Le tourisme émotionnel, naviguer sans boussole en amour

4 février 2018 dans Couple 85 Partagés
couple sur une bicyclette

Quand nous vivons une rupture amoureuse très douloureuse ou lorsque nous avons eu plusieurs relations de couple infructueuses, nous pouvons nous sentir perdus. Comme un bateau dérivant au milieu de l’océan, sans le moindre contrôle. Pour beaucoup de personnes, l’alternative à cette situation est le tourisme émotionnel. Une fuite vers l’avant, sans remède, sans cicatrisation.

Se séparer de la personne avec laquelle nous avons traversé plusieurs étapes de notre vie suppose de souffrir de la distance physique mais aussi émotionnelle. Cette dernière est précisément la plus difficile à guérir parce que nous avons l’habitude d’y résister.

femme et homme

Le tourisme émotionnel, un processus de deuil incomplet

Après une rupture, beaucoup de personnes traversent un long processus de deuil au cours duquel, petit à petit, ils prennent contact avec la réalité: la perte d’un compagnon/d’une compagne de vie. Dans un premier temps, elles refusent de l’accepter. Plus tard, le désespoir leur rend visite et, enfin, elles peuvent faire l’expérience de symptômes de dépression et d’anxiété.

La phase suivante du processus est l’acceptation. Le retour au monde réel et l’acceptation du fait que les espoirs étaient de simples utopies. Le moment est venu de se reconstruire et de connaître de nouvelles personnes. Enfin, si tout va bien, une sensation d’accomplissement est ressentie. On est capable d’analyser la relation antérieure avec objectivité et d’apprendre des erreurs passées.

Le tourisme émotionnel surgit chez ces personnes qui n’achèvent pas ce processus de deuilque ce soit par peur ou parce qu’il s’agit d’un mécanisme de défense. Elles restent bloquées à l’une des étapes et refusent toute opportunité d’avoir des relations positives dans le futur. Elles choisissent de devenir insensibles et de maintenir des liens interpersonnels avec les autres en tant que simple passe-temps touristique.

Les navigateurs sans boussole

Les touristes émotionnels sautent de personne en personne, d’un endroit à l’autre, d’un port au suivant. Sans direction fixe. Ils se laissent simplement porter. Ils explorent de nouvelles sensations et se définissent comme d’authentiques aventuriers. Ils recherchent le plaisir, la joie et l’euphorie. Ils ne ressentent pas le besoin de s’engager et ne se responsabilisent pas par rapport aux personnes qu’ils rencontrent.

Cependant, il ne faut pas confondre ces personnes avec celles qui choisissent de ne pas être en couple parce qu’elles préfèrent être célibatairesLe tourisme émotionnel n’est pas le résultat du choix d’être célibataire mais un comportement qui dérive d’un auto-sabotage émotionnel.

couple

Le refus d’un lien durable

Le tourisme émotionnel joue inconsciemment contre les désirs de la personne. Ainsi, même si ces navigateurs veulent commencer une relation stable avec une nouvelle personne, ils ne peuvent pas le faire car ils n’ont pas encore fait face à la douleur de leur rupture antérieure.

Ils sont ancrés dans le passé même s’ils prétendent le contraire. Ils préfèrent donc aller d’île en île, sans s’arrêter pour réfléchir sur une rive. De cette façon, s’ils trouvent le « paradis » qu’ils recherchent, ils ne permettent pas à l’amour de revenir donner des ordres à leur cœur. Ils laissent échapper cette personne et continuent à parcourir le monde.

Une porte qui reste ouverte

Si vous les rencontrez, ils vous inciteront sûrement à suivre leur philosophie. « Il vaut mieux regretter ce que l’on fait plutôt que d’avoir des remords pour ne pas l’avoir fait ». « Lancez-vous. Sinon, vous ne saurez jamais ce qu’il aurait pu se passer ».

Les touristes émotionnels préfèrent un « à bientôt » plutôt qu’un « au revoir« . Ils laissent penser qu’ils pourront revenir à chaque instant. Ou qu’ils ne le feront jamais.

Intermittence histrionique

Cela signifie aimer par moments. Aujourd’hui si et demain non. Le touriste émotionnel va et vient. Son quotidien est gouverné par l’instabilité, la frénésie et l’égoïsme. Ceux qu’ils rencontrent de l’autre côté du port finissent par ne plus rien attendre d’eux.

Les touristes émotionnels sont comme ces étoiles filantes qui ne traversent qu’une fois le ciel et qui n’apparaîtront peut-être jamais plus. Ils sont intermittents, que ce soit au niveau de leur présence ou de leurs sentiments.
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Ce comportement peut-être très dangereux au niveau psychologique. Il s’agit d’une manière de vivre le quotidien qui peut être addictive et générer de la dépendance. Surtout si le tourisme émotionnel est assumé comme un style de vie. Être constamment sur une corde raide génère une insécurité qui peut être pathologique.

Extroversion exacerbée

Les touristes émotionnels apprécient aussi bien se faire de nouveaux amis et maintenir des relations sporadiques que les laisser partir ou les briser. Cela les désespère et les motive en même temps. Leurs relations sont rarement productives parce qu’ils préfèrent profiter du voyage. Leur vie est basée sur l’ici et maintenant.

Si c’est temporaire, cela sert d’apprentissage

Il est parfois bon de sortir de l’ordre établi et de découvrir le monde. Beaucoup de personnes, après être sorties d’une situation amoureuse particulièrement douloureuse et longue, décident de partir vers d’autres horizons.

Si elles commencent leur chemin en tant que touristes émotionnels et sont conscientes de le faire pour se détacher de leur douleur, elles pourront naviguer, se perdre et se retrouver sans faire de mal à ceux qui les entourent. Ce parcours, surtout pour les personnes les plus émotionnelles, sert d’apprentissage parce qu’il se transforme en une expérience très enrichissante.

tourisme émotionnel

Comment aider le touriste émotionnel

Habituellement, ces personnes ne sont pas conscientes de l’usure émotionnelle dont elles souffrent. Si elles décident de vous écouter, il convient de leur conseiller d’aller consulter un psychologue ou psychothérapeute. Seul un spécialiste en relations de couple pourra les aider à réaliser les ajustements nécessaire pour normaliser leur vie.

Dans ce cas, il ne s’agit pas de changer de convictions ou de valeurs mais d’aider à retrouver un sens à la vie et de briser la carapace construite comme mécanisme de protection.

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