, avec une “fausse” sensation de contrôle et d’équilibre.

Si on nie à ce point nos émotions, cette explosion cathartique s’avère alors nécessaire pour notre “santé émotionnelle”.

Cependant, si on veut préserver notre santé, mieux vaut ne pas en arriver là.
Pour éviter cela, il faut s’autoriser à vivre à fond chacun de nos sentiments, en acceptant le fait d’être humain, et être humain, c’est ressentir des émotions, et avoir conscience qu’elles font partie d’un processus d’apprentissage, de croissance, de changement et de maturité.

Il faut donc laisser nos émotions s’exprimer, certes, mais dans un espace sain, afin qu’elles ne soient nocives ni pour nous, ni pour les autres; c’est à dire un espace où on peut les exprimer, les crier, les compter, les pleurer… Et se libérer d’elles.
Les émotions réprimées ne font que grandir en nous, avec plus d’intensité et davantage chargées en douleur…pour finalement rester enfouies en nous.

Toute expression “contrôlée” est thérapeutique, libératrice. Il s’agit donc d’accepter nos émotions, d’en parler, et de ne pas les occulter : c’est “l’intelligence émotionnelle”.

Pour y arriver, il est indispensable de ne plus avoir peur de souffrir ou de se sentir vulnérable face aux autres. En effet, la plus grande douleur est celle que l’on n’exprime pas, et la plus grande vulnérabilité réside en la force que l’on exerce en niant nos sentiments, et donc en n’étant pas soi-même.

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