Viens, anxiété, je t’attends !

· 13 novembre 2016

Bien souvent, on considère que l’anxiété est un état dans lequel on ne devrait jamais se trouver.

En effet, il est fréquent d’entendre dire des choses comme « être anxieux, c’est être faible », « on peut devenir fou à être trop anxieux », « si je suis anxieux, les autres le remarqueront et penseront des choses négatives sur moi », etc.


On fait donc tout ce qui est en notre pouvoir pour éviter de la ressentir, et comme dans toute stratégie d’évitement, finalement, cela nous mène au fameux « effet ricochet » ; autrement dit, on est encore plus anxieux que ce qu’on l’était avant.


Généralement, tout commence avec une situation problématique qui se pose dans notre vie, ce qui suppose chez nous une menace.

Une telle interprétation de notre part met en marche toute une série de mécanismes physiologiques destinés à fuir de la menace ou bien à la combattre ; il s’agit de la fameuse réponse de combat-fuite.

Cependant, bien souvent, ce problème primaire s’accompagne d’un second problème : on est angoissé par notre propre angoisse, on a peur de notre propre peur, et on reste bloqué dans un cercle vicieux duquel il résulte difficile de sortir.

Pourquoi a-t-on peur de notre anxiété ?

Toutes les peurs sans fondement procèdent de croyances irrationnelles déjà connues, ces vérités absolutistes et exagérées qu’on nous a inculquées tout au long de notre vie et que l’on s’est appropriées.

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On nous a répété des choses telles que « il faut être fort », l’anxiété peut te tuer ou te rendre fou », « les personnes intelligentes et fortes ne sont pas anxieuses », « être anxieux nous éloigne des autres ».


L’anxiété a donc été conceptualisée comme quelque chose de « dangereux », et c’est pour cette raison que l’on a peur d’être anxieux. On pourrait devenir fou ou mourir, perdre ses amis, être imparfait… Quelle horreur !


Heureusement, ces croyances ne sont pas réelles. L’anxiété est une émotion basique et primaire ; tous les animaux la ressentent parfois dans leur vie, et grâce à elle, on a pu survivre en tant qu’espèce ainsi qu’en tant qu’individus.


L’anxiété nous aide à nous sauver de dangers réels qui pourraient compromettre notre vie.


L’anxiété n’est donc pas mauvaise dans sa mesure ni dans son moment ; une telle conception en fait un démon incontrôlé et incontrôlable.

Elle ne tue pas, elle nous sauve la vie. Elle ne nous rend pas non plus moins fort ou plus vulnérable ; au contraire, elle nous rend humain.

Embrasser l’anxiété

Si on veut être moins anxieux, la première chose à faire, c’est ne pas vouloir être moins anxieux. Cela semble contradictoire, mais en psychologie, ce paradoxe se vérifie dans de nombreuses situations.


Lorsqu’on est exigeant, lorsqu’on est déterminé à atteindre ce que l’on veut quoi qu’il n’en coûte, on ne fait qu’attirer davantage ce que l’on veut éloigner.


Autrement dit, si on exige de ne pas être des personnes anxieuses – autrement dit, si on refuse de tolérer ne serait-ce qu’un iota d’anxiété – finalement, on sera plus anxieux. On aura la sensation que l’on n’a pas atteint nos attentes, qui d’autre part sont bien souvent peu réalistes.

L’exercice mental auquel on doit s’adonner consiste à échanger l’exigence contre la préférence.

Autrement dit, il nous faut tolérer qu’en tant qu’être humain, au cours de notre vie, nous serons souvent amené à ressentir de l’anxiété, et cela n’est ni bon ni mauvais ; c’est simplement normal.

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D’un autre côté, nous devons aussi arrêter de considérer l’anxiété comme une émotion horrible et insupportable.

Evidemment, les symptômes physiologiques de l’anxiété peuvent résulter très gênants et désagréables, mais un jour de grande chaleur, une poussée de fièvre ou des maux de tête le sont tout autant.


Personne n’aime avoir l’estomac barbouillé, transpirer, ou sentir son coeur battre plus vite que la normale ; or, en réalité, tout cela est supportable et pas non plus si grave. En revanche, si on se dit le contraire, tous ces symptômes seront bien plus intenses.


Finalement, le dernier point, c’est l’acceptation inconditionnelle de soi comme personne imparfaite. Etre anxieux ne signifie rien de plus que d’être anxieux. Cela ne fait pas de nous une personne faible, malade, ou encore inférieure à qui que ce soit.


Ces personnes que vous voyez-là et qui semblent si fortes émotionnellement ont elles aussi déjà ressenti et ressentent toujours cette angoisse dans leur vie.


Alors, regardez l’anxiété dans les yeux, dîtes-lui de venir à vous, ressentez-la, embrassez-la, et dîtes-lui qu’elle est un peu lourde, certes, mais qu’elle ne tombe pas non plus si mal. Il n’y a que si vous faîtes tout cela et que vous le voulez vraiment que vous pourrez vous en libérer.