Des vies brisées

25 octobre 2015 dans Emotions 0 Partagés

« Nous allons te vendre au plus offrant et tu feras exactement ce qu’il voudra que tu fasses. Je ne me soucie pas de qui tu es. Toi et ton corps sont, à partir de maintenant, les marionnettes du mal et avec toi nous ferons ce que nous voudrons. Cela sera dévastateur pour toi, mais je vais devenir riche, voilà ce qui m’importe. A partir de maintenant tu es sous mes ordres.

Je ne vais même pas te présenter à ton nouveau propriétaire, tu vas obéir, point. S’il veut que tu te déshabilles, tu te déshabilleras. S’il veut te forcer à avoir des relations sexuelles, tu y consentiras. S’il veut que tu travailles sur le terrain ou dans tout autre secteur, tu le feras. 

Tu ne vas pas protester parce que c’est la seule façon pour toi d’obtenir une ration de soupe qui te garde en vie.

Le meilleur pour toi, c’est que tu ne penses pas, parce que tu n’as aucun échappatoire et tu vas sentir que tu es juste né pour être humilié.

Pour certains de tes acheteurs, ta couleur de peau aura de l’importance, pour d’autres la couleur de tes cheveux, et pour d’autres ton physique, ton sexe et / ou ton âge.

Dans tous les cas, nous allons voler ton identité, tu n’es déjà plus personne, juste une marchandise. Dis adieu à ta liberté.

Il se peut que tu ne connaisses pas d’autre vie, et que depuis ton enfance, tu ailles de marché en marché, tourmenté par l’emprise des yeux qui te regarderont comme si tu avais un code barre.

Depuis que nous t’avons capturé, tu auras remarqué que vous êtes nombreux et que vous êtes de taille, d’ordre et de condition différente. Le goût de nos clients se trouve dans la variété.

Observe bien ces personnes parce qu’il est probable que demain quelqu’un d’entre vous ne soit plus là. Observe-les bien parce que je vais maintenant t’expliquer ce qui vous attend pour ceux qui survivront

La moitié d’entre vous sera violée et torturée, les autres seront terrorisés par les menaces les plus cruelles et on vous enfermera dans de petites salles afin de vous faire du mal.

Vous allez travailler au lever du soleil, tous les jours de la semaine, dans les conditions les plus difficiles que vous puissiez imaginer. Ne rêvez pas du repos, parce qu’il n’est pas fait pour vous.

Il est probable que l’on vous fasse du mal, qu’on vous ampute des parties de votre corps, qu’on vous frappe durement et que vous aillez envie de vous suicider.

N’allez pas compter sur une attention médicale de n’importe quel type, car cela nous ne serait pas rentable. De plus, nous voulons faire de l’argent, peu importe que vos vies soient en jeu.

Vous allez vivre avec la terreur de ce que chaque minute de cette vie signifiera pour vous. Vous serez des marionnettes mutilées et des poupées cassées par le traitement et l’esclavage qui n’a jamais été aboli.

Nous vivons du mal que nous te faisons et nous ne payons pas de droits.

Je te condamne à une vie de souffrance, à ne pas être libre, à être torturé et exploité, et je cherche à ce que tes chaînes soient perpétuelles.

Nous avons des ennemis difficiles, qui parfois nous affaiblissent et tu réussiras peut-être à te libérer, mais nous sommes encore très forts. « 

Et maintenant, nous nous tournons vers vous, qui lisez ces mots, nous voulons vous dire qu’ils peuvent également vous convertir depuis le mal en leur marionnette.

Vos frères et sœurs, vos enfants, vos amis, vous-même et le reste de votre famille peuvent être victimes du traitement des êtres humains.

Le fait d’être martyrisé par cette horreur est quelque chose d’aléatoire et  les personnes qui en souffrent chaque jour dans leur propre chair sont au nombre de 27 millions.

Appelons la prostitution, le travail forcé et l’exploitation sexuelle par leur nom et soyons conscients de cette réalité.

Élevons nos voix pour leur gorge étranglée, pour leurs corps meurtris et leurs âmes tourmentées.

Battons-nous depuis l’extérieur, d’où nous avons les ressources pour le faire, et protégeons les plus vulnérables à être capturés par les mafias et les démons qui s’enrichissent des vies des autres.

Image reproduite avec l’aimable autorisation de Larissa Kulik

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