Embrasser le temps aide à guérir les blessures pour continuer à avancer

· 24 septembre 2017

Si nous pouvions laisser entrer du temps dans nos vies quand il le demande. Si nous étions courageux-ses et que nous nous accompagnions dans les moments douloureux, lors des pertes, dans les bon moments et aussi lorsque nous nous sentons seul-e-s… Le temps est un compagnon de voyage et non un ennemi comme nous l’imaginons parfois. Parce que quand nous sommes perdu-e-s, celui-ci nous sauve, lorsque nous lui accordons des moments et des jours, il accomplit sa fonction.


Le temps nous protège, guérit les blessures et nous donne la force de voler à nouveau, du moment que nous savons valoriser ainsi que comment en profiter.


Lorsque nous perdons des compagnons de voyage, nos rêves s’en trouvent interrompus, nous nous voyons nous noyer seul-e-s sur la route, nous pressons le pas et faisons la sourde oreille à nos émotions. Pourtant, si nous nous arrêtions, nous écoutions et laissions agir le temps, nous prendrions conscience de ce dont nous avons besoin pour atténuer nos souffrances et nos douleurs.

L’île des sentiments

« Il était une fois une très belle île de nature indescriptible, dans laquelle vivaient tous les sentiments et valeurs de l’homme; Bonne humeur, tristesse, sagesse… ainsi que tous les autres, y compris l’amour. Un jour, fut annoncé aux sentiments que l’île allait couler. Aussitôt tous embarquèrent sur leurs barques et partirent. Seul l’amour resta, seul, attendant patiemment, jusqu’au dernier moment.

nuage en forme de coeur sur un étang

Quand l’île fut sur le point de couler, l’amour décida de demander de l’aide. La richesse passa à proximité sur un très luxueux bateau ; l’amour lui dit: « Richesse…peux-tu me prendre avec toi? » « Je ne peux pas car j’ai beaucoup d’or et d’argent dans mon bateau et il n’y a plus de place pour vous, je suis désolée ».

Alors l’amour décida de demander à la fierté qui passait également dans un magnifique bateau. « Fierté, je t’en supplie…peux-tu m’emmener avec toi? » « Je ne peux pas t’emmener, l’amour, répondit la fierté, tout ici est parfait, tu pourrais déprécier mon bateau et qu’en serait-il de ma réputation ? »

Alors l’amour a dit à la tristesse qu’il approchait : « Tristesse, je vous le demande, laissez-moi aller avec vous ». « Non, amour, a répondu la tristesse. Je suis tellement triste que j’ai besoin d’être être seule ». Puis la bonne humeur passa devant l’amour, mais était tellement heureuse qu’elle n’entendit pas son appel.

Soudain, une voix appela: « Viens amour, je t’emmène avec moi ». L’amour regarda pour voir qui lui parlait et vit un vieillard. Il se sentit tellement heureux et joyeux qu’il oublia de demander son nom au vieillard. Quand il eurent atteint le continent, le vieil homme s’en alla. L’amour se rendit compte de combien il lui était redevable et demanda a la connaissance: « Connaissance, peux-tu me dire qui était celui qui m’a aidé ? »

« Il est le seul capable de faire survivre l’amour lorsque la douleur d’une perte lui fait croire qu’il est impossible de poursuivre. Il est le seul capable de donner une nouvelle occasion à l’amour quand il semble s’éteindre. Celui qui t’a sauvé, l’amour, est le temps, car seul le temps est capable de comprendre l’importance de l’amour dans la vie.»

Cette histoire de Jorge Bucay nous relate l’importance du temps. Lorsque nous pensons que tout est perdu, lorsque nous avons perdu la boussole et que notre route n’a plus de sens, lorsque nous nous efforçons de faire en sorte que tout passe mais en ignorant ce que nous voulons vraiment, le temps arrive et nous sauve, nous glisse à l’oreille que tout passe et lorsque nous apprenons à lâcher notre fardeau et à l’embrasser, les blessures guérissent.

personne qui profite du temps en solitaire

Les solutions requirent du temps

La précipitation n’a jamais été jamais une bonne alliée. Les problèmes exigent du temps, comme le manque d’amour, car toute l’énergie que nous avons déchargée sur l’autre doit trouver une nouvelle destination. Les rêves brisés prennent également du temps parce que le cerveau doit élaborer de nouveaux projets ou de nouvelles solutions et, bien sûr, les pertes prennent du temps parce que nous devons apprendre à relocaliser notre amour…

Le temps est chargé de recaser chaque pensée, chaque émotion et chaque personne à sa nouvelle place. Il nous enseigne que rien n’est définitif, que tout finit par passer, tant le bon que le mauvais, et que lentement tout s’améliore. Il nous aide à mûrir et à voir les choses d’une autre perspective pour apprendre et grandir.

C’est la solution : se donner du temps. Mais pas un temps passif marqué par le léger glissement des aiguilles de l’horloge, mais un temps actif constitué d’actes et de réflexion. Le calme est nécessaire pour se préparer, récupérer et extraire ce qu’il y a de bien, mais aussi apprendre du mauvais. Du temps pour se laisser porter, mais sans cesser de marcher, de sorte que, comme dans le conte précédent, il nous sauve lorsque plus personne ne peut plus nous aider.