Comment aider une personne qui souffre d’une douleur chronique ?

26, juin 2017 dans Psychologie 1 Partagés

La douleur chronique est un des produits du monde moderne. Avant, ces cas étaient très rares, mais de nos jours, leur incidence a augmenté. Il y a celleux qui en souffrent car iels ont une maladie, elle-même chronique également. D’autres, en revanche, souffrent de douleurs intenses et persistantes face auxquelles la science n’arrive pas à trouver une cause directe. Le pire, c’est que dans tous ces cas, la vie peut devenir un véritable enfer où la douleur ne s’en va pas.

Il y a à peine quelques décennies, les maladies graves conduisaient à une détérioration relativement rapide. Et les gens mourraient sans remède. Aujourd’hui, la science a mis au jour diverses manière de prolonger la vie d’une personne gravement malade. Sont aussi apparues – ou du moins se sont intensifiées – certaines maladies, la plupart d’entre elles étant d’origine nerveuse. Le résultat de cela est que beaucoup de personnes peuvent vivre suffisamment longtemps malades et avec un haut degré de souffrance.


« La douleur est inévitable, mais la souffrance est optionnelle. »

– Bouddha –


La douleur physique est une des manifestations les plus fréquentes dans presque toutes les maladies. Et certaines de ces douleurs sont très handicapantes. Vous n’arrivez pas à vous évader. Vous n’arrivez pas à l’ignorer. Vous vivez pour sentir ces douleurs ou pour y remédier avec des sédatifs si forts qu’ils coupent la plupart des canaux que vous utilisez pour communiquer avec votre corps et avec le monde extérieur. Ils vous laissent la sensation d’être là, mais sans être là.

Il s’agit d’une situation tragique. Non seulement pour celleux qui souffrent de la douleur chronique, mais aussi pour celleux qui les accompagnent. Les douleurs affectent sévèrement l’humeur, et génèrent avec le temps de grands changements dans la personnalité. Une personne se trouvant dans ces conditions devient parfois irritable. Et celleux qui sont à ses côtés, souvent, ne savent pas comment faire pour améliorer la situation de la personne qu’iels aiment. C’est pourquoi, dans cet article, nous voulons vous aider en vous donnant quelques conseils essentiels.

Prenez conscience de vos limites face à la douleur chronique de l’autre

Si vous êtes aux côtés d’une personne qui souffre d’une douleur chronique, le plus habituel est de commencer à développer un sentiment de culpabilité. Vous ne vous en rendez pas compte, mais il est fréquent que cela arrive. Vous voyez une personne souffrir, et vous ne pouvez rien faire d’autre que lui offrir des soins palliatifs qui ne fonctionnent pas toujours. Vous recevez la charge de la douleur, mais vous ne pouvez pas y faire grand chose.

Tout cela génère en vous une grande angoisse. Vous êtes alors envahi-e par un fort sentiment d’impuissance, et vous vous dîtes qu’il y a forcément quelque chose de plus que vous pouvez faire. Vous essayez quelque chose, puis autre chose, mais au bout du compte, dans le meilleur des cas, tout ce que vous arrivez à faire est offrir à l’autre un soulagement passager.

La première chose que nous vous conseillons de faire consiste à essayer de diminuer votre sensation d’impuissance, en retirant vos forces de ces fronts où vous passez du temps, et en vain, puisque les résultats ne sont pas au rendez-vous. Il est important que vous vous informiez bien au sujet de tout ce que vous pouvez faire et que ayez bien en tête la limite que vous ne pouvez pas franchir. La vôtre consiste à faire, de la meilleure manière qui soit, ce qui est à votre portée. Au-delà de cela, toutes les forces que vous employez se retourneront contre vous, de même que le fait la balle que vous lancez contre un mur.

Parfois, la seule chose que vous pouvez faire, c’est être là, en silence. Ainsi, vous communiquez à l’autre que vous êtes là, à ses côtés, et que vous êtes disposé-e à accueillir sa souffrance. Ce que vous ne pouvez pas faire, c’est la lui ôter. Peut-être suffit-il simplement de lui demander en quoi vous pouvez l’aider et s’il est à votre portée de le faire. Bien souvent, par exemple, la personne malade préférerait que vous passiez plus de temps avec elle plutôt que de chercher des alternatives ou que de travailler pour essayer de compenser sa douleur avec des cadeaux hors de prix.

Aidez-vous d’abord vous-même

Nous ne pouvons pas donner à l’autre ce que nous-même n’avons pas. Il s’agit là d’apporter un plus grand bien-être à la personne qui souffre d’une douleur chronique. Pas le contraire : entrer et vous noyer dans le mal-être de l’autre. Ainsi, la première responsabilité qui vous incombe vous concerne. Et cette responsabilité consiste à aller bien, le mieux que vous puissiez.

Cela implique de reconnaître vos propres besoins. Sûrement pouvez-vous donner beaucoup à cette personne, mais il y a aussi une infinité de choses que vous ne pouvez pas faire pour elle. Ni vous, ni personne. Ce que vous pouvez faire, en revanche, c’est vous renforcer, être ferme et améliorer votre vie pour, du même coup, améliorer la vie de l’autre.

Il est particulièrement important pour vous d’apprendre à sauvegarder vos propres espaces. Il est nécessaire que vous sachiez dire « non » dans certaines circonstances. Une personne malade avec une douleur chronique peut être très absorbante. Elle peut aussi essayer de déposer en vous ses propres frustrations. Cette personne fait face à une situation très difficile et parfois, elle n’aura pas d’autre issue que de rejeter la faute sur vous, ou d’exiger de vous plus que ce que vous pouvez donner. Tout cela est compréhensible. Cependant, cela ne veut pas dire que ses reproches sont vrais ou que vous soyez tel-le que qu’elle vous décrit dans ses moments de haine.

Il vous sera d’une grande aide de prendre conscience de ces moments où il est nécessaire pour vous de prendre vos distances. Avec amabilité et tendresse, vous parviendrez à faire comprendre à la personne malade qu’elle aussi peut vous aider en respectant ces espaces où vous n’êtes pas avec elle. Votre capacité d’apporter une aide saine et ferme à cette personne qui souffre dépend de votre propre bien-être. Même si la personne malade nie ou essaie de vous contaminer de sa mauvaise humeur, sans doute votre présence et votre bonne disposition lui sont d’une aide inestimable et lui font beaucoup de bien. Ne l’oubliez pas.

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